Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 15 Décembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Ces obstacles qu'il reste encore à lever pour que France et Algérie "se tournent ensemble vers l'avenir"

Emmanuel Macron était en visite hier en Algérie et a déclaré "vouloir tourner la page du passé". Force est de constater que les obstacles restent nombreux.

Les jours qui chantent

Publié le
Ces obstacles qu'il reste encore à lever pour que France et Algérie "se tournent ensemble vers l'avenir"

Atlantico : Dans une interview donnée à El Watan, Emmanuel Macron a déclaré : " J’ai le regard d’un homme de ma génération, d’un Président élu sur un projet d’ouverture. Je connais l’histoire, mais je ne suis pas otage du passé. Nous avons une mémoire partagée. Il faut en tenir compte. Mais je souhaite désormais, dans le respect de notre histoire, que nous nous tournions ensemble vers l’avenir". Quelles sont encore les obstacles existants pour "se tourner ensemble vers l'avenir" ? "

Ahmed Rouadjia : Parmi les obstacles qui pourraient ralentir quelque peu la dynamique des rapports au plan tant politiques qu’ économiques entre les deux pays sont de deux ordres : la question de l’indépendance du Sahara occidental, qui empoisonne les relations algéro -marocaines depuis des décennies, et la question de « la repentance » réclamée par le président Bouteflika à l’occasion de son discours prononcé en français le 14 juin 2000 devant l’Assemblée nationale française et en présence de son hôte, le président Jacques Chirac.

Pour ce qui concerne le premier point, l’Algérie a toujours reproché à la France de pencher en faveur des thèses marocaines qui nient au peuple sahraoui son droit à l’autodétermination conformément à la Charte des Nations Unies et au principe du droit « des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Pour l’Algérie politique, l’appui qu’elle apporte au peuple sahraoui pour recouvrer son indépendance s’inspire de ce principe issu du droit International, et que de ce fait les accusations portées par le Maroc contre l’Algérie accusée d’ingérence dans les affaires marocaines sont dénuées de tout fondement.

Or, malgré les déclarations de neutralité entre les deux pays faites  par Macron depuis son élection à la tête de l’Etat, neutralité qu’il vient de réitérer dans l’interview accordée à El Watan, l’Algérie demeure sceptique et soupçonne la France d’appuyer en catimini les revendications marocaines sur le Sahara occidental.

Quant au second point, qui porte sur ce terme à connotation religieuse-la repentance-, il a été récupéré et exploité  dans tous les sens par les anti-français qui sont nombreux en Algérie, et cherchent à faire payer à la France les crimes qu’elle a commis en divers endroits durant sa présence en Algérie. Ces anti-français, qui n’hésitent cependant pas à faire de longues files d’attente devant les consulats français d’Algérie pour obtenir un visas pour se rendre en France qui pour des visites familiales, qui pour des soins, et qui pour un séjour de longue durée, exigent de la France la même reconnaissance que celle qu’elle a accordée aux Juifs déportés et exterminés par le régime de Vichy. Ce lobby anti-français se trouve au sein et en dehors du gouvernement et c’est lui qui s’efforce de torpiller les rapports entre les deux nations…

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par pascal farigoule - 07/12/2017 - 12:29 - Signaler un abus ah oui tiens

    si l'Algérie payait les milliards d'E qu'elle doit à la sécurité sociale ce serait une excellente idée.

  • Par brennec - 07/12/2017 - 13:20 - Signaler un abus L'algérie n'est pas la france.

    Je crois qu'il est temps que la france reconnaisse que l'algérie est indépendante et qu'elle la traite comme n'importe quel autre pays étranger. Concernant les accords d'évian il est des clauses qui sont abusives et qui mériteraient une sévère mise a jour, les accords ne sont pas éternels.

  • Par assougoudrel - 07/12/2017 - 15:49 - Signaler un abus L'Algérie était florissante et

    est devenue une poubelle. Laissons ces gens qui nous haïssent où ils sont. Madagascar c'est pareil et pourtant la France ne s'en occupe plus et il n'y a pas eu de guerre. Oublions l'Algérie et on se portera mieux.

  • Par ajm - 07/12/2017 - 16:20 - Signaler un abus Rien à gagner, tout à perdre.

    Moins on s'occupe de l'Algérie, mieux nous nous portons.

  • Par Beredan - 07/12/2017 - 20:15 - Signaler un abus Trop tard ....

    Les algériens ont fini par indisposer Macron , qu’ils avaient fait élire .... désormais , il joue la carte marocaine : c.est plus sûr .

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Ahmed Rouadjia

Ahmed Rouadjia a obtenu son doctorat d’histoire à Paris VII (Jussieu) en 1989.

Il est actuellement Maître de Conférences à l’Université de Msila (2006-2011) et directeur du Laboratoire de Recherche d’histoire de sociologie et des changements sociaux et économiques .

Il a notamment publié Les Frères et la mosquée. Une enquête sur le mouvement islamiste en Algérie (Karthala, 1990), Grandeur et décadence de l’Etat algérien (Karthala, 1994) et Les enfants illégitimes de la République (Maisonneuve et Larose, 2004).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€