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Les capitaux y font leur grand retour mais l’Europe du sud est-elle sortie d’affaire ?

Les capitaux reviennent en Espagne, en Grèce, au Portugal et en Italie. Cela signe-t-il la fin de la crise de la zone euro ?

Méditerranée aux îles d'or ensoleillées

Publié le

Atlantico : Selon les chiffres publiés par le journal britannique Financial Times, l'Espagne, la Grèce, le Portugal et l'Italie ont totalisé près de 93 milliards d’euros d’investissements nets durant les quatre derniers mois de 2012, selon des informations publiées par ING, alors que 406 milliards d’euros ont quitté ces pays les huit premiers mois de cette même année 2012, soit près de 20% de leur PIB cumulé, d’après des chiffres publiés. Les pays du Club Med, comme on les appelle, ont-ils réussi à faire revenir la confiance des investisseurs ?

Paul Goldschmidt : Il faut voir exactement ce que recouvrent ces chiffres, mais ils démontrent une bonne nouvelle : il y a un retour de dépôts dans les banques.

Ces derniers avaient fui ces quatre pays dans les mois qui précédaient, et cette fuite a été inversée. Plutôt que de parler d'investissement, (qui incluent une perspective à long terme), il faut parler de rapatriement de liquidités placées à l'étranger, au moment où la crise était à son comble. A ce moment-là, les gens voulaient diversifier leurs risques car ils avaient peur d'une implosion de l'euro.

Il est donc important de souligner qu'il faut prendre le mot "investissement" avec des pincettes. Il ne fait aucun doute que les marchés sont aujourd'hui calmés, notamment par les interventions musclées de la BCE, mais aussi par les décisions prises lors du Sommet européen en juin dernier. Il y a eu une prise de conscience des politiciens de la zone euro de la nécessité de faire des réformes profondes et, cela a abouti à l'annonce de la mise en place de l'union bancaire.

Depuis lors, deux choses se sont passées : il y a eu une accalmie, suite aux effets d'annonce de la Banque centrale européenne, ainsi qu'une reprise économique notamment aux Etats Unis, où  beaucoup de facteurs sont venus calmer le jeu. Cependant, tout cela a un effet négatif puisqu'une fois de plus les Européens voyant les choses se calmer semblent ne plus se presser du tout pour mettre en œuvre les décisions dont ils avaient parlé au mois de juin dernier.

Maintenant il s'agit de mettre en œuvre l'union bancaire, ce qui apparaît comme beaucoup plus compliqué que prévu. Or, cette union prévoit trois piliers. La centralisation au niveau de la zone euro de la supervision confiée à la BCE. Au niveau de la mutualisation des garanties des dépôts entre pays de la zone euro,  on en est absolument nulle part.  En matière d'eurobonds ou en matière de garantie des dépôts, la position de l'Allemagne est : chacun pour soi tant que nous n'aurons pas des transferts de souveraineté importante, ainsi qu'une discipline collective mise en place. A l'inverse, La France est absolument opposée à ce transfert de souveraineté. On en est donc au stade des belles paroles.

On avait déjà une ébauche de l'établissement d'un régime de liquidation pour banques en difficulté, mais aucun accord n'a été trouvé sur les modalités, et les progrès sont lents.

L'union bancaire est un point essentiel pour assurer la pérennité de la zone euro. Le volet supervision qui était censé être le plus facile ne sera effectif qu'au printemps 2014 au plus tôt. Entre temps, il pourrait y avoir toutes sortes de problèmes. De plus, il y a certaines contradictions : certains pays ont déjà fait valoir qu'ils étaient contre certains aspects. Enfin, il n'y a aucun accord sur la structure même du projet et ce qu'il va recouvrir.

 
Commentaires

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  • Par Equilibre - 31/01/2013 - 10:15 - Signaler un abus Pour les spreads...

    Même à 5, entre l'inflation et la croassance, cela me semble toujours 5 de trop... Cette UE et cette monnaie ne peuvent pas marcher.

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Paul Goldschmidt

Paul Goldschmit est membre de l'Advisory Board de l'Institut Thomas More,

Il a également été directeur du service "Opérations Financières" au sein de la Direction Générale "Affaires Économiques et Financières" de la Commission Européenne.

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