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Ces fous qui nous gouvernent : ce que le cas Trump nous dit de l’ampleur de la paralysie des élites traditionnelles occidentales

Un membre de l'administration Trump a publié, anonymement, une tribune dans le New York Times. Tribune dans laquelle il accuse le président américain d'être instable et amoral.

Paralysie totale

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Ces fous qui nous gouvernent : ce que le cas Trump nous dit de l’ampleur de la paralysie des élites traditionnelles occidentales

 Crédit IAN LANGSDON / POOL / POOL / AFP

Atlantico : Amoral, instable, les adjectifs s'enchaînent pour décrire le président Américain. Pour autant, il est indéniable que Donald Trump a su faire bouger les choses à sa manière. Au-delà d'une croissance en hausse, l'auteur de la tribune à charge mentionne lui-même "des points positifs que la couverture systématiquement négative ne parvient pas à "capturer"". Finalement, pour faire "bouger" nos démocraties, serait-il finalement "nécessaire" qu'une personnalité "instable" prenne le pouvoir ? 

Philippe Fabry : La tribune que vous mentionnez est celle d’un haut fonctionnaire américain anonyme qui explique, en substance, que les succès de la présidence Trump - déblocage de la situation en Corée, forte croissance, diminution de moitié du Code des réglementations fédérales -  ne sont pas là grâce à Trump mais malgré lui, et sont finalement l’oeuvre de fonctionnaires américains consciencieux qui dirigent le pays selon la morale et le bien, en attendant que cette présidence passe.

C’est un article assez hallucinant qui n’aurait mérité qu’un haussement d’épaules s’il n’était paru dans le New York Times. L’on voit mal pourquoi il faudrait accorder plus de crédit à ces propos qu’à l’auteur de Fire and Fury ou à Bob Woodward qui publie le résultat de tas de témoignages qu’il aurait reçu, sans jamais dire de qui ils viennent. Il semble surtout que nous soyons dans la longue liste des dénonciations anonymes à l’encontre de Donald Trump. Cela dit, celle-ci est plus intéressante, non pas pour ce qu’elle dit de Trump, qui correspond aux poncifs assez idiots auxquels ont est habitués - notamment le fameux « il aime les dictateurs » - que pour ce qu’elle dit précisément, des hauts responsables qui peuplent les administrations américaines - et plus généralement occidentales - et se perçoivent comme le perpétuel remède à la démocratie. En vieillissant, les démocraties occidentales ont sécrété des aristocraties bureaucratiques qui s’estiment au-dessus du suffrage, puisque non élues et survivant aux gouvernements et législatures successifs, et véritables détentrices des destinées du pays, qui ne sauraient être laissées à la volonté d’électeurs, trop volages, trop populaires au sens social du terme.

Le témoignage de cet article est typiquement de cet ordre-là : on veut bien croire le New York Times lorsqu’il nous garantit la fonction de cet auteur anonyme dans l’appareil d’Etat : il n’y a en effet qu’un bureaucrate pour tenir des propos pareils avec un tel aplomb, pour se montrer aussi méprisant envers le choix du peuple et aussi condescendant dans son assurance que, ne nous inquiétons pas, il veille au grain jusqu’à ce que le peuple choisisse « bien » à nouveau, c’est-à-dire élira quelqu’un qui laisse les bureaucrates décider.

 
Commentaires

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  • Par moneo - 07/09/2018 - 09:29 - Signaler un abus je ne sais pas pourquoi

    ça me fait penser à Hollande d'l y a déjà un certain temps mais ça peut être du même tabac Destitution le Deep State en rêve depuis les résultats des élections A défaut attention à la loi du western

  • Par Atlante13 - 07/09/2018 - 10:45 - Signaler un abus Les faits récents semblent donner raison à l'auteur

    et la gigue de Macron devant les fonctionnaires de Bercy le confirme. L'Administration française a pris le pouvoir sur le politique depuis la création de l'ENA. Quand les fonctionnaires peuvent passer indifféremment de l'administration au politique, puis revenir à l'administration, cela ne peut que lui donner un sentiment de pouvoir et d'irresponsabilité totale. Le mélange des genres semblait impossible, et pourtant nous l'avons fait. Ajoutez à cela le goût immodéré des français pour les réseaux souterrains, et vous obtenez la mort de la démocratie.

  • Par venise - 07/09/2018 - 11:14 - Signaler un abus coup de pied dans le cageot.....

    Sarkozy ne faisait pas partie du sérail il avait cette envie de tout balancer, il ne l'a pas fait, notre territoriale demeure fossilisée Trump, l'entrepreneur ne risque pas de supporter cette verticalité administrative qui entend dicter la gouvernance , il schoote et n'en arien à f.... lui non plus ne sort pas du moule Macron est agacé de même mais il sort du moule et un quarteron de strauskaniens entend l'en faire sortir, en désordre, ainsi il nous a viré le chef d'état major, le héros écolo,....and so one, là le Sénat, obséquieux va lui tailler les croupières avec Bénala, non mais je suis sure qu'il voudrait faire sauter le Sénat! cet article explique bien que la démocratie sécrète ce qui risque de la tuer nous craignons beaucoup de catas, la crise de régime est la pire, le qurteron macronien nous a balancé les partis, chapelles et cathédrales, les hauts fonctionnaires resteront dans la plac quand ils rejoindront leurs start up faire jeu de massacre avec ces invariants est pourtant trés dangereux

  • Par Poussard Gérard - 07/09/2018 - 11:36 - Signaler un abus On peut s'interroger sur la santé mentale

    de celui qui est au palais entouré de bouffons, conseillers énarques et qui dans son attitude et ses propos se montre incohérent (tout et son contraire)..mais les bien pensants approuvent la "complexité" du personnage... Inquiétant...

  • Par OLYTTEUS - 07/09/2018 - 11:36 - Signaler un abus Belle analyse.Hélas, en

    Belle analyse.Hélas, en France, un coup d'état politico-juduciaire est venu dégommer un candidat solide de Droite ,permettant à Jupiter d'accéder au sommet. Quel serait le sort réservé à un leader émergent, populiste? Pourtant, le besoin de renouveler notre démocratie est criant.

  • Par Eface - 07/09/2018 - 11:46 - Signaler un abus Du pareil au même en France

    Excellent article. J’y ajouterai que nos élites vont bientôt nous dire avant toute élection pour qui on DOIT voter !!! Et si on n’obeit pas, on n’est taxé de « populiste » nouvelle injure politico-mediatique pour désigner ceux qui pensent et refusent de rentrer dans le rang. Pauvre France pauvres démocraties occidentales ou plus exactement pseudo démocraties

  • Par Haddock36 - 07/09/2018 - 11:54 - Signaler un abus La férale politique

    La balance commerciale de la France ne cesse de se dégrader depuis une décennie. On pourrait penser que la France à travers ses politique devrait adopter une diplomatie plus pragmatique apte au moins à conserver nos anciens clients. Hollande, dont la colossale finesse est proverbiale, en refusant de livrer 2 navires Mistral à la Russie nous a fait perdre un client de taille. Son rejeton Macron s'attaque à présent à la Hongrie et à la Pologne avec les conséquences qu'on peut imaginer sur le plan commercial. Voilà où nous conduit l'alignement sur les USA lesquels ne se privent pas de faire en douce ce qu'ils interdisent aux autres. Pauvre Europe!

  • Par vangog - 07/09/2018 - 13:28 - Signaler un abus « Personnalité instable, Trump »????

    Quand un Président dit ce qu’il va faire et fait ce qu’il dit, il devient « instable » pour les journaleux qui ne comprennent pas qu’il ne se soit pas rangé à leurs hauts avis, si pleins de pertinence et de pensée unique, tout emmêlé...

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Philippe Fabry

Philippe Fabry est historien et tient le blog Historionomie, principalement dédié à l'étude des schémas historiques et leur emploi à des fins d'analyse géopolitique et de prospective. Il a publié Rome du libéralisme au socialisme, Leçon antique pour notre temps (2014), Histoire du Siècle à Venir (2015), Atlas des guerres à venir (2017). Son nouveau livre, La Structure de l'Histoirevient de paraître.

 

 

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