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Ces signes avant-coureurs qui montrent que l’économie chinoise tangue dangereusement

La Chine est accusée par ses voisins d'être à l'origine des baisses du cours du cuivre, du zinc, de l'or ou du pétrole. Le pays montre des signes inquiétants annonciateurs d'un possible ralentissement économique.

Constat accablant

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Ces signes avant-coureurs qui montrent que l’économie chinoise tangue dangereusement

 Crédit MIKE HUTCHINGS / POOL / AFP

Atlantico : Alors que le cours du cuivre vient de descendre sous les 6000$ la tonne, que le pétrole subit également une baisse au cours des dernières séances ou que d'autres métaux comme le Zinc ou même l'OR suivent la même tendance, les yeux se tournent vers la Chine qui pourrait être à l'origine de cette situation. Avec une croissance de l'investissement public de 1.33% pour ce mois de juin, un plus bas depuis 2005, peut-on considérer que la Chine est confrontée à un ralentissement économique ?

Comment s'inscrit cette situation dans le contexte de la guerre commerciale entre Pékin et Washington ? 

 
Jean-Paul Betbeze : Oui, c’est grave. Montée assurée des taux d’intérêt américains (discours de Jerome Powell à Jackson Hole vendredi dernier), donc pénurie de dollars d’entreprises surendettées en dollars dans les pays émergents, plus quasi rupture des négociations commerciales avec la Chine : les marchés des matières premières voient la séquence. Ils craignent donc le pire. Ils voient ainsi venir un fort ralentissement chinois, donc moins d’importations chinoises de matières premières, et ainsi de suite chez les pays émergents de la région, puis ailleurs.  
 
Les marchés, de matières premières et financiers (ils vivent ensemble !), savent bien que Président Trump veut rééquilibrer les échanges entre États-Unis et Chine, déficitaires de 380 milliards de dollars. C’est le déficit commercial maximum par rapport aux États-Unis, derrière le Mexique (71 milliards en 2017), le Japon (69 milliards) et l’Allemagne (64 milliards). Donald Trump veut une forte réduction du déficit commercial chinois, de l’ordre de 100 milliards en deux ans, ce qui n’est pas facile (!), plus la possibilité que les entreprises américaines puissent acheter des unités chinoises, plus l’assurance que le Yuan ne serait pas « manipulé », plus la protection des droits de propriété intellectuelle des innovations américaines (contre les « vols » chinois). Les marchés ont vu les propositions chinoises, pour l’amadouer : il sera désormais possible de détenir 100% d’une banque et un mécanisme vient juste d’être mis en place pour éviter une baisse du Yuan (à voir comment). Restent les droits de propriété et l’ampleur du déficit : l’essentiel ! Les marchés ont aussi vu que les États-Unis n’allaient pas mollir car un rapprochement se noue actuellement avec le Mexique, notamment pour l’automobile. C’est bien la preuve qu’il faut « tenir bon », du côté de Donald Trump, pour faire céder « le partenaire commercial ».
 
Donc la pression va monter côté américain, avec plus de produits taxés à 25%. La Chine entend répondre, mais elle ne le peut pas, puisqu’elle importe moins, par construction, et aussi puisqu’elle pourrait alimenter un ralentissement et une inflation interne. En fait, Donald Trump ne peut pas perdre dans la guerre tarifaire actuelle : il ne joue pas seulement un ralentissement chinois, il veut surtout protéger l’avancée technologique américaine. La Chine le sait, la vraie guerre se situe à la frontière technologique, pour en tenir les entreprises chinoises éloignées.
 

Quelles peuvent en être les conséquences pour l'économie mondiale, et notamment pour l'Europe ? 

 
Au moins un ralentissement, avec la baisse des exportations, baisse qui peut déboucher sur une crise des pays émergents, subissant plus d’inflation interne et une baisse de leur change, avec alors des difficultés croissantes à rembourser leur dette en dollar. Plus profondément, la dynamique de l’endettement d’un côté et de chaînes de production de plus en plus complexes de l’autre, qui est derrière la remontée récente des émergents est en jeu : les entreprises ont profité des taux américains très bas du quantitative easing. C’est fini.
 
 
Commentaires

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  • Par vangog - 28/08/2018 - 22:37 - Signaler un abus Oui, c’est ce que cherche Donald...

    C’est une guerre économique qui a été trop longtemps gagnée par la Chine et certains émergents, grâce a la « collaboration » du socialiste Lamy de l’OMC...le résultat de cette hégémonie, depuis trente ans, est une désindustrialisation rapide de l’occident, un pilage de nos technologies et fleurons industriels, des déficits commerciaux abyssaux, et un encouragement impérialiste de toute puissance des pays privilégiés par ces déséquilibres mortels pour l’occident. Seul Donald a perçu ce danger et veut rétablir les équilibres sains et pérennes . Les europeistes, manipulés par des dirigeants sans vision ni courage politique, Macrouille, Merkel, Juncker n’ont rien vu venir...seule une Europe des Nations dirigée par les peuples victorieux de leurs tyrans médiocres, saura tirer son épingle du jeu et réintégrer le concert des Nations économiques....en 2019, peut-être, si les europeéns en ont le courage...

  • Par kuruzawa - 29/08/2018 - 21:19 - Signaler un abus Mine de rien,il est fort le Donald!

    Après avoir sérieusement allégé la fiscalité des entreprises US,pour les inciter à relocaliser,sans assommer financièrement celles qui pratiquaient l'optimisation fiscale à outrance,Trump a réussi à faire revenir un bon nombre d'entreprises us,réduisant par là le chômage et augmentant la richesse nationale.Les problèmes de pillage de propriété intellectuelles sont plus délicates à opérer aux states qu'en chine.Deuxième étape:offensive commerciale en mode hard:Trump et les américains en général ont tout à y gagner,et ne risquent pas de lâcher le morceau.Les Démocrates et nous les Français,entre autres,se font bien payer sa tête,mais l'ont surtout beaucoup sous estimé:il est redoutablement efficace.Si on pouvait avoir l'équivalent!Un mec avec des c...,qui se contrefiche de son image,mais AGIT.En Europe,actuellement,on a que des demi portions qui flippent pour un oui,pour un rien,alors que l'opportunité d'une réaction forte et coordonnée est à portée.Vous avez dit coordonnée? quelle farce.Dernière remarque:Trump est régulièrement épinglé sur cette fameuse impulsivité et imprévisibilité,alors qu'il développe une stratégie très fine bien dissimulée sous ces "foucades":l'art de la guerre

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Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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