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"Un bruit de balançoire" : Pas terrible, ce Bobin-là

Atlanti-culture

Publié le
"Un bruit de balançoire" : Pas terrible, ce Bobin-là

LIVRE

UN BRUIT DE  BALANCOIRE 

de Christian Bobin

Ed. L’iconoclaste

19.00 €

 

RECOMMANDATION

BOF !

THÈME

En une vingtaine de petits chapitres assimilés à des « lettres » dans la mesure où ils s’adressent à un interlocuteur privilégié (qui peut être un bol, un nuage ou un escalier), Bobin livre sa vision poétique d’un monde qui « prend le contrepied des tambours modernes : désenchantement, raillerie, nihilisme», et réalise  un hymne à l’écriture manuscrite, et à la calligraphie qui a le charme d'une « littérature méditative».

POINTS FORTS

 1 – La très belle maquette de l’Iconoclaste dont la couverture et les premières pages reproduisent le manuscrit de Bobin, celui-là même qu’il évoque d’entrée: « Je suivais le cortège funéraire de mon dernier manuscrit (…) mes mots ne donnaient qu’une lumière morte ».

 2 – L’hommage aux poètes  dans lesquels il se retrouve, à commencer par Ryōkan, « qui se cache derrière le feuillage de l’encre comme le coucou dans la forêt » :

Ryōkan, (1758-1831) moine et ermite, poète et calligraphe japonais, est l'une des grandes figures du bouddhisme zen. Au Japon, sa douceur et sa simplicité ont fait de lui un personnage légendaire sous le nom  de Taigu Ryōkan, « esprit simple au grand cœur », (ou littéralement « grand benêt bien gentil ») ; après une longue période d'errance solitaire à travers le Japon, il s'installe, à l'âge de 40 ans,  dans une petite cabane au toit de chaume. Un soir qu’il  a été dépouillé de ses maigres biens, il compose ce qui deviendra son haïku le plus connu : « Le voleur parti / n'a oublié qu'une chose  / la lune à la fenêtre. »

3 - Bobin évoque également quelques grandes figures de dissidents soviétiques: « Je connais bien la Russie, figurez-vous. J’y vais souvent la nuit écouter ses poètes assassinés » (p.42) :

Ossip Mandelstam (1891-1938) mort de faim et de froid pendant le voyage vers la Kolyma, est  sans doute le poète  le plus génial et le plus révolté de Russie ; il est encore largement méconnu du public français et ne sera reconnu internationalement que dans les années 1970, plus de trente ans après sa mort. « Viens t’asseoir à côté de moi me parler de ton homme. Un poète a le visage de celle qu’il aime. Te voir, c’est le voir » (Nadejda p. 54)

Marina Tsvetaïeva, poétesse russe, amie de Boris Pasternak, s’est pendue en 1941 quelques années après son retour en URSS.  « Ta dernière maison à Elabouga,  ses murs étaient en bois de naufrage »  (Marina p.24).

4 -  Des poètes et écrivains français de ses amis sont rappelés également :

 
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Isabelle de Larocque La Tour pour Culture-Tops

Isabelle de Larocque La Tour est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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