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Bruno Le Maire à la tête de l’Eurogroupe ? Ce que la France a à gagner si elle parvient à obtenir les nominations clés souhaitées par Emmanuel Macron

Selon les informations publiées par le Financial Times, l’exécutif français serait passé à l'offensive pour obtenir des nominations à des postes clés au sein des institutions européennes.

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Bruno Le Maire à la tête de l’Eurogroupe ? Ce que la France a à gagner si elle parvient à obtenir les nominations clés souhaitées par Emmanuel Macron

Atlantico : Bruno Le Maire serait soutenu par Paris pour prendre la tête de l'Eurogroupe, mais la France lorgnerait également sur la présidence du groupe de travail Europrgoupe, un poste que pourrait occuper Odile Renaud-Basso, actuelle directrice du Trésor. D'autres postes seraient envisagés à plus longue échéance. Quelles sont les chances de la France d'obtenir satisfaction, aussi bien pour ces nominations que pour celles à venir, notamment à la BCE ? 

Christophe Bouillaud : Les chances sont médiocres dans la mesure où la France s’est distinguée, depuis 2005 au moins, par son absence de visée européenne bien claire. Certes, le Président Macron veut rompre avec cet attentisme et cette absence de visée stratégique autre que le sauvetage de l’Union européenne, mais il ne peut changer d’un coup une image construite depuis près d’une quinzaine d’années. Cependant, si l’on regarde l’ensemble des postes dirigeants de l’UE actuelle, on sent bien que la sous-représentation de la France- en dehors de l’obligation d’avoir un Commissaire européen – n’est guère tenable à terme, et cela d’autant plus qu’avec le départ du Royaume-Uni le poids relatif de la France dans l’ensemble ne peut qu’augmenter à proportion. 

 

Quels seraient les bénéfices pour Paris d'obtenir de tels postes ?

Dans quelle mesure la France est elle sous représentée actuellement par rapport à son "rang" européen ?

Il faut bien distinguer le fait d’avoir obtenu un poste et le fait d’en faire ensuite un bon usage pour l’Union européenne et pour son propre pays. Le passage de Madame Ashton à la tête de la diplomatie européenne restera ainsi le bon exemple d’un pays qui a obtenu un poste pour l’un des siens à son propre détriment et à celui de l’Union européenne. On serait de même bien en peine de décrire en quoi le statut de Commissaire européen aux affaires économiques de Pierre Moscovici avantage en quoi que ce soit la France et encore moins l’Union européenne. Il ne suffit pas d’obtenir un poste, encore faut-il avoir le caractère, l’entregent et les idées claires pour l’occuper. Mario Draghi serait à l’inverse l’exemple de celui qui, pour le temps présent, a sublimé son poste. Javier Solana quand il était responsable des affaires étrangères fut aussi un homme qui sut faire plus avec moins.

Autrement dit, ce n’est pas tant le fait que la France n’occupe effectivement aucun poste important actuellement que le fait que les derniers exploits de grands politiques ou commis de l’Etat venus de France commencent à dater sérieusement. Jacques Delors a quitté les affaires depuis un moment – 1995 pour le rappeler à vos lecteurs. Pour l’instant, les seuls de nos concitoyens qui comptent au plus haut niveau, ce sont Benoit Coeuré, l’un des membres de la tour de contrôle de la BCE, et Michel Barnier, qui est en charge de négocier le Brexit au nom de l’Union européenne.  

 
Commentaires

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  • Par l'enclume - 09/08/2017 - 10:44 - Signaler un abus Que d'eau, que d'eau

    Les traîtres sont insubmersibles et refond toujours surface.

  • Par Lou Coume - 09/08/2017 - 15:23 - Signaler un abus Mario Draghi a sauvé l'EURO

    Mario Draghi a sauvé l'EURO et l'UE. Et pourtant, ne le disait-on pas, dans certains milieux,inféodé à Goldman&Sachs? D'autre part, si la France n'avait ,de manière continue, demandé des délais de grâce pour atteindre les 3% de déficit,elle aurait un peu plus de crédibilité.Qui a commencé à demander ces délais? Pierre Moscovici,aujourd'hui Commissaire Européen aux affaires économiques! Comme quoi,l'espoir d'obtenir l'un de ces postes,n'est pas écarté!

  • Par J'accuse - 10/08/2017 - 10:15 - Signaler un abus Les apparences tiennent lieu de réalité

    Un poste européen est censé être au service de l'Europe, pas du pays d'origine de celui qui l'occupe. Quand un pays domine par son économie, cette domination se concrétise pas des postes d'influence, mais on ne peut pas faire l'inverse: occuper des postes pour dominer. Ce n'est que pour faire croire à une force française inexistante, et ça ne peut être que très mal vu par les autres pays.

  • Par Atlante13 - 10/08/2017 - 19:32 - Signaler un abus De toute façon,

    la France n'a jamais envoyé à Bruxelles ou à Strasbourg, que de vieux chevaux de retour sans envergure. On y place tous ceux qui ont fini leur temps, ou ceux ayant fait preuve de leur incapacité, ou ceux qui pourraient gêner les puissants en place. On y a même recasé H.Desir! A Strasbourg, gtâce aux listes, on y place tous les copains du parti dans la dèche, histoire de se refaire une santé financière.

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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