Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 19 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Brexit light : Theresa May sauve sa tête et obtient celle des eurosceptiques de son gouvernement en proposant un accord à la norvégienne

La négociation du Brexit ressemble à la chronique d’un repli en rase campagne. Dernier épisode en date, le départ du gouvernement du ministre des Affaires Etrangères, le controversé Boris Johnson, après celui du ministre chargé du Brexit David Davis.

Atlantico Business

Publié le
Brexit light : Theresa May sauve sa tête et obtient celle des eurosceptiques de son gouvernement en proposant un accord à la norvégienne

 Crédit DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Les deux derniers ministres du gouvernement qui défendaient le projet d’un Brexit dur et fort ont du surestimer leur influence, parce qu’en une semaine Theresa May a réussi à les mettre à l’écart du processus de négociation avec l’accord des autres ministres conservateurs et le soutien du parti qui s’aligne globalement sur le nouveau projet de Theresa May, pour engager un début de négociations, si toutefois Bruxelles accepte de lire cette nouvelle formule.

Pour les eurosceptiques du parti conservateur, ceux qui avaient défendu le referendum et obtenu un vote majoritaire il y a deux ans, le projet est inadmissible.

Boris Johnson, le Secrétaire au Foreign Office, l'avait déjà dit la semaine dernière à un groupe d’ambassadeurs étrangers et d’industriels : "Fuck business ».

Ce qui voulait dire un peu violemment que le gouvernement britannique n‘avait pas à se préoccuper du climat économique mais simplement de l'ambition politique. La cohérence entre les projets n'était visiblement pas son problème.

Le comportement de Boris Johnson a été très mal perçu dans les milieux d’affaires et même par les membres du parti conservateur. Les uns comme les autres considèrent qu’un parti politique n'a pas à faire prendre de risques économiques et financiers au pays pour satisfaire des ambitions politiques dont on est incapable de mesurer les conséquences.

Or, les économistes britanniques ont fait dire à Theresa May que le pays courait de sérieux risques de perdre une partie de ses activités en cas de Brexit dur. Quant aux chefs d’entreprise, ils ont multiplié les annonces de projets qui délocalisent vers le continent beaucoup d’activités industrielles, à commencer par celles d’Airbus et de BMW. Ne parlons pas des banques qui ont toutes ou presque préparé des plan B.

Bref, Theresa May a compris que la Grande Bretagne allait entrer dans une zone de turbulences dont le peuple britannique ferait les frais. Du moins, c’est ce que les députés conservateurs ont rapporté en soulignant l’inquiétude de leurs électeurs.

Du coup, la Première Ministre a convoqué le week end dernier, son gouvernement pour lui soumettre un projet de compromis pour négocier un Brexit qui pourrait être indolore aux anglais les plus fragiles.

C’est après l'analyse de ce projet que David Davis, le chef de file des anti-européens chargé de négocier avec Bruxelles, a démissionné. Il faut dire qu’il était de plus en plus mal à l’aise avec son job. Il n’allait plus à Bruxelles, il se terrait dans son bureau. Il a donc décidé de jeter l’éponge. Boris Johnson lui a emboité le pas hier en fin de journée.

Le projet de Theresa May est très simple. Elle propose désormais une formule qui maintient la libre circulation des biens et des services. Son projet prévoit donc de créer une vaste zone de libre échange et un modèle douanier qui sera nouveau, mais qui reprendra l’essentiel du précèdent. La Grande Bretagne demande à reprendre les règlementations communautaires… Pour le bien de l’intérêt public.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Podoclaste - 10/07/2018 - 13:05 - Signaler un abus Le bon moment ?

    Et si ce que demande le RU et qu'a obtenu la Norvège servaient de base à une nouvelle Europe ? Quelque chose qui enfin dépasse le statut de marché commun amélioré et soit du même coup à la hauteur des défis que laisse augurer le désengagement des USA sur tous les fronts ? Au lieu de dire non à ce qui est pressenti comme une demande de traitement de faveur (du "à la carte"), si Bruxelles saisissait la balle au bond pour évoluer (elle) ?

  • Par Anouman - 10/07/2018 - 16:58 - Signaler un abus Norvège

    Tiens c'est nouveau, la Norvège est dans l'union européenne. Il est fatigué Sylvestre.

  • Par gerint - 10/07/2018 - 21:38 - Signaler un abus J’aurais bien aimé

    que le RU rive son clou à cette gueule d’empeigne de Barnier mais c’est mal parti. Tant pis

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€