Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 17 Septembre 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

Le business français de la guerre : quelles entreprises, combien d'emplois ?

Le chiffre d’affaires de l’industrie d’armement française est estimé à 17,5 milliards d’euros, ce qui fait d'elle un contributeur net positif à la balance des paiements française.

Aux armes citoyens !

Publié le

Atlantico : Tous les Français connaissent les mythiques FAMAS, les mirages ou les rafales, fleurons de l'industrie Française de l'armement. Quelles sont aujourd’hui les grandes entreprises françaises qui font cette industrie et avec quel genre d’armement ?

Robert Ranquet : Aujourd’hui, l’industrie de défense française couvre tout le spectre des armements : industrie aéronautique avec EADS, Dassault Aviation, SAFRAN/SNECMA ; terrestre, avec NEXTER ou PANHARD ; naval avec DNCS ; électronique avec THALES, DASSAULT Systems ou SAFRAN/SAGEM ; missiles avec MBDA ; espace avec EADS/ASTRIUM.

Certaines de ces entreprises sont de grands groupes multinationaux de taille européenne, voire mondiale, comme EADS ou THALES.


Beaucoup sont duales, c’est-à-dire qu’elles produisent aussi bien des grands systèmes d’armes que des produits civils. Par exemple, EADS c’est à la fois AIRBUS, mais aussi l’avion de transport militaire Airbus A400M ou l’Eurofighter. Dassault, c’est l’avion de combat Rafale mais aussi les avions d’affaire Falcon. D’autres, comme DCNS ou NEXTER sont très majoritairement françaises et à activité presqu’exclusivement militaires.

Quel est le chiffre d’affaire de l’industrie française de l’armement ? Quels en sont les principaux clients français et étrangers ?

Le chiffre d’affaires de l’industrie d’armement française est estimé à 17,5 milliards d’euros, dont environ 30% à l’exportation. Le secteur de l’armement est un contributeur net positif à la balance des paiements française.

Les clients sont presqu’exclusivement des Etats, soit leurs ministères de la défense ou leurs forces armées, soit, de plus en plus, les forces de sécurité (ministère de l’intérieur, police, …). En France, il y a un client étatique principal qui est la Direction générale de l’armement, qui achète les équipements pour le compte des armées. A l’étranger, les clients varient selon les années. Sur une période de 10  ans, le classement des 5 premiers clients s’établit ainsi : Arabie Saoudite, Brésil, Inde, Emirats Arabes Unis et Etats-Unis.  Selon les années, l’industrie française est au 3e ou 4e rang mondial des exportateurs, loin derrière les Etats-Unis et la Russie, à jeu à peu près égal avec la Grande-Bretagne. Le ministre de la défense rend compte chaque année au Parlement des évolutions de ce marché d’exportation.

Combien de personnes emploie-t-elle et quel type d’emplois ?

Le nombre d’emplois dans l’industrie de défense est estimé en France à 165 000 personnes (emplois directs) et sans doute autant en emplois indirects. Il dépend bien sûr pour une bonne part des fluctuations du budget voté par le Parlement. Environ un tiers de ces emplois est lié aux exportations. Cette industrie est généralement une industrie de haute technologie à forte valeur ajoutée, dont les emplois sont peu délocalisables. La répartition entre ingénieurs/techniciens/ouvriers y est la même que dans les autres industries de haute technologie.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par zelectron - 31/01/2013 - 09:40 - Signaler un abus petite piqure de rappel

    Mitterrand en juin 1981 en désarmant les avions nous a fait perdre 8 milliard de francs (commandes annulées) et toutes celles des années suivantes. La façon de gouverner du gouvernement actuel ne présage rien de bon y compris dans ce secteur qui exige des moyen à la hauteur de nos ambitions; en conservant son armée de fonctionnaires suceur de sang du peuple (hormis enseignants, hospitaliers, défense) rien ne s'annonce de bon dans ce sens.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Robert Ranquet

Robert Ranquet est ingénieur général de l’armement.

Il est directeur adjoint de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€