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Cette idée dont la France pourrait s’inspirer pour booster les ventes de véhicules électriques

Au Royaume-Uni, les véhicules à faibles émissions polluantes pourraient bénéficier de "plaques vertes" à l'avenir. Cette idée pourrait-elle un jour être appliquée en France, comme c'est déjà le cas en Norvège et au Canada ?

Protéger la planète

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Cette idée dont la France pourrait s’inspirer pour booster les ventes de véhicules électriques

Etiquette informative indiquant le "bonus écologique gouvernemental" aux acheteurs en fonction du taux de pollution du véhicule.  Crédit MYCHELE DANIAU / AFP

Atlantico : Le gouvernement britannique a lancé une consultation sur l’idée d’équiper les véhicules à faibles émissions polluantes de « plaques vertes » ce qui pourrait augmenter les ventes de ces voitures grâce à divers avantages que permettraient l'obtention de ces plaques. Une idée inspirée des modèles norvégiens ou canadiens. Cette initiative vous semble-t-elle crédible et devrait-on s'en inspirer également dans l'hexagone ?

 
Jean-Pierre Corniou : Cette initiative du gouvernement britannique répond à une exigence de clarification, visible et sans équivoque, du degré de toxicité d’un véhicule. C’est un problème complexe où sont confondues les émissions de gaz à effet de serre, qui contribuent au changement climatique à long terme, et les émissions de gaz et particules toxiques à court terme pour la santé. On ne sait pas, naturellement, quelle est la solution de motorisation la moins agressive pour l’environnement. Allouer aux voitures vertueuses une plaque verte, très visible, crée une différence sans ambiguïté et valorise les comportements les plus conscients.
C’est le même état d’esprit qui a conduit à la mise en place en France des « certificats qualité de l’air », matérialisés sous la forme de vignettes Crit’Air classant le véhicule en six catégories. 
 
Car les gouvernements et les élus des grandes villes sont confrontés à un problème redoutable qui soulève partout beaucoup de passion. Ils sont pris conscience que l’automobile à moteur thermique, en usage individuel privatif, était le moyen de transport de masse le plus mal adapté à la ville. Il y a en premier lieu les émissions - gaz toxiques, comme le NOx, particules et gaz à effet de serre comme le CO2 - qu’elles génèrent, à faible vitesse et dans un milieu confiné. Le rôle des transports dans les pollutions toxiques est régulièrement condamné par l’OMS. Dans les villes des pays européens à revenu élevé, il a été prouvé que la pollution de l’air diminuait l’espérance de vie moyenne de 2 à 24 mois, en fonction des niveaux de pollution. La situation est infiniment plus catastrophique dans les mégapoles d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine. L’OMS organise d’ailleurs en octobre 2018 la première conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé, dont le champ englobe les transports. 
 
Plus encore, la voiture en ville offre un niveau de service de plus en plus médiocre car, avec des infrastructures routières contraintes, l’augmentation du nombre de voitures individuelles accroît la congestion urbaine, qui aggrave la pollution et réduit le service rendu par l’allongement aléatoire des temps de transport. La prise de conscience mondiale de cette spirale diabolique conduit les acteurs publics à tous partager ce diagnostic, ce qui est la première étape, et à travailler en urgence à la recherche de solutions. Si leur mise en place dépend du contexte socio-politique, elles répondent au mêmes critères techniques, alimentés par les progrès considérables des mesures de la pollution qui constituent la première étape de la construction d’un consensus autour d’un diagnostic partagé et irréfutable.
 
Ainsi, globalement, toutes les grandes villes mondiales cherchent à réduire le nombre de voitures, à développer l’usage des transports en commun électrique et à limiter la circulation des voitures individuelles aux seules voitures non polluantes, et dans des modèles d’autopartage. Ce bouquet de mesure est mis en œuvre partout dans le monde avec plus ou moins de volontarisme, en fonction des moyens financiers et de la capacité de la population à s’adapter à cette nouvelle donne, toujours perçue comme une limitation des libertés individuelles. Pour familiariser les usagers à ce type de sélectivité des véhicules, on exploite souvent les pics de pollution pour mettre en place des mesures transitoires qui ne laissent circuler que les seuls véhicules vertueux. C’est pourquoi marquer de façon claire par ces « plaques vertes » le choix vertueux de leurs conducteurs est une étape importante dans la prise de conscience. Elle valorise aussi les pionniers. Car si les solutions efficaces sont connues, leur mise en œuvre se révèle politiquement complexe. 
 
Deux exemples montrent que la volonté politique est le levier de la transformation dan sla relation à l’automobile. La Chine, durement confrontée à la pollution urbaine, a lancé en 2013 un plan sur 4 ans pour réduire de 25 % la pollution d’ici 2018, et a consacré 110 milliards d’euros à cet objectif prioritaire. La première mesure a consisté à réduire le nombre de voitures en milieu urbain, par une stricte limitation du droit à posséder une automobile en limitant le nombre de cartes grises délivrées. Zurich, régulièrement en tête du classement  européen des « Best practices for clean air in urban transport », devant Copenhague, Vienne et Stockholm,  a une politique globale de développement intensif des transports public et de promotion des transports doux (marche et vélo) et a acté une stratégie offeensive de report modal, qui consiste remplacer un mode de transport par un autre : de 35 % de voitures en 2005, la ville est passée à 28 % en 2012 et envisage une réduction à 24 % en 2020 pour atteindre le seuil des 20 % en 2025. 
 
 
Commentaires

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  • Par Taubiralebol - 12/09/2018 - 10:09 - Signaler un abus Infrastructures ferroviaires....

    Tout ceci est très louable...mais un bémol s'impose. Mr Corniou devrait tenter l'expérience de la ligne ferroviaire Paris-Laon, au départ de Soissons, par exemple. Voitures très confortables, parfois trop chargées en passager, mais horaires d'arrivée quelque peu aléatoires qui rendent un vol Paris Madrid au départ de CDG parfois plus rapide... Bref, de bonnes raisons de prendre la voiture !

  • Par Haddock36 - 12/09/2018 - 13:54 - Signaler un abus Et l'hydrogène?

    Pas une fois le mot hydrogène ne figure dans cet article. Toujours des idées qui tiennent plus du cosmétique que du concret et du courage. Affligeant!. Ce pays qui creusa le canal de Suez et fut le principal contributeur du tunnel sous la Manche, pense qu'il va révolutionner l'industrie automobile en changeant la couleur des plaques d'immatriculation. Au point où nous en sommes, ce n'est même plus risible.

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Jean-Pierre Corniou

Jean-Pierre Corniou est directeur général adjoint du cabinet de conseil Sia Partners. Il est l'auteur de "1,2 milliards d’automobiles, 7 milliards de terriens, la cohabitation est-elle possible ?" (2012).

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