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"Un changement de paradigme" ? L'immunothérapie pourrait être le remède tant attendu contre le cancer

Depuis des décennies, nous attendons un remède contre le cancer. Ces derniers mois, une piste sérieuse a commencé à faire son apparition : l'immunothérapie.

Espoir

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"Un changement de paradigme" ? L'immunothérapie pourrait être le remède tant attendu contre le cancer

Chaque année revient la Journée mondiale du cancer, et cette année comme toujours, un sentiment d'impuissance peut s'emparer de nous. On parle de prévention, et de donner à la recherche, mais celle-ci semble engagée dans une guerre de tranchées. Les progrès sont réels mais lents, et les thérapies comme la chimiothérapie semblent parfois pires que la maladie. Les scientifiques admettent franchement que personne ne sait vraiment ce qu'est le cancer et ce qui le provoque. Les thérapies ont plus comme objectif de détruire les tumeurs, en les retirant chirurgicalement ou en les bombardant de radiations (ce qui détruit autant de corps sains que de corps cancérigènes), que de soigner réellement. 

Mais depuis peu, une nouvelle piste semble émerger : l'immunothérapie. 

L'immunothérapie, de quoi s'agit-il ? 

Notre corps a déjà un mécanisme pour combattre les maladies : il s'agit du système immunitaire.

Et un des mystères liés au cancer est : pourquoi notre système immunitaire semble-t-il ne pas attaquer nos cellules cancéreuses et cancérigènes, comme il attaque les corps étrangers ? Et a contrario, si on pouvait trouver le moyen de faire en sorte que notre système immunitaire attaque lui-même le cancer, ne pourrait-on pas ainsi le soigner ? Et de manière beaucoup plus naturelle et ciblée qu'avec les méthodes actuelles, qui relèvent de l'artillerie lourde ? 

En théorie, "notre organisme détecte la cellule cancéreuse comme un corps étranger et stimule le système immunitaire pour pouvoir l'éliminer. Mais malheureusement la cellule cancéreuse est suffisamment intelligente pour empêcher cette stimulation et notre organisme arrive à tolérer cet intrus", explique Christine Chomienne, directrice de la recherche et de l'innovation à l’Institut national du cancer (INCA). "Ces dernières années, les chercheurs ont donc essayé de stimuler cette réponse immunitaire qui avait souvent baissé les bras face au cancer", continue-t-elle.

L'idée de l'immunothérapie contre le cancer a plusieurs décennies, mais ces derniers mois des progrès impressionnants semblent avoir été réalisés, au point que certains scientifiques parlent d'un "changement de paradigme." Et les résultats semblent effectivement encourageants.

Comme le résume un article sur le sujet dans la sérieuse revue Scientific American, la première chose à savoir sur les chercheurs qui étudient l'immunothérapie contre le cancer est que chacun d'entre eux a eu des patients auprès desquels ils ont obtenu des résultats extraordinaires. 

Steven Rosenberg, chercheur au National Cancer Institute américain, un des pionniers dans le domaine, rapporte que 20% de ses patients ont une "rémission complète et durable". C'est un chiffre qu'on retrouve dans d'autres études. Pas d'angélisme cependant : "Nous avons eu quelques morts liées à nos traitements. Cela a été vrai à la fois pour nos patients et avec d'autres thérapies." Cela reste une thérapie expérimentale, et les thérapies expérimentales sont risquées.

Les chercheurs distinguent les tumeurs "chaudes" des tumeurs "froides". Les tumeurs "chaudes" produisent beaucoup de protéines inhabituelles que le système immunitaire peut plus facilement remarquer et attaquer. Ces tumeurs sont le plus souvent des tumeurs cancérigènes liées à l'environnement : mélanomes (soleil) ou poumon (tabagisme). 

D'autres formes de cancer (notamment de la prostate, des ovaires ou du pancréas) sont dues à des mutations génétiques et ne génèrent pas la même quantité de protéines inhabituelles, mais certains chercheurs sont arrivés à transformer ces tumeurs "froides" en tumeurs "chaudes" et ainsi les faire cibler par le système immunitaire.

Dans une étude, Padmanee Sharma, immunologiste au Centre de lutte contre le cancer de l'Université du Texas a montré comment des hommes avec des cancers de la prostate avancés ont reçu des traitements à l'hormone avant de retirer la tumeur, ce qui, en tuant certaines cellules cancérigènes, répand des hormones inhabituelles dans le corps et active le système immunitaire.

Ron Levy, oncologue à Stanford, est allé plus loin en utilisant un traitement à base de doses faibles de radiation sur quinze patients atteints de lymphome, et en injectant ensuite un immunostimulant dans les lésions de ces patients, et a obtenu des résultats encourageants. 

 
Commentaires

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  • Par zouk - 06/03/2016 - 10:03 - Signaler un abus IMMUNOTHERAPIE

    Un bel espoir... sommes nous certains de donner à la recherche médicale le soutien qu'elle mérite?

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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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Eric Coder

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