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Ces sujets curieusement oubliés par Ia droite alors qu'ils pourraient lui permettre d'afficher sa différence avec La République en Marche

Intégration, délinquance, communautarisme, terrorisme : autant de thèmes que seule la droite peut s'emparer. Le discours de François Baroin devant Les Républicains dimanche à Paris a peu porté ces questions. La droite doit, pour se reconstruire, trouver une cohérence dans son existence en tant que parti d'opposition.

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Ces sujets curieusement oubliés par Ia droite alors qu'ils pourraient lui permettre d'afficher sa différence avec La République en Marche

Atlantico : François Baroin lors du meeting des Républicains hier à Paris a tenu à faire passer un message de rassemblement. Il a également insisté sur les différences entre Les Républicains et La République En Marche, alors que plusieurs têtes du parti ont rejoint le gouvernement d'Edouard Philippe. Mais n'y a-t-il pas des sujets dont la droite oublie de parler et qui pourrait marquer au mieux cette différence ? ((intégration, insécurité du quotidien, immigration...). 

Pierre Rigoulot : Sans doute y a t il des observateurs grincheux pour parler de poudre aux yeux appelée à faire son effet le temps d’une campagne électorale, des politiciens méprisants pour parler d’inexpérience, des candidats battus aux présidentielles pour expliquer que La République en Marche est l’illustration de ce qu’ils avaient toujours dit sur "l’UMPS".

Je trouve personnellement très réussie la manœuvre d’Emmanuel Macron : la droite de la gauche, plus la gauche de la droite, plus le centre plus les écolos. Qui aurait cru cela possible il y a quelques mois ? Sans doute, le nouveau président a-t-il bénéficié de l’effet ravageur du système des primaires qui fait s’opposer des gens dont les différences n’empêchaient pas jusqu’ici de travailler ensemble dans le même cadre.

Tant mieux, après tout. Les choses sont plus claires ainsi : les libéraux type Juppé n’avaient pas grand chose à voir avec les étatistes type Sarkozy. De même, les social-libéraux, qu’on appelle aussi les pragmatistes, n’avaient au sein du PS, pas grand-chose à voir avec ceux qui n’ont pas renoncé à l’utopie marxisante.

Face à cette nouvelle donne, plusieurs réponses étaient possibles de la part de la droite :

- Minimiser les différences et rassurer l’électorat : les héritiers du gaullisme et du libéralisme ne sont pas si différents. La preuve ? La présence d’un Alain Juppé souriant participant au dernier meeting de la droite.

- Insister sur le caractère provisoire de la posture actuelle : quelques débauchages individuels à droite comme à gauche permettent de faire de La République en Marche un Parti attrape tout en vue des élections législatives des 11 et 18 juin.

Le problème est qu’En Marche n’a pas seulement réuni des femmes et des hommes de la droite, du centre et de la gauche : il a démonétisé les étiquettes politiques.

Restait donc à la droite de contrer ce bouleversement en revendiquant fièrement son appartenance politique. La droite, cela existe encore, et nous sommes fiers d’en être, etc. L’idée était bonne. A-t-elle cependant été développée suffisamment par François Baroin lors de son discours de campagne du Parc floral, le 20 mai dernier ? C’est moins sûr.

Sa défense de l’égalité de droit, complémentaire de sa critique de l’égalité effective, allait dans ce sens. C’est un des meilleurs passages de son discours. Mais que n’a-t-il poursuivi en défendant la liberté individuelle, valeur clé de la droite ? Pourquoi s’être drapé dans des formules toutes faites que ses adversaires auraient très bien pu lancer eux-mêmes ? Défendre "le flambeau du progrès et de l’avenir", comme il l’a proposé, et présenter ses militants comme "sensibles, attentifs, ouverts, généreux", est-ce là des marques de reconnaissance de la droite et des raisons de fierté qui lui soit propre ? "Défendre le travail" permet-il à la droite de se positionner clairement face à un gouvernement qui veut rapidement modifier le code du travail et dont le candidat n’a cessé de prôner cette valeur au cours de sa campagne ?

 
Commentaires

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  • Par clint - 22/05/2017 - 13:42 - Signaler un abus La droite devra se réformer en profondeur en oubliant l'UMP !

    Réunir centre (UDI) et "RPR" dans l'UMP (dit LR) ne fonctionnera plus : Macron a remis en place le centre UDF réuni avec la gauche libérale. Baroin a complètement oublié de parler des valeurs de la droite et particulièrement du gaullisme (ou du moins ce qu'il en resterait!). Après les législatives LR n'existera plus vu un groupe centro-"machin" qui soutiendra le gouvernement en béni-oui-oui. La droite aura intérêt à se recentrer sur ses valeurs, que rappellent d'ailleurs P. Rigoulot. Sinon la droite disparaîtra rapidement au profit du FN, d'autant plus si la ligne Philippot devien minoritaire !

  • Par winnie - 22/05/2017 - 16:41 - Signaler un abus Ne cherchez pas.....

    il y a longtemps que la droite a disparue, UMPS c est bien cela! La vrai droite c est le FN et Debout la France que l on met en epouvantail en les traitant de fachistes.

  • Par patamoto - 22/05/2017 - 18:49 - Signaler un abus Les LR [au moins leurs

    Les LR [au moins leurs dirigeants] sont des gens de droite qui ont honte de l'être! Peur de passer pour des fachos! Dans la terreur du jugement de la toute puissante bien-pensance des medias gauchos bobos! Rien à attendre de la plupart de ces "élites LR". Un nouveau et vrai mouvement de droite doit émerger en se débarrassant de ces honteux!

  • Par clint - 22/05/2017 - 19:15 - Signaler un abus @patamoto : les "honteux" vont former un groupe à part !

    Et ce, pour assurer une majorité à Macron.

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Pierre Rigoulot

Pierre Rigoulot est historien et directeur de la revue Histoire & liberté.

Spécialiste de l'histoire du communisme, il a participé à la rédaction de l'ouvrage Le livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997) sur la Corée du Nord. Il est aussi l'auteur de Coucher de soleil sur La Havane (Flammarion, 2007) et de L’Antiaméricanisme – Critique d'un prêt-à-penser (Robert Laffont, 2004).

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