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Ces alcooliques qui parviennent à faire illusion... Comment les détecter, comment les aider

Le scandale impliquant Jean-Vincent Placé a rappelé à la France les ravages d'un alcoolisme invisible. Le président de l'Union des démocrates et des écologistes (UDE) a reconnu souffrir de cette maladie et assure désormais vouloir se soigner.

Vaincre sa maladie

Publié le

Combien de personnes sont concernées par un alcoolisme "caché" ? Pourquoi certains vont être capables d'entretenir une vie de famille, une vie professionnelle, etc. tout en étant alcoolique?

Nous ne disposons pas de données scientifiques sur ce type de population, car il ne s'agit pas d'une catégorie identifiée.

Comment savoir si on est soi-même concerné par l'alcoolisme ?

Il n'y a pas de gradation. Il y a aujourd'hui, dans les classifications internationales de l'alcoolisme, une série de trois critères : la perte de contrôle, la fixité des consommations et l'existence de dommages.

Quand on a une perte de contrôle, c'est que l'on boit plus que ne l'avait prévu. La fixité implique que l'on est obligé de boire régulièrement. Et les dommages se manifestent dans tous les champs : médicaux, professionnels, relationnels.

La société semble juger essentiellement les mauvais comportements résultants de l'alcoolisme (violences, etc.) mais pas nécessairement l'alcoolisme en lui-même. Comment expliquer cela ? S'agit-il là d'un des principaux freins à la régression de l'alcoolisme ?

C'est une certitude : la lutte contre l'alcoolisme n'est pas une priorité, évidemment par rapport à notre ambivalence de pays latin producteur de vin ; et aussi par une culture française où la consommation d'alcool est obligatoire. Je m'explique : vous avez moins à vous justifier de sortir d'un dîner un peu éméché que d'en sortir sans avoir bu un verre d'alcool. Aujourd'hui, la non-consommation est considérée comme un symptôme et doit être justifiée.

En France, où l'alcool (et notamment le vin) est profondément inscrit dans les mœurs - tout comme l'idée du "bien boire" -, que fait l'État pour lutter contre l'alcoolisme ? Jusqu'où pourrait-il aller sans se heurter à une opposition radicale de la population ?

Je pense que le sujet, c'est quand même la publicité. Selon moi, il y a d'énormes enjeux financiers du côté des alcooliers, qui doivent vendre leurs produits et qui, implicitement ou explicitement, font beaucoup de publicité. Il faut quand même être vigilant vis-à-vis de cela. Et c'est pour ça qu'en tant que président d'honneur de la société française d'alcoologie, en tant que professeur d'addictologie, je défends beaucoup la loi Evin - qui limite et encadre l'incitation publicitaire à boire -, qui, je trouve, est une très bonne chose. Donc, n'attendons pas de l'État des miracles, attendons déjà qu'il ne détricote pas ce message de vigilance vis-à-vis des intérêts commerciaux considérables des alcooliers.

Je pense que sur un phénomène aussi grave que l'alcoolisme, qui concerne un tiers des hospitalisations, qui concerne un tiers des cas de mortalités précoces, l'État devrait donner un chiffre précis des conséquences sanitaires. Pour qu'on sorte du débat d'opinion, il faudrait qu'on ait des faits. Imaginez une autre maladie aussi lourde en termes de santé publique, où l'on dirait : "On ne sait pas trop combien il y a de morts". Qui accepterait cela ? Donc, selon moi, avant toute grande idéologie, il faudrait qu'on ait une analyse objective et épidémiologique du phénomène.

 
Commentaires

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  • Par Citoyen-libre - 15/04/2018 - 14:04 - Signaler un abus Oh la la

    Placé ça toujours été un opportuniste, comme bien d'autres la Duflot, et même Hulot, et les écolos en général. Il n' a jamais été brillant, ni constructif. Mais bon, il s'est bourré la gueule, on va pas en faire tout un fromage ! Décidément tout est prétexte pour emmerder le monde.

  • Par MIMINE 95 - 15/04/2018 - 15:42 - Signaler un abus que de docteurs Purgon au chevet du malade Placé

    le p'tit jeune du FN "bourré comme un coing"à l'entrée d'une boite de nuit n'aura pas eu droit à toute cette sollicitude médicalo - explicative !!!! Placé n'était pas en état d'alcoolémie festive non non! , le pauvre, faut comprendre, il est "malade" de.... l'alcoolisme, donc en réalité, ce n'était pas lui qui insultait les manants, c'était son incontrôlable double maléfique, "cé po pareil".

  • Par assougoudrel - 15/04/2018 - 16:21 - Signaler un abus Placé avait trouvé un excellent bar

    au sénat et il en a tellement profité, qu'il s'est transformé en camion-citerne. J'espère qu'il sera "saké"!

  • Par pale rider - 16/04/2018 - 08:32 - Signaler un abus Oui c'est tres amusant d observer le décalage de traitement

    médiatique entre le tabac et l'alcool.... le tabac est diabolisé alors que les conséquences de son abus sont bien moindres socialement que l'abus d'alcool.... mais voilà la France a moins de producteurs de tabac

  • Par moneo - 16/04/2018 - 09:21 - Signaler un abus la solution?

    légaliser toutes les drogues parait il.... l'articles est un peu court...ce n'est pas seulement un problème de comportemenst incontrôlable c'est aussi une prédisposition génétique.....je suppose qu'un jour on saura déterminer quelles combinaisons génétique favorisent ces comportements addictifs et comme y remédier ..pour l'instant le seul vrai remède pour les personnes dépendantes c'est boire de l'eau à Vie... Pas facile dans un pays qui admire le bon buveur

  • Par kelenborn - 16/04/2018 - 17:20 - Signaler un abus Ah Lejoyeux

    Un collègue, maire , me racontait que les pompiers volontaires appelaient le médecin "Coupe la soif " parce qu'il passait son temps à les emmerder, comme si les flics c'était déjà pas suffisant!!! Alors la , Atlantico fait mieux! Il appelle à la rescousse un mec qui s'appelle Lejoyeux et qui va faire se marrer dans les rares moments drôles qui restent au Frenchbabwé en payant sa tournée d'Evian !!!! Non mais , pourquoi pas demander à Jacquet de pondre un article sur la pipe ou le 69 ? Rien ne va plus!!! Je crois que je vais m'en aller !!! c'est l'overdose! Ah ...je suis sûr que quand je serai plus là , vous allez noyer votre chagrin dans l'alcool!!! Allez Lejoyeux , si tu bois pas, pete un coup , t'es tout pâle!

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Michel Lejoyeux

Michel Lejoyeux est professeur de psychiatrie et d’addictologie à l'université Denis Diderot. Il y enseigne aussi la psychologie médicale et coordonne le Diplôme d’études spécialisé en addictologie. Il est chef de service de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Bichat et de Maison Blanche. Michel Lejoyeux est Président d’honneur de la Société Française d’Alcoologie et président en titre du Syndicat des Médecins des hôpitaux de Paris. Il a écrit aux Editions Plon est Réveillez vos désirs et Tout déprimé est un bien portant qui s'ignore aux Editions Jean-Claude Lattès. 

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