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Cette modification des règles électorales américaines qui pourrait produire un duel Trump / Bernie Sanders en 2020

Le parti démocrate américain vient de modifier ses règles du processus de nomination pour l'élection présidentielle, concernant les "superdélégués", ce qui serait un "des plus grands changements depuis des décennies".

Le retour

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Quand on regarde les concurrents potentiels qui s’annoncent autour de lui, on est frappé tout d’abord par le grand âge de la plupart d’entre eux : les plus anciens leaders démocrates semblent tous penser que leur tour est arrivé et qu’ils sont tous la bonne personne pour battre Donald Trump. A ce jeu-là, toutefois, nul doute que Bernie Sanders, qui a eu le courage de se lancer face à Hillary Clinton en 2016, a capitalisé déjà suffisamment pour faire la différence dans son camp. Le choix de la direction du parti de reléguer le système des grands électeurs à un simple recours en cas de vote bloqué lors de la convention, donne en effet un grand avantage à Bernie Sanders ; il pourrait cette fois faire la différence avec les candidats plus modérés, et en particulier Joe Biden qui est très largement annoncé dans cette course également. 

 

En quoi une telle situation marquerait-elle une rupture, aussi bien pour le parti démocrate, d'une part, que pour le pays ? 

Le côté inédit de la campagne 2020 sera le positionnement des deux candidats principaux, se voulant l’un comme l’autre les champions de la rupture et les porte-paroles des mécontents : Trump et Sanders, ou qui que soit le candidat qui émergera au parti démocrate, seront très certainement portés par les plus radicaux dans leur partis respectifs.

C’est une situation très dangereuse pour l’un comme pour l’autre car les plus modérés vont se sentir orphelins : on a vu que le parti républicain a mal vécu le montée du trumpisme ; le parti démocrate pourrait à son tour mal vivre la montée des « liberals », ce qui dans le sens américains signifie très « à gauche ». Cette situation en rappelle d’autre dans l’histoire américaine comme quand, en 1948, quatre candidats se sont affrontés dans ce scrutin majeur, ou en 1968, lorsque George Wallace est venu confisquer 13,5% des voix et a remporté 5 états dans le sud, ou encore en 1992, quand la candidature de Ross Perot a fait basculer le scrutin, donnant la victoire à Bill Clinton alors qu’elle tendait les bras à George H. Bush. 

C’est bien là le danger mortel pour Donald Trump qui a fait le pari de gouverner en cultivant les divisions et en espérant que cela allait conduire les démocrates toujours plus à gauche et qu’il pourrait en profiter : le centre s’en trouve aujourd’hui totalement abandonné et une candidature indépendante pourrait venir troubler ce jeu présidentiel. Cuomo ou Kasich y pensent certainement déjà. Il reste pour eux à concrétiser leur espoir de devenir président des Etats-Unis et on s’attend fortement à ce qu’un des deux (ou les deux) saute le pas. Tout semble donc ouvert pour 2020. 

On peut déjà prédire que cela va être très compliqué : Si vous avez aimé la campagne 2016 et la violence qui s’est déchainée à ce moment-là, alors vous allez adorer 2020.

 

 

 
Commentaires

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  • Par Poussard Gérard - 29/08/2018 - 09:45 - Signaler un abus A se demander si les Usa n'ont pas d'autres

    candidats que des vieux ou des femmes d'ex président.. Allons monsieur branaa, ne tombez pas dans les sondages complaisants et orientés... Donnez nous des noms de politiques talentueux, expérimentés et non retraités...

  • Par Brasidas - 29/08/2018 - 21:31 - Signaler un abus Si l'élection de Trump

    est imputable aux apparatchiks du parti démocrate qui n'ont jamais réalisé a quel point le clan Clinton était détesté, il leur serait profitable d'en tirer les enseignements pour la prochaine élection. Sanders un gentil utopiste ou le Trump que l'on connait tous.... Cela fait presque aussi peur que de choisir entre Melenchon et Lepen, quand bien même leur programme économique à eux est identique.

  • Par Liberte5 - 29/08/2018 - 23:00 - Signaler un abus D. Trump aura un bilan exceptionnel à faire valoir.

    Ce ne sont pas les radicaux qui ont porté D. Trump au pouvoir, mais ceux qui voulaient que les USA redeviennent une grande puissance, que cesse l'immigration clandestine, que les classes moyennes ne soient plus déclassées, que le chômage baisse, que les accords commerciaux soient équitables et que les médias soient traités comme ils le doivent : sans ménagement .

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il fait partie de l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

Son prochain livre, 1968: Quand l'Amérique gronde, Privat (mai 2018).

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