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Ces innovations technologiques qui pourraient révolutionner l'économie mondiale

François Hollande souhaite renforcer l'aide aux PME par des avantages fiscaux. Mais l'avenir de l'emploi et de l'innovation n'est pas nécessairement dans les PME. Imprimante 3D, nanotechnologies, moteur à hydrogène, gaz de schiste... Ces innovations technologiques pourraient bouleverser le futur de l'économie mondiale.

C'est beau le progrès !

Publié le 13 mai 2013
 
Avec l'imprimante 3D, l'industrie entre en concurrence directe avec l'utilisateur.

Avec l'imprimante 3D, l'industrie entre en concurrence directe avec l'utilisateur. Crédit Reuters

L'imprimante 3D

Frédéric Fréry : Tant qu'elle est confinée aux laboratoires de recherche, une invention ne peut pas être qualifiée d'innovation. C'est seulement lorsqu'elle a un impact sur la société qu'une invention devient une innovation. L'imprimante 3D, qui permet de fabriquer (et de reproduire) des objets en plastique chez soi, pourrait avoir des répercussions économiques et sociales majeures. A la différence par exemple de la voiture à hydrogène dont le développement nécessite des investissements considérables et des connaissances scientifiques de très haut niveau, l'imprimante 3D est une technologie grand public et peu coûteuse. Et lorsque les consommateurs s'emparent d'une industrie, celle-ci connaît des bouleversements considérables. Le développement photo n'a pas survécu aux imprimantes personnelles ; le CD est en train de mourir de l'échange de fichiers musicaux par Internet etc.

Avec l'imprimante 3D, beaucoup d'objets de la vie courante pourraient être fabriqués chez soi. Cela permet d'envisager une réindustrialisation des pays riches qui n'impliquerait pas la reconstruction de nos usines : il s'agirait moins du retour du "Made in France" que de l'émergence du "Made in Home". Mais certains obstacles techniques doivent encore être levés : les plastiques utilisables dans une imprimante 3D sont pour le moment coûteux et peu nombreux et les objets obtenus restent simples.

Benjamin Jean : Avec l'imprimante 3D, l'industrie entre en concurrence directe avec l'utilisateur, qui était jusqu'à maintenant un simple consommateur. Cela revient à mettre entre les mains du consommateur un outil industriel. Pour le moment, il est difficile de savoir quelle stratégie les entreprises vont adopter. Faudra-t-il étendre les droits de propriété intellectuelle pour limiter encore plus les consommateurs ? Ou faudra-t-il limiter l'usage de la propriété intellectuelle aux seules industries ?

L'exemple le plus parlant est celui d'un boulon ou d'une petite pièce dont on aurait besoin. On pourrait soit concevoir le produit, soit télécharger le bon fichier sur son ordinateur et l'imprimer chez soi. Produire en masse des milliers de boulons deviendrait inutile. Il existe une société qui a décidé de mettre tous les petits accessoires de son produit sous licence libre pour que les gens puissent les imprimer de chez eux. Le coût de production était tellement faible au regard du coût d'envoi qu'il était plus intéressant pour l'entreprise de donner la possibilité à ses clients d'imprimer chez eux ces petits composants.

La voiture à hydrogène

Frédéric Fréry : La voiture à hydrogène peut être considérée comme une voiture électrique dont la batterie est remplacée par un réservoir d'hydrogène. Elle n'émet aucun gaz à effet de serre, puisqu'elle ne rejette que de l'eau. Elle utilise pour cela une technologie appelée la pile à combustible, dont le principe théorique remonte au début du 19e siècle et qui équipait déjà les capsules Apollo dans les années 1960. A priori, la voiture à hydrogène est une idée intéressante, puisqu'elle permet à la fois de pallier les inconvénients de la voiture à essence (pollution, raréfaction des hydrocarbures) et ceux de la voiture électrique (coût, poids et capacité des batteries). Cependant, elle n'est pas exempte de limites : l'hydrogène doit être conservé dans un réservoir sous pression, il est hautement explosif au contact de l'oxygène de l'air, et surtout sa fabrication nécessite de grandes quantités d'énergie. Tout dépendra donc de la technologie utilisée pour obtenir l'hydrogène : si celle-ci est "propre", l'impact écologique sera très positif. A l'inverse, si on utilise pour cela de l'électricité obtenue par des centrales à charbon, l'équation environnementale sera discutable.
 


Commentaires

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  • Par gladio - 15/05/2013 - 14:26 - Signaler un abus Pour ceux qui veulent aller plus loin sur le VRAI sujet

    ou comment les inventeurs de dispositifs destinés à récupérer l'énergie diffuse dans l'univers, comme Tesla, sont systématiquement ruinés, visités par le FBI, ou trouvés morts après une mystérieuse agression.
    http://www.youtube.com/watch?v=hAV4iWhFiSE&list=PLD6EA7A9C355A2220&index=2

  • Par Gus85 - 14/05/2013 - 15:28 - Signaler un abus Fusion froide & energies libre ?

    Rien sur ces sujets qui pourtant pourraient changer radicalement la donne.

  • Par gladio - 14/05/2013 - 13:33 - Signaler un abus Et rien sur la Fusion froide ?

    Mais vous vous foutez du monde.

  • Par lsga - 14/05/2013 - 11:51 - Signaler un abus les gazs de schistes sont morts, vive l'Hydrogène

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/11/la-decouverte-de-sources-d-hydrogene-ouvre-la-voie-a-une-nouvelle-energie_3158136_3244.html

  • Par prochain - 13/05/2013 - 16:56 - Signaler un abus F.H. souhaite renforcer l'aide aux PME d'une main

    Pendant qu'il les étrangle par les impôts de l'autre.

  • Par mich2pains - 13/05/2013 - 13:01 - Signaler un abus Innovations technologiques à la Française !

    Même si elles ne sont pas encore d'actualité , il faudrait songer , dès à présent , à les inclure dans ......LE SERVICE PUBLIC , à la Française ...
    pour éviter que notre savoir faire ne parte à l'étranger , tout comme les fabricants de chaises à porteurs .....jadis !

  • Par iznogoud - 13/05/2013 - 10:13 - Signaler un abus Gaz de schiste, encore...

    "d'autres pays s'opposent fermement à l'extraction du gaz de schiste. C'est le cas de la Russie et de l'Algérie, qui ont d'importantes réserves de gaz conventionnel. L'exploitation du gaz de schiste ferait automatiquement chuter les prix de leurs exportations" . En clair, en interdisant l'exploitation du gaz de schiste, le gouvernement français s'en fiche de l'écologie : il est le valet servile des pétro-dictature !

  • Par zelectron - 13/05/2013 - 08:15 - Signaler un abus Au "quintuumvirat" qui a rédigé cet excellent article

    - Mais l'avenir de l'emploi et de l'innovation n'est pas nécessairement dans les PME ! ... pour continuer à faire grossir les entreprises d’État et celles du CAC40, avec les gaspillages éhontés qu'ils commettent ?
    - Il existe une société qui a décidé de mettre tous les petits accessoires de son produit sous licence libre pour que les gens puissent les imprimer de chez eux. LAQUELLE ?
    - A Laurent Meillaud : tout à fait, mais en France nos gouvernements successifs n'y comprennent rien: ils sont bouchés à l’émeri !
    -L'utilité des nanotechnologies ne saute pas aux yeux du grand public mais, c'est une voie royale pour comprendre une foultitude de phénomènes et améliorer un certain nombre de technologies: semi-conducteurs, échangeurs thermiques/solaire, textile, renforcement des plastiques, processus physico-chimiques avancés, et bien d'autres ...
    -Gaz de schiste ? et la géothermie ? non ? à part l'élimination nécessaire d'EDF de ce secteur (20 et quelques années de Soultz-sous-Forêt suffisent amplement à montrer l'incurie de "l'électricien national") ceci pourrait être confié par des PMI/ETI à des ingénieurs islandais ...

F. Fréry - B. Jean - L. Meillaud - F. Detroy - S. Silvestre

Frédéric Fréry est professeur à ESCP Europe où il dirige le European Executive MBA. Il est membre de l'équipe académique de l'Institut pour l'innovation et la compétitivité I7. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles, dont Stratégique, le manuel de stratégie le plus utilisé dans le monde francophone. Site Internet : frery.com.

Benjamin Jean est juriste spécialisé en propriété intellectuelle et cofondateur de la société Inno³. il travaille essentiellement sur les nouveaux usages et collaborations qui se développent autour de la création et de l’innovation (Open Source, Open Data).

Laurent Meillaud est journaliste, écrivain et consultant spécialisé dans l'automobile et les nouvelles technologies. Il anime le blog Voitures du Futur.

Florent Detroy est spécialiste des matières premières. Il a été journaliste pour le journal spécialisé dans l'énergie Enerpresse. Il est aujourd'hui rédacteur en chef de Matières à Profits, une lettre d'investissements sur les matières premières. Son blog sur la géopolitique des pays émergents : http://energasie.blogspot.com/

Stephan Silvestre est ingénieur en physique appliquée, Professeur à l'ESG Management School et spécialiste des risques énergétiques. Il est membre de la chaire des risques énergétiques de l’ESG-MS et anime le blog Risk Energy.

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