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Cancer : les traitements alternatifs peuvent être efficaces, c’est prouvé scientifiquement mais à une condition indépassable :

Ils doivent être des traitements complémentaires.

Non négociable

Publié le - Mis à jour le 4 Janvier 2018

Souvent dénigrés, quelle est la place, aujourd'hui, des traitements alternatifs? Quelle utilisation peut-on en faire? A l'inverse, à partir de quel point ces derniers peuvent-ils devenir dangereux? Lesquels sont indiqués pour accompagner une thérapie, et lesquels ne le sont pas?

Les patients qui choisissent de ne pas recourir aux traitements conventionnels du cancer prennent le risque de diminuer leur espérance de vie.

C’est donc un choix qui ne peut être recommandé par un médecin. Ceci a particulièrement été documenté pour le cancer du sein et de l’intestin. Il s’agit des études emblématiques des thérapies adjuvantes de la chirurgie (chimiothérapie et radiothérapie) depuis 1958, les travaux de Bernard Fisher (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10711239) et du NSABP (http://www.nsabp.pitt.edu/NSABP_Timeline.pdf). On réalise le chemin parcouru en se plongeant dans l’ancien article écrit par De Vita sur la chimiothérapie (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/162854). Il soulignait déjà combien les premiers résultats étaient prometteurs mais aussi limités dans certains types de cancer.
Pour autant il faut bien sûr tenir compte de l’avancée de la maladie et des résultats de ces traitements dans le type de cancer en question. Certains cancers à un stade avancé (poumon, pancréas, foie, rein) ne sont pas guérissables et la survie est faible même avec les moyens les plus récents. Il faut donc discuter très franchement avec le patient au sujet des résultats escomptés des traitements avant de s’engager dans un mode thérapeutique.

Chez ces patients très fragilisés par les traitements efficaces car ils sont agressifs (chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie) les médecines alternatives peuvent aider à traiter les conséquences des traitements conventionnels. Aider le patient sur le plan psychologique ou bien renforcer son organisme, son immunité ou tout autre fonction. Il s’agit de l’acupuncture, de l’homéopathie, de l’hypnose, de la phytothérapie de l’ostéopathie, de la mésothérapie sans que cette énumération soit exhaustive.  Dans cette perspective le seul risque d’un traitement complémentaire est la possibilité d’interférence avec le plan thérapeutique par exemple la chimiothérapie. Ce risque est très faible avec les traitements connus car ils font l’objet d’une autorisation de mise sur le marché quand à leur innocuité (cas de l’homéopathie, de l’acupuncture). Pour les autres le risque existe car on peut ignorer la composition de certains suppléments nutritionnels en particulier la présence de principes actifs sous la forme d’extraits de plantes qui interfèrent avec les fonctions hépatiques ou rénales soumises à dure épreuve par les molécules de chimiothérapie.

En clair le patient qui avale trois granules d’arnica, ou bien qui a décidé de ne cuire ses aliments qu’à la vapeur ou bien d’aller à des séances de Reiki ne prend aucun risque à moins de décider d’abandonner les traitements conventionnels si ceux ci dans son cas permettent de guérir ou d’allonger la vie. En revanche prendre sans avis documenté des suppléments nutritionnels, des extraits de plantes, des hormones peut augmenter le risque de complications ou détériorer le pronostic.

 
Commentaires

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  • Par kelenborn - 03/01/2018 - 17:43 - Signaler un abus Oui

    Très bien: les stats sont, en elles mêmes suffisamment éloquentes! il n'était pas besoin ensuite d'expliquer en 5 pages que pour un cancéreux soigné de manière conventionnelle il n'était pas dangereux d'avaler à côté une potion préparée par Hogatha la sorcière à base de chabichou fabriqué par Pictafesse Royal (et uniquement celui là SVP -avec une tête de phoque su le couvercle)! Bon pour le reste, on sent la main de Dieu et de Gaia ! ceux qui prennent des machins alternatifs sont des écolos qui devraient être ravis d'être plus rapidement transformés en compost pour le plus grand bien de nos jardins et de nos cervelles! Juste un truc: Pellouze!! un moment j'ai cru que c'était Patrice Pelloux qui venait faire sa pub suivi de Bouffemerde TV OUF!

  • Par Dr Guy-André Pelouze - 08/01/2018 - 09:53 - Signaler un abus Les stats ne disent pas tout

    Je ne peux que conseiller aux lecteurs d’aller au-delà du tableau des statistiques. Pourquoi ? Premièrement parce que ces statistiques sont des moyennes de survie de patients atteints d’un cancer particulier sans métastases. Il faut donc envisager qu’elles ne reflètent pas par exemple ce qui se passe pour certaines formes de cancer très peu invasif ou au contraire des cancers avec métastases. Deuxièmement parce que les traitements complémentaires quels qu’ils soient ne sont pas tous bénins . Il faut regarder en détail et discuter précisément de toute intervention thérapeutique en particulier celles qui sont mentionnées et qui peuvent interférer avec la cellule cancéreuse ou certains organes clés du métabolisme humain. C’est un exemple typique d’une approche de la complexité. Il ne peut y avoir de pensée simpliste en médecine. Trop souvent la presse pousse les auteurs à réduire le format au détriment de la complexité. D’une manière générale c’est un des avantages des articles publiés par Atlantico.

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Guy-André Pelouze

Guy-André Pelouze est chirurgien à Perpignan.

Passionné par les avancées extraordinaires de sa spécialité depuis un demi siècle, il est resté très attentif aux conditions d'exercice et à l'évolution du système qui conditionnent la qualité des soins.

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