Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 24 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Brexit : Theresa May s’est invitée hier à Bruxelles pour implorer que l’Europe lui trouve une solution de sortie

A la surprise générale, Theresa May est arrivée hier à Bruxelles pour voir Jean-Claude Junker et Michel Barnier afin de trouver une solution de sortie pour le Brexit et pour elle...

Atlantico Business

Publié le
Brexit : Theresa May s’est invitée hier à Bruxelles pour implorer que l’Europe lui trouve une solution de sortie

On ne peut pas dire que Theresa May, la première ministre britannique, ait été bien reçue par le président de la Commission européenne et Michel Barnier, chargé de la négociation, mais son voyage surprise n’a trompé personne.

A quelques jours d’un sommet européen consacré au Brexit, Theresa May cherche une dernière fois à obtenir de ses ex-partenaires européens les conditions d’un divorce qui ne lui coûte pas trop cher.

Donc elle voudrait urgemment et principalement signer un accord commercial qui lui préserve l’accès au marché unique, et la possibilité de continuer à disposer du passeport Européen. Pour le reste, c’est à dire la libre circulation des populations, on verra plus tard dit-on à Londres.

Face à cette demande, la position des européens n’a pas changé d’un millimètre. Si la Grande Bretagne veut continuer de bénéficier des avantages de l’Union Européenne sans en avoir certaines contraintes, c’est non. Le beurre, l'argent du beurre et le libre choix de disposer de la crémière, ça marche dans les livres de littérature populaire mais pas dans la vraie vie. Donc qu’elle reste dans l’Union, ou alors qu‘elle en sorte et puisqu’elle a voté pour le Brexit, et après on négociera les accords commerciaux qui fixeront les modalités d’échange.

En fait, avant de commencer à discuter, Michel Barnier répète depuis le début, que toutes les négociations ne sont possibles qu'à trois conditions préalables.

Les questions que l’Union européenne souhaite régler sont :

1. Les droits des citoyens européens résidant au Royaume-Uni, tout comme les droits des britanniques qui résident dans l’UE. Quel visa, quels droits sociaux…

2. La question irlandaise qui sépare le Nord du Sud. Les anglais ne sont pas loin de réclamer une frontière opaque, ce qui reviendrait à ranimer les inimitiés entre les deux communautés catholiques et protestantes. 

3. Le montant de la facture que la Grande Bretagne devra payer à l’Union européenne pour solde de tout compte. Les européens ont fait des estimations qui situent le montant des obligations que Londres devra payer à l’UE; entre 60 et 100 milliards d’euros.

Pour les amis de Theresa May, les factures sont extravagantes, Londres serait prêt à s’engager à payer 35 milliards d‘euros à raison de 10 milliards par an et encore, le parti conservateur a accepté cette proposition du bout des lèvres.

Cela dit, pour les européens, il n'y aura pas le début d’une négociation tant que ces trois verrous ne seront pas levés.

Et depuis presque six mois, on est dans l’impasse. Theresa May n’a aucun mandat pour faire la moindre concession. Pour les européens, elle va donc dans le mur.

D’autant que sa situation politique intérieure est de plus en plus difficile à tenir. Les européens le savent et pensent qu’elle ne va pas tenir. Ils ne vont donc pas l’aider.

Son ministre des affaires étrangères, Boris Johnson, n‘hésite pas à contester publiquement les positions prises par Theresa May, à tel point qu‘elle considère qu'il a désormais dépassé les limites acceptables.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Ganesha - 17/10/2017 - 11:00 - Signaler un abus Apparatchiks

    Mr. Sylvestre ne va pas jusqu'au bout de son raisonnement ! Juncker et Barnier semblent vouloir un ''Brexit dur'', en poussant Mme May à la démission et en mettant Boris Johnson au pouvoir . Peut-être espèrent-ils faire peur aux autres peuples qui auraient des vélléités de liberté. Mais ces deux apparatchiks n'aboutiront qu'à l'explosion de leur système scélérat !

  • Par philippe de commynes - 17/10/2017 - 11:24 - Signaler un abus Encore trop doux ...

    Le royaume-uni et ses dépendances ( îles caïman, vierges , anglo-normandes, etc) constituent la grande lessiveuse de l'argent du crime organisé (ce n'est pas par hasard si les oligarques "russes" courent à Londres ). Et ce notamment grâce au système du trust ( vous êtes un parrain, vous pouvez placer votre pactole à jersey dans un trust au nom de votre femme de ménage, on ne pourra pas remonter jusqu'à vous). Que barnier pose un ultimatum à May, mettre fin à de tels systèmes, sinon les institutions financières opérant depuis la grande -bretagne ne pourront pas avoir accès au marché commun ...

  • Par Ganesha - 17/10/2017 - 11:38 - Signaler un abus Mr. de Commynes

    Vous plaisantez ? Avez-vous déjà observé que les quelques milliers de milliardaires qui dirigent notre planète, soient gênés par la moindre loi ? Toutes les règlementation sont justement voulues par l'oligarchie, dans l'unique but d'appauvrir le ''peuple'' !

  • Par kelenborn - 17/10/2017 - 13:10 - Signaler un abus J'aurais du deviner

    avec un pareil titre, ce ne pouvait être que l'incontinent Sylvestre!!! Pourquoi ne nous avoue-t-il pas le prochain: Juncker , pilotant un stuka et dirigeant la Luftwaffe se prépare à bombarder Londres et Churchill vient de sortir du cimetière pour implorer Theresa de céder!!! Combien de temps Atlantico va t-il ns imposer ce bouffon?

  • Par vangog - 17/10/2017 - 13:18 - Signaler un abus Theresa May est nulle. Elle n'a pas avancé d'un iota..

    alors qu'il fallait négocier oint par point...le premier point nécessité deux semaines à peine pour se mettre d'accord: que ce soit dans l'UE ou en GB, les résidents doivent conserver leurs droits sociaux, c'est clair, non? Pour l'Irlande, cette Région est parvenue à un compromis de paix qu'il faut préserver. La Suisse a-t-elle un mur physique entre elle et l'UE? Non! Aucune raison donc de dresser un mur physique en Irlande. Il faut des points de passage, comme en Suisse pour vérifier que l'UE n'envoie pas ses délinquants multi-recidivistes ni ses islamophiles en GB. La GB ayant conservé le libre accès au marché européen, comme la Suisse, n'aura donc pas de droits de douane à prélever, dans un sens comme dans l'autre...reste la question de l'argent. Bien-sur que les exigences europeistes sont démesurées, mais il faut réclamer un détail de quittance et négocier pied à pied: l'UE n'a rien offert en échange de ces dépenses folles, et elle doit.baisser le prix. Un compromis doit pouvoir se négocier vers les 70 milliards maxi, en sept annuités...Theresa May doit partir et être remplacée par un bon négociateur: un homme si possible (Wouah, Wouah), car il sera plusreactif et intransigeant

  • Par MIMINE 95 - 17/10/2017 - 15:19 - Signaler un abus LES ANGLAIS, IMPLORER ...

    Je suis mort de rire...

  • Par philippe de commynes - 17/10/2017 - 21:56 - Signaler un abus @ganesha

    Depuis 1839-42 (guerre de l'opium), qui en quelques années a fait passer la chine de première puissance mondial en terme d'excédent commercial à l'inverse, avec pour conséquence une inflation galopante , qui a provoqué une famine pour des centaines de millions de chinois, puis une guerre civile (révolte des taiping, dizaines de millions de morts)les anglais mettent un point d'honneur à toujours soutenir le pire de l'oligarchie. Je n'aime pas plus les technocrates de bruxelles que vous, mais que vous soyez prêt à soutenir n'importe quoi contre eux, non pas d'accord.

  • Par LordLeleu - 18/10/2017 - 10:36 - Signaler un abus Rêve pour la réalité

    Encore une fois mr Sylvestre comme tous les observateurs europhiles sont d'un aveuglement a la limite propagandiste. Les européens ont la plus mauvaise position. S'il s'informait rien qu'un peu de ce qu'il se passe en Angleterre il saurait que la question nest pas de savoir si le brexit sera dur, mais comment sera la ligne politique du futur royaume uni. Corbyn que tout le monde appréciait car il voulait rester dans l'UE, veut un brexit dur'lui aussi notamment sur la question migratoire, et une Angleterre plus sociale que May ne le veut. Bizarrement on ne parle plus de Corbyn... la question du brexit ne se pose plus en Angleterre Cest actée pour la classe politique (à leur honneur). Cest l'orientation économique et sociale qui se pose. L'UE a beaucoup plus à perdre Dans les négociations que les anglais, malgré les rêves de mr Sylvestre et ses amis

  • Par Anguerrand - 18/10/2017 - 15:31 - Signaler un abus Alors les british toujours ok pour le Brexit ?

    Apres une Campagne mensongère à la FN - Philippot, les anglais se rendent compte des conséquences économiques du Brexit. Peu d'anglais seraient encore prêt à le voter de nouveau.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€