Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 19 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Ces facteurs explicatifs des inégalités salariales Hommes Femmes qu’il est absurde d’ignorer si on veut réellement traiter la question

Selon la fondation concorde, les inégalités hommes-femmes conduiraient à une "perte" de 62 milliards d'euros pour l'économie française. Au-delà de ce chiffre, il apparaîtrait, par exemple, que ces inégalités salariales entre hommes et femmes seraient de 26.3% chez les cadres.

Inégalités

Publié le
Ces facteurs explicatifs des inégalités salariales Hommes Femmes qu’il est absurde d’ignorer si on veut réellement traiter la question

Atlantico : Pour les salariés au sens large, comment faire la part des choses entre les inégalités qui relèverait d'une discrimination et celles qui relèveraient d'une situation que l'on pourrait expliquer par d'autres moyens (secteurs ou les femmes sont sur-représentées, nombre d'heures travaillées, normes ou habitudes sociales, moindre demande d'augmentations etc....) ?

Clélia Aucouturier et Erwann Tison : Ce que l’on montre au sein de notre étude, en coupant les données de l’Observatoire des inégalités et de l’Insee, c’est qu’il existe des disparités selon les catégories socio-professionnelles.

Pour l’ensemble des salariés, l’écart entre les femmes et les hommes est de 19%. Cet écart grimpe à 26.3% pour les cadres, et n’est « que » de 9% pour les employés. Ergo, plus la rémunération augmente, plus la disparité est grande, contrairement aux idées-reçues.

On peut ajouter à cela, qu’il y a un flou sur les justifications réelles de ces inégalités. Il y a absence de données officielles sur les racines de ces inégalités.

A contrario, à poste et expérience égale, le salaire doit être égal ; en l’absence d’égalité, la justification n’est alors pas économique mais culturelle. Malgré le fait que depuis une décennie, deux lois et un décret aient été édités, débattre de ce sujet revient à remplir le tonneau des Danaïdes, plus on en parle moins les effets sont perceptibles. C’est un sujet sans cesse remis sur le devant de la scène, mais dont la méthode de résorption n’est pas encore trouvée et si elle avait été législative voire punitive, les effets auraient été perceptibles.

Jean-François Amadieu : Les chiffres de l'étude de la fondation Concorde sont très éloignés de la réalité ; ils noircissent les choses. Or, si l'on veut lutter efficacement contre les discriminations dont les femmes sont victimes, il est contre-productif de tordre les faits. Dans le cas présent c'est d'autant plus curieux que l'objectif était de développer une savante analyse économique : des milliards sont à gagner et à portée de main !

S'agissant des écarts de salaires d'abord,  La fondation avance dans son communiqué de presse  et pour frapper les esprits, je cite, "les femmes gagnent en moyenne 26,3% de moins que les hommes, à compétence et travail égal". A la lecture de l'étude, on apprend finalement que ce chiffre choc concernerait seulement les cadres (pour les employés ce serait moins). Le hic c'est que les auteurs se sont limités à lire un article de l'observatoire des inégalités sans reprendre convenablement les chiffres ou même les comprendre (Les données de départ étaient  issus des travaux de l'INSEE et de la Dares). On peut ainsi  lire dans l'étude de la fondation Concorde ce type d'explication :  "Les hommes perçoivent donc, en moyenne et en équivalent temps plein, un salaire supérieur de 19 % à celui des femmes. Formulé différemment, les femmes touchent en moyenne 81 % du salaire des hommes (1934 divisé par 2389), ou ont un salaire net inférieur de 19 %".

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Raymond75 - 02/11/2017 - 11:56 - Signaler un abus Moyennes trop globalisantes

    Quand on parle DES femmes en moyenne, on considère les femmes de 18 à 65 ans ; hors les femmes ne font des études réellement qualifiantes dans des métiers porteurs que depuis une trentaine d'années, il n'y a donc des femmes cadre que depuis une vingtaine d'années, et cadre de direction que depuis peu. Il faudrait faire de moyennes par tranches d'âge, plus représentatif du niveau de qualification. Pour les jeunes femmes de moins de trente ans, cet écart de salaire est plus faible, à condition qu'elles travaillent pendant la même durée que les hommes ; mais beaucoup de jeunes femmes choisissent le temps partiel pour être plus disponibles auprès de leurs enfants le mercredi.

  • Par Anouman - 02/11/2017 - 13:13 - Signaler un abus Compétence et travail égal

    Comment sait-on que la compétence et le travail sont égaux sans descendre dans le détail? Est-on certain que tous les hommes à compétence et travail égal ont le même salaire? Ces statistiques ne sont que du vent.

  • Par jurgio - 02/11/2017 - 18:20 - Signaler un abus On aime sonner le tocsin de l'inégalité.

    Mais où est le problème du moment que l'inégalité découle du caractère de la nature humaine ? Mais il y a une exploitation possible pour les envieux et les timorés.

  • Par vangog - 02/11/2017 - 22:05 - Signaler un abus Entre blancs et noirs aussi, il y a des différences de salaires

    Un bon égalitarisme à la soviétique résoudrait tout ça...

  • Par moneo - 06/11/2017 - 15:51 - Signaler un abus A part l'Administration...

    ou l'avancement se fait à l'ancienneté , si vous êtes patron et que vous avez 2 candidats potentiels (H/F) qui vous semble équivalents à priori allez vous mettre la question suivante sous le tapis ,elle a Trente ans et pas d 'enfant donc à priori dans les 5 ans qui viennent, elle va faire un enfant et mon entreprise que devient elle à ce moment là qui va l'a remplacer ? mauvaise question? ou question irrecevable pour cause égalitarisme forcené ?

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-François Amadieu

Jean-François Amadieu est sociologue, spécialiste des déterminants physiques de la sélection sociale. Directeur de l'Observatoire de la Discrimination, il est l'auteur de Le Poids des apparences. Beauté, amour et gloire (Odile Jacob, 2002), DRH le livre noir, (éditions du Seuil, janvier 2013) et Odile Jacob, La société du paraitre -les beaux, le jeunes et les autres (septembre 2016, Odile Jacob).

Voir la bio en entier

Erwann Tison

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€