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Ceux qui voulaient changer le monde : les idées pour 2015 de Gaspard Koenig de Génération libre

Pour l'intellectuel et directeur du groupe de réflexion Génération libre, il est devenu nécessaire de restructurer la dette du pays pour rétablir les marges de manœuvres des pouvoirs publiques, instaurer un revenu universel pour relancer la consommation et endiguer la pauvreté, et enfin faire de la maîtrise des données personnelles un droit fondamental.

Libéraliser pour de vrai

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Les gouvernements successifs, le nez dans des problèmes de plomberie, n’ont plus ni le temps, ni l’appétence, ni la moindre incitation pour penser à l’architecture de notre maison commune. En bons locataires, ils colmatent les fuites et accrochent des tableaux sur les taches, parant au plus pressé en attendant de donner les clés au suivant. Jusqu’à ce que nous, les propriétaires, décidions de reprendre les choses en main, et de discuter d’idées (vraiment) libérales telles que :

Restructurer notre dette

On peut profiter des taux d’intérêt bas sur les obligations d’Etat, artificiellement maintenus par des banques centrales hyperinterventionnistes, pour continuer à se gaver de dette en entretenant l’illusion qu’un jour, plus tard, la situation financière du pays s’améliorera, et que de toute façon personne ne nous demandera jamais de payer.

La vérité, c’est que cette dette accumulée représente le hold-up parfait d’une génération qui a vécu à crédit sur le dos de ses enfants. Elle pèse sur la croissance, réduit à peau de chagrin les marges de manœuvre des politiques publiques, et constitue une promesse d’austérité à perpétuité.

>> Lire également Ceux qui voulaient changer le monde : les idées pour 2015 de Florian Philippot du Front national

Il faudrait donc sérieusement envisager, à l’échelle européenne, un "coup d’éponge général" (l’expression est de Chamberlain) : une restructuration de la dette négociée de manière ordonnée avec nos créanciers. L’idée fait son chemin : le rapport PADRE (pour politically acceptable debt restructuring in the eurozone), publié début 2014 par le très sérieux Center for Economic Policy Research, propose une restructuration des dettes européennes via la Banque centrale européenne.

Mécaniquement, le défaut – fût-il partiel – pénalisera la rente (en l’occurrence, les assurance-vies !) et redonnera des ailes aux actifs. C’est un arbitrage politique, un choix de société. Une vraie politique de la jeunesse.

Instaurer un revenu universel

L’invraisemblable usine à gaz des transferts et des allocations est un modèle de perversion sociale. Comment justifier qu’un pays représentant 15% des dépenses sociales mondiales ne parvienne même pas à éradiquer la pauvreté ? Pour être direct : comment, avec 400 milliards de transferts, peut-on croiser dans la rue des gens qui mendient quelques centimes ?

Il faut radicalement simplifier le système socio-fiscal en instaurant un impôt unique sur les revenus, finançant un filet de sécurité universel – d’autant plus nécessaire à l’ère du freelance, où le salariat cesse d’être la norme. Le degré premier de la liberté, c’est la garantie de pouvoir satisfaire ses besoins de base : logement, alimentation, habillement, énergie, communications, transports.

Techniquement, le revenu universel pourrait prendre la forme de "l’impôt négatif" imaginé par le très libéral Milton Friedmann dans les années 60, et repris depuis par des figures aussi variées que Martin Luther King ou Jeremy Rifkin. Il fusionne tous les dispositifs existants en une seule aide vraiment utile et responsabilisante : du cash, calculé en fonction d’un niveau de vie minimum. Admettons par exemple que le financement des besoins fondamentaux soit évalué à 1 000. Chacun recevra 1 000 en crédit d’impôt ("impôt négatif") et, pour financer le mécanisme, versera un impôt positif sur tout revenu perçu : si chacun dispose virtuellement du revenu universel, chacun y contribue également, l’Etat versant la différence entre impôt positif et impôt négatif. Ainsi, quelqu’un ne percevant aucun revenu touchera directement 1 000, tandis qu’un individu aisé devant 10 000 en impôts n’en paiera plus que 9 000. Entre les deux, toutes les situations peuvent être calculées de manière simple, transparente et automatique. Le système est par définition à l’équilibre : la société auto-finance son propre filet de sécurité. L’intervention du politique se réduit à déterminer le niveau de l’impôt négatif ; le choix collectif a pour seul objet la somme nécessaire à la survie, plus ou moins généreuse.

 
Commentaires

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  • Par kiki08 - 03/01/2015 - 21:18 - Signaler un abus revenu universel

    il n'y aurait plus beaucoup de monde pour bosser , pourquoi se fatiguer . ce système est mort avant de commencer . ça vas merder dans pas longtemps .

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Gaspard Koenig

Gaspard Koenig dirige le think-tank GenerationLibre. Dernier ouvrage paru : Le révolutionnaire, l’expert et le geek (Plon).

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