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Cachez-moi ces revers que je ne saurais voir (parce qu'il n'y a pas que La REM)

Emmanuel Macron a enregistré un premier revers hier lors des élections sénatoriales. Le jeune parti La République En Marche ne voit qu'une trentaine de sénateurs investis. La droite reste en position de force.

Première déroute électorale

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Cachez-moi ces revers que je ne saurais voir (parce qu'il n'y a pas que La REM)

La République en Marche marque le pas avec ce premier revers Crédit Dimitar DILKOFF / AFP

Les grands électeurs désignés par les conseils municipaux, départementaux et régionaux ont étaient appelés à élire 170 sénateurs, ceux des départements allant de l'Indre et Loire aux Pyrénées Orientales, ainsi que des départements de Paris et l'Ile de France, des départements d'Outre-Mer et les Français de l'Etranger. Reflet des municipales de 2014, ce scrutin a été marqué par une poussée de la droite et du Centre. Les groupe LR et UDI sortent  renforcés de la consultation. Le groupe socialiste perd des élus, mais n'enregistre pas la bérézina annoncée un temps.

Le groupe communiste que certains croyaient voués à la disparition est en mesure de maintenir avec plus de dix membres. Quant à La République En Marche,  que ses dirigeants voyaient déjà devenir le deuxième groupe de la Haute Assemblée, elle devra se contenter d'un score très moyen (moins de trente membres). Et la constitution d'un  groupe "constructif" au Sénat est loin d'être acquise .

Sur le plan politique chacun y trouve (presque) son compte. Le président du groupe LR (qui sort assurément renforcé de ce scrutin), Bruno Retailleau a ironisé sur "la lune de miel entre Emmanuel Macron et  les Français  qui est terminée" et parlé d'un " échec pour En Marche". Le patron du groupe socialiste Didier Guillaume pouvait se féliciter de la bonne résistance du PS qui totalisera entre 72 et 78 membres, (il en avait 86 auparavant), alors que  les troupes socialistes sont dix fois moins nombreuses que dans la précédente législature à l'Assemblée . Le parti du Président a publié un communiqué pas très obligeant pour les grands électeurs qui n'auraient "pas encore acté le dépassement des clivages que les Français ont déjà opéré dans les urnes à l’occasion des élections présidentielles et législatives". François Patriat, le président du groupe sénatorial LREM s'est rassuré en déclarant : "Nous partions d'une page blanche. La vraie élection ce sera en 2020, après les municipales". Mais alors, "il ne fallait pas  se voir en haut de l'affiche " ; les commentateurs et les  politiques n'ont été que trop heureux de souligner le revers du parti présidentiel, même s'il est relatif , compte tenu des coups infligés aux collectivités locales depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. De même insiste-t-on à l'excès sur l'impossibilité pour Emmanuel Macron d'avoir une majorité de trois cinquièmes pour faire passer ses réformes constitutionnelles. Quand bien même l'objectif de 50 sénateurs LREM eut été atteint, la question de la majorité des trois cinquièmes n'était pas résolue pour autant car il faut 555 voix (sénat et assemblée réunis) pour adopter une réforme constitutionnelle. Or LRM n'a que 308 députés. Et chacun sait qu'une telle réforme se négocie. Celle-ci ou d'autres, Le président  sortant, et candidat à sa réélection Gérard Larcher s'est chargé de le rappeler en déclarant que le Sénat a une double mission : être le garant de l'équilibre des territoires et de l'équilibre des pouvoirs".

 
Commentaires

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  • Par Piwai - 25/09/2017 - 19:21 - Signaler un abus ba tiens...

    La distribution des "rentes" senatoriales est une affaires de politiciens et ce negocie longtemps a l'avance avec la distribution des places de grands electeurs... En Marche etait bcp trop récent pour avoir une chance de peser face a ce marché de dupe, aussi lamentable que les licences de taxi. Les chinois disent " le poisson pourri par la tête..." LARcher est l'archétype du dinausore, du "boulet" immuable qui jamais ne toucherait de lui-même au trone gothique qu'il occupe: il est plus que grand temps de reformer nos institutions et de se debarasser du senat dans sa forme actuelle. La France doit cesser de vivre dans un musée de fossiles intellectuels si elle soient pouvoir aller de l'avant sans une nouvelle revolution...

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Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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