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Cette autre menace silencieuse qui inquiète les agences européennes de lutte contre le terrorisme

Selon une étude du King's College de Londres, 80% des terroristes récemment impliqués dans un projet d'attentat en Europe ont un passé criminel. Ces individus bénéficient notamment d'un accès facilité aux armes illégales et sont habitués à la clandestinité.

Ecrans radars en panne

Publié le - Mis à jour le 23 Décembre 2016

Comment les agences de renseignement essaient-elles de s'adapter à cette évolution du profil des terroristes ? Concrètement, quelles difficultés rencontrent-elles ?

Alain Rodier : A la base, il semble que cela devrait faciliter le travail des forces de l’ordre car la plupart des personnes qui ont été impliquées dans des actions terroristes ces dernières années en Europe étaient "bien connues des services de police". En clair, elles avaient un dossier "qui encombrait aux archives". Mais le problème, c’est que les fichiers contiennent des millions de noms. L’abondance d’informations est extrêmement utile à une enquête après qu’un acte délictueux (et en particulier terroriste) a été commis car elle permet alors de remonter le fil conducteur donnant les identités des personnes impliquées, mais elle est difficilement utilisable en amont.

C’est bien d’avoir tous les morceaux d’un puzzle, mais généralement ils ne peuvent être rassemblés que lorsqu’il y a eu un début d’action, donc malheureusement après-coup.

Stéphane Quéré : Les agences essaient de remettre du renseignement criminel sur le terrain, d'aller au plus près des endroits sensibles où se trouvent des délinquants qui se sont radicalisés mais aussi des radicalisés qui se financent par des activités illicites.

Les difficultés que rencontrent ces agences sont liées au quasi-démantèlement des renseignements généraux et au fait que de nombreux contacts sur le terrain ont été perdus. Depuis quelques temps, les agences essaient de recréer les contacts, de remettre des gens sur le terrain. En effet, tout ne peut pas être fait par le renseignement technologique, il faut aussi du renseignement de terrain, ce qui nécessite de prendre contact avec les gens, de ressentir le pouls d'une cité, d'une ville, d'un territoire.

Quel est le défi posé par l'ouverture des frontières ? Comment lutter contre le trafic d'armes à l'intérieur de l'espace Schengen ?

Alain Rodier : Il conviendrait d’uniformiser les législations sur un mode de base, chaque État étant toujours libre d’être plus restrictif. Il semble que cela est actuellement le cas pour la neutralisation des armes de guerre. Cela montre également que la "guerre contre le terrorisme" (1) ne doit pas faire oublier la "guerre contre le crime organisé" qui fournit la logistique, le trafic d’armes étant l'une de ses principales activités à l’image de ceux de la drogue, des êtres humains (je pense aux migrants clandestins), des antiquités et de toute autre matière recherchée.

Stéphane Quéré : Le trafic d'armes a toujours eu lieu, frontières ou pas frontières. Le vrai défi, c'est l'harmonisation des législations et des pratiques européennes concernant la démilitarisation : si tous les pays avaient les mêmes législations que la France, c’est-à-dire une démilitarisation complète et quasiment absolue des armes, ce serait une véritable avancée.

(1) Je rappelle que la "guerre contre le terrorisme" ne veut rien dire. On ne se bat pas contre un "moyen" mais contre les personnes qui l’utilisent.

 
Commentaires

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  • Par joke ka - 22/12/2016 - 11:00 - Signaler un abus Fillon

    J'ai voté pour Fillon, assisté à ses meetings ,apprécié ses discours de fermeté sensés, approuvé son programme contre l'islamisation radicale et le laxisme de la justice... mais le choix de ses équipes me déconcerte :Apparu ,l'homme de Ali Juppé, les postes distribués aux NKM,Raffarin..refusés aux Wauquier &cie ,qui sans hésiter se sont rangés au 2ème tour derrière lui ..même Valérie Boyer,pourtant fidèle de la 1ère heure a ,semble t-il été négligée(à cause de la croix à son cou?) le doute m'assaille ..va t-il faire comme dit Raffarin :"une primaire à droite et une présidentielle à gauche ,trahissant son camps? http://www.bvoltaire.fr/janyleroy/benoist-apparu-et-la-realite-disparut,301305?mc_cid=88d4173ecc&mc_eid=5b41424ba8

  • Par ikaris - 22/12/2016 - 13:26 - Signaler un abus Si on avait encore la double peine ...

    Ce serait une bonne nouvelle cet article ce qu'annonce cet article : un délinquant étranger se fait arrêter et expulsé vers son pays d'origine. Au lieu de ça il reste chez nous, se radicalise et fait des attentats ... rétablissement de la double peine, déchéance de nationalité pour les criminels bi-nationaux ... voilà les solutions ! Au lieu de ça on va devenir toutes les villes de France au fur et à mesure qu'elles seront touchées par des attentats ?

  • Par Deneziere - 22/12/2016 - 14:07 - Signaler un abus Pas à Sarcelles... A St Germain des Prés !

    Le ver est dans le fruit, mais pas seulement où l'on croit. Il fallait lire Le Monde au début de l'état d'urgence, où des journalistes et internautes hurlaient quand des policiers étaient soupçonnés de faire des perquisitions chez des dealers au lieu d'aller chez les "vrais terroristes". Cette étude du King's College ne sera malheureusement pas reprise par la presse bien-pensante.

  • Par lasenorita - 22/12/2016 - 17:07 - Signaler un abus Supprimer la nationalité française

    aux bi-nationaux et les expulser...''On'' les connaît...''ils'' sont déjà fichés...''On'' les surveille...mais qu'est-ce qu'on attend pour les expulser??les musulmans, eux, ne se sont pas gênés pour chasser de ''leur'' pays TOUS les non-musulmans..!Pourquoi laisse-t-on entrer dans notre pays tous ces musulmans dont nous n'avons pas besoin??Ces musulmans qui viennent chez nous que pour bénéficier des avantages sociaux, pour tout casser, répandre la terreur et l'islamisme en France au lieu de RESTER chez eux où ils ont de quoi s'occuper s'ils le voulaient...Il faut STOPPER cette immigration musulmane et encourager celle des Syriens chrétiens qui ne sont plus en sécurité dans leur pays d'où ils ont vécu depuis des millénaires, mais voilà les musulmans ne savent que chasser les chrétiens de leur pays natal, leur voler leurs biens, puis les poursuivre en Europe qu'ils cherchent à conquérir en faisant des attentats, en égorgeant des innocents,etc..etc..

  • Par DESVESSIESPOURDESLANTERNES - 23/12/2016 - 08:08 - Signaler un abus bon rappel

    nos zélus-zelites savent tout celà depuis 30 ans . Qu'ont-ils fait ?

  • Par jmpbea - 24/12/2016 - 18:45 - Signaler un abus Nos lois sont adaptées à la brave petite Françe s'il y a vingt

    ans...tant que nos gouvernants ne prendront pas des mesures , donc des lois, dures et dissuasives au niveau du tri à l'entrée , du contrôle social et religieux, des interdictions et sanctions sévères des actes contrevenant à la Republique....nous allons nous faire bouffer...

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Stéphane Quéré

Diplômé de l'Institut de Criminologie et d'Analyse en Menaces Criminelles Contemporaines à Paris II, Master II "Sécurité Intérieure" - Université de Nice. Animateur du site spécialisé crimorg.com. Derniers livres parus : "La 'Ndrangheta" et "Planète mafia" à La Manufacture de Livre / "La Peau de l'Ours" (avec Sylvain Auffret, sur le trafic d'animaux, aux Editions du Nouveau Monde)

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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