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A chacun son festin : qui mange et qui boit quoi en France pour le Réveillon ?

Tous les ans, les produits des fêtes de fin d'année sont bien achalandés dans les rayons de nos super marchés. Il n'est pas difficile de trouver du foie gras et du saumon abordable. Cependant, ces produits sont souvent de mauvaise qualité et proviennent de production discutable. Il serait préférable d'acheter une terrine de campagne artisanale plutôt qu'un foie gras bon marché.

Il fume quoi le saumon ?

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A chacun son festin : qui mange et qui boit quoi en France pour le Réveillon ?

Atlantico : Quelles sont les habitudes des Français en matière d'alimentation et de boisson pour le Réveillon ? Qu'est-ce qu'elles révèlent du budget généralement alloué pour l'occasion ?

Perico Legasse : Les plats appréciés des français pendant le réveillon du nouvel an restent assez traditionnels. Chaque année, le foie gras ainsi que le saumon fleurissent sur les tables souvent accompagnés de champagne.

C’est une période de l’année où certains produits phares sont mis en avant par le marché. La volaille reste un incontournable en plat principal, le foie gras et le saumon reste aussi des classiques du dîner du 31 décembre.

Les prix diffèrent en fonction de la qualité du produit, il est donc compliqué de déterminer un budget précis.

Un très bon foie gras peut coûter 90 ou 100€ le kilo alors qu’un foie gras industriel de mauvaise qualité varie entre 15 et 30€ le kilo. De la même façon le saumon fumé artisanal coûte environ 60€ le kilo et lorsqu’il est industriel vers les 18€. L’écart budgétaire est conséquent. Les personnes qui ont des moyens continuent d’acheter des produits de qualité avec une valeur gastronomique reconnue, tandis que les personnes qui ont moins de moyens vont consommer des produits d’une qualité plus que contestable mais accessible. L’industrie induit en erreur le consommateur qui n’a pas les moyens en lui faisant croire qu’il mange comme les riches, alors qu’il achète un produit qui est très différent en terme d’éthique, de production et de goût.

Comment peut-on juger du phénomène de mimétisme chez les classes populaires quant aux habitudes en matière d'alimentation et de boisson caractéristiques des classes les plus aisées ? Quel effet cela induit, notamment sur l'industrie agro-alimentaire (développement du mousseux à la place du champagne, etc. ) ?

Ce mimétisme des classes populaires provient majoritairement de la propagande publicitaire et commerciale. Elle conditionne les masses à vouloir consommer un certain type de produit plébiscité par les classes les plus aisées. La grande distribution d’une certaine façon nous explique que les fêtes de fin d’année doivent rimer avec le saumon fumé et le foie gras, sans cela nous ne sommes pas dans la norme.

Avec ce marché, l’industrie agro-alimentaire arrive a faire des profits financiers colossaux. Ils parviennent aujourd’hui à industrialiser des produits qui étaient au départ saisonniers, assez rare et coûteux à produire. L’industrialisation de cette production a permi d’en faire un produit de masse, c’est-à-dire fabriqué dans des conditions déplorables, aux prix les plus bas donc avec un effondrement de la qualité pour une distribution aux masses dans les grandes surfaces. Ce processus est une négation de ce que sont ces produits au départ, rare, chers et réservés à une élite. Cette pseudo démocratisation est en fait une vulgarisation dépourvue de qualité à cause du coût de production très bas.  

 
Commentaires

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  • Par carca11 - 31/12/2016 - 13:21 - Signaler un abus blablabla

    monsieur Lagasse vous nous aviez habituer à mieux que ces péroraisons de lapalice voeux md

  • Par edac44 - 31/12/2016 - 15:58 - Signaler un abus Quand la merde vaudra de l'or, le cul des pauvres ne leur ...

    Quand la merde vaudra de l'or, le cul des pauvres ne leur appartiendra plus !... (Henry Miller) Mais encore, si la merde valait quelque chose, les pauvres naîtraient sans trou du cul !... Tout cela pour dire qu'associer la qualité d'un produit à son prix de vente est une connerie sans nom mais un très bon moyen de se faire du fric sur le dos des gogos prêts à dépenser plus. Un exemple : le saumon bio (très cher) est bien plus toxique que le non bio (moins cher mais encore très cher aussi pour ce que c'est !...) La preuve =====> http://bit.ly/2hEAO3D A savoir : les produits de la ferme ne sont pas plus chers que la merde vendue chez "Fauchon" ou en grandes surfaces, mais faut se bouger le cul pour aller les chercher. Quant au choix du caviar, sans bélouga iranien en boite d'un kilo minimum, point de salut mais attention, avec un caviar béluga, il vous faudra une vraie vodka zubrowka, seuls les bidochons du 16ème se contenteront d'un mauvais champagne du moment qu'il soit hors de prix !...

  • Par von straffenberg - 01/01/2017 - 03:18 - Signaler un abus Petits conseils d'un amateur...éclairé

    La politique du prix bas et la sous éducation de beaucoup de français en matière alimentaire font le bonheur de la grande distribution .Quelques exemples..... Faites plutôt votre foie gras vous même , par exemple et surtout fréquentez les marchés ,ne soyez pas obsédé par le label bio et sachez qu'il existe 2 sortes de produit le bon et le mauvais , je privilégie le terme agriculture raisonnée à bio ,bio rimant souvent avec blaireau (un peu caricatural mais réel) Sache que le prix élevé d'un vin n'est pas forcément un critère de qualité essayez si vous le pouvez de déguster avant l'achat Bref bougez vous ,

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Périco Légasse

Périco Légasse est journaliste et critique gastronomique. Il est aujourd'hui rédacteur en chef de la rubrique "art de vivre" à l'hebdomadaire Marianne.

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