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Cette récession américaine qui s’annonce et dont personne ne veut regarder la menace en face

L'économie américaine pourrait de nouveau entrer en récession. Certains facteurs sont en train de s'additionner pour qu'elle puisse s'installer. La reprise économique pourrait ne pas durer.

Avis de tempête

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Cette récession américaine qui s’annonce et dont personne ne veut regarder la menace en face

Se préparer pourquoi ? Parce qu’elle s’approche. Problèmes politiques (familiaux) croissants de Donald Trump + hausse des taux dans une reprise américaine dopée et très spéciale, " vieille " et fragile = récession. Nous sommes au bord d’un retournement des inquiétudes, pour des raisons politiques, qui s’ajoutent aux autres.

D’abord, dopée, la reprise américaine l’est encore, après la grande récession de 2008, la crise financière des subprimes.

Le taux de chômage monte à 10 %  en 2010, Lehmann explose, les taux d’intérêt passent à zéro et, pour faire baisser les taux longs, la Banque centrale américaine achète pour 4500 milliards de dollars de bons du trésor et de prêts hypothécaires. Cahin-caha, la reprise se met en place mi-2009.

Très spéciale ensuite, cette reprise américaine, qui s’étire à 2 % l’an en moyenne. Rien à voir avec les " hausses Champagne " à 2 et 4 % par trimestre d’avant, qui effaçaient les plaies. Cette fois, la reprise est lente, graduelle. Elle conduit à un taux de chômage très bas, 4,4 % de la population active, mais sans hausse des salaires. Sur un an, cette dernière s’établit en effet à 2,3 %, la moitié de ce qui se passait en 1998-2000 ou en 2006-2007 – et avec une inflation qui atteint à peine 2 % ! Certes il y a de nouveaux jobs, mais à un rythme qui ralentit à 180 000 sur les six derniers mois, et surtout avec un taux de participation de la population à l’emploi de 63 %, contre un maximum de 67 % en 2001. Ce " plein emploi nouveau " n’implique ni hausse de salaire, ni mouvement massif vers l’emploi ! Beaucoup d’américains ne peuvent travailler (pas qualifiés, techniquement dépassés, alcool, drogues ?) ou ne veulent pas travailler plus (10% des jeunes non qualifiés jouent quatre heures par jour à des vidéo-games !). 

" Vieille " aussi cette reprise américaine, qui dépasse 96 mois. C’est la troisième en durée, derrière celles de 1991-2001 (120 mois) et de 1961-1969 (106 mois). Elle sera la plus longue de l’histoire américaine si elle " tient " jusqu’en juin 2019 ! Pas sûr !

Fragile donc, car les politiques monétaires restent accommodantes et parce que tout le monde s’inquiète du début de normalisation de la politique monétaire. D’ici quelques mois, la Banque centrale américaine dira quand elle va commencer à vendre ses obligations. Décembre ? Normalement, ceci devrait prendre au moins cinq ans, avec l’idée de garder plus d’obligations en portefeuille qu’avant la crise (2000 milliards de dollars contre 1000 ?). Mais ceci veut dire aussi que les taux courts et longs vont monter, donc aussi les taux réels, puisque l’inflation n’est toujours pas là, plus le dollar. 

Plus vulnérable que jamais aux chocs politiques : c’est dans ce changement de paysage, pas de " reprise classique " avec la révolution technologique qui se poursuit, que l’économie américaine avance. Et en politique, avec Donald Trump, nous sommes servis – parce que toute sa stratégie fiscale et boursière est en jeu ! Ses problèmes personnels et familiaux, liés à la Russie, freinent l’acceptation de ses lois. Il est empêtré par la répudiation-remplacement de l’Obamacare. Il doit attendre pour les baisses promises de fiscalité, alors que le plafond de la dette approche (mi-octobre au plus tard). Or le supplément de croissance lié à son élection vient largement d’un effet-richesse. La bourse a salué son arrivée (plus 15% en quelques semaines), mais le Standard and Poor’s et le Dow Jones n’aiment plus désormais que les messages d’apaisement de Janet Yellen en matière de hausses de taux. Mauvais signes, au fond.

 
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  • Par Liberte5 - 18/07/2017 - 15:33 - Signaler un abus Même si aux USA il y a des problèmes, que dire

    de ceux qui structurent la France. Les États Unis sont réactifs et savent s'adapter aux situations qui évoluent. En France nous avons des problèmes qui nous plombent depuis 40 ans et pour lesquels les gouvernements successifs, par manque de courage, n'ont jamais voulu régler. Si demain les choses sont plus difficiles aux USA,alors en France......!!!!

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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