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Catastrophe de Charm-el-Cheikh (148 morts le 3 janvier 2004) : non-lieu requis par le Parquet de Bobigny

Le Parquet de Bobigny estime que les pilotes du Boeing 737 qui s’est écrasé trois minutes après son décollage sont responsables « de nombreux manquements et de calculs approximatifs » Quant à la compagnie Flash Air lines, elle a employé un équipage « dont la compétence réelle était sujette à caution ». Mais les pilotes étant morts dans le crash, la justice a constaté l'extinction de l'action publique.

INFO ATLANTICO

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Dépêchés sur place, les experts judiciaires (cour de cassation, centre d’essais de Brétigny,etc..) concluent que l’accident  «  était probablement dû à un problème de pilotage dont la cause essentielle serait la désorientation spatiale dont aurait été victime le pilote. »   Et les experts de souligner « qu’en dépit des anomalies graves constatées,  l’accident n’était pas dû  à un problème de maintenance de l’appareil et  que tout au long du vol, y compris lors de sa chute à grande vitesse, le Boeing était resté pilotable. »  L’Association de défense des familles de la catastrophe de Charm-El Cheikh, demande le 18 avril 2004, une expertise complémentaire, portant essentiellement sur les aspects d’ingénierie avionnique.

Finalement, le ministère égyptien de l’aviation civile rendait ses conclusions :  défaillance de l’ensemble de sensation artificielle et de compensation, blocage temporaire du câble de voilure, blocage temporaire du volant de pilotage du copilote.  Survenaient ensuite toute une série de prélèvements  sur les victimes pour relever leur ADN notamment et les identifier. Une épreuve particulièrement douloureuse pour les familles. D’autant que la COMEX remontait à la surface  plus d’une centaine d’objets , de bagages,  et effets personnels appartenant aux passagers et aux membres de l’équipage.  ( sacs, portefeuilles, montres, téléphones portables etc…)

Si au cours de l’enquête, les regards se portaient vers les pilotes ayant pu commettre une faute, la Brigade criminelle ne pouvait d’emblée éliminer d’autres causes.  Une intervention  militaires due à la présence du président Hosni Moubarak  à Chjarm-el-Cheikh  aux côtés de Tony Blair ? Hypothèse écartée. Personne en effet ne savait que les deux hommes séjournaient là-bas.  Un attentat, un sabotage ? Certes, il y eut dès le 6 janvier une revendication émanant du mouvement Ansar El Haq, rattaché à  au groupe Al Quaida. La thèse sera vite écartée…  Aussi après de longs mois d’investigations, de rapports d’experts, et d’enquêtes  sur la formation et les compétences des deux pilotes, la justice s’orientera vers une mise en cause du commandant de bord Khedr Abdallah Saad et son copilote.  Le réquisitoire du Parquet de Bobigny souligne même que l’administration égyptienne, « malgré les insuffisances  décelées chez Khedr Abdallah Saad » ne s’était pas opposée à ce qu’il soit  employé comme commandant de bord.  A  la page 114, vient la conclusion : «  Les pilotes n’ont pas commis  de violation délibérée  d’une obligation particulière de prudence  ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement  pas plus qu’ils ont commis  une faute caractérisée  ayant exposé autrui  ç un risque d’une particulière gravité qui n’a pu être ignorée »… Affirmation tout de même nettement tempérée : « Mais ils sont responsables de nombreux manquements, de calculs approximatifs, d’analyses sommaires.  Ils ont passé  des étapes de vérification, se sont trompés dans la gestion d’information et ont pris de mauvaise décisions. Ils n’ont pas eu les bons réflexes »  Enfin, abordant la responsabilité morale  de Flash Airlines,  le réquisitoire est sans appel : «  Il résulte que plusieurs catégories de  manquements ont été mise en évidence, notamment une maintenance approximative, l’emploi d’un équipage  dont la compétence réelle est sujette à caution, un rythme de travail exposant les pilotes à la fatigue »…

 
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Gilles Gaetner

Gilles Gaetner est journaliste d'investigation chez Atlantico. Il a été journaliste aux Echos, à la Vie française, au Point et de 1986 à 2009, rédacteur en chef adjoint à L'Express, chargé de l'investigation.

Il est l'auteur de La République des copains (Flammarion, 2005), Réglements de comptes pour l'Elysée - La Manipulation Clearstream dévoilée (Oh! Editions, 2006, avec Jean-Marie Pontaut),  La République des imposteurs (L'Archipel Editions, 2014) et Les journalistes ne devraient pas dire ça (L'Artileur, 2017).

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