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Le Brexit : David Cameron a-t-il remporté la grande victoire qu'il prétend ? On peut en douter...

David Cameron s'est déclaré "très satisfait" de l'accord entre les pays de l'Union européenne sur le nouveau statut du Royaume-Uni. Mais est-ce une telle victoire diplomatique ? Sur de nombreux points, le Royaume-Uni n'a pas obtenu ce qu'il demandait...

Yes or No?

Publié le

L'accord final exempte effectivement la Grande-Bretagne du principe d'"union toujours plus forte" et accepte le principe que le Royaume-Uni refuse plus d'intégration. Cependant, il ne dit rien sur la sécurité nationale et n'offre la possibilité d'un droit de véto sur les règles européennes qu'avec l'accord d'autres pays. 

Compétitivité

Le Parti conservateur avait promis une réforme en profondeur de la Politique agricole commune (PAC) et des fonds structurels européens. Cameron, lui, avait seulement demandé un "objectif de simplification administrative" et un "engagement clair et de long terme pour accroître la compétitivité". 

Que dit l'accord final ?

Que "tous les Etats-membres implémenteront complètement et renforceront le marché interne", et promet des "avancées concrètes" pour améliorer la réglementation, ce qui ne veut pas dire grand-chose...

Immigration

Le sujet de l'immigration est très important au Royaume-Uni, comme dans de nombreux autres pays. Comme on le voit à Calais, le Royaume-uni est une cible privilégiée de migrants de nombreux horizons, y compris de l'intérieur de l'Union européenne. Or, le public britannique voit d'un mauvais oeil que des ressortissants de pays étrangers, souvent plus pauvres, puissent venir au Royaume-Uni et, notamment, avoir le droit en tant que citoyens européens de recevoir des prestations sociales. 

Cameron avait notamment demandé que le Royaume-Uni soit dispsensé de verser des allocations familiales aux étrangers dont les enfants vivaient à l'étranger, et qu'un migrant doive travailler au Royaume-Uni pendant 4 ans avant de pouvoir recevoir des prestations sociales. 

L'accord final prévoit que les allocations familiales soit indexées au niveau du pays d'origine de la personne, pour les nouveaux migrants, et pour tous les migrants à partir de 2020. L'accord prévoit également un "mécanisme d'alarme" pour arrêter les prestations pour les migrants dans des circonstances exceptionnelles ; ce mécanisme ne pourra être utilisé qu'une seule fois, pendant sept ans. 

Un accord en demie-teinte

David Cameron n'a pas rien obtenu. Il a obtenu quelques victoires symboliques, comme la dispense du Royaume-Uni de la clause d'"union toujours plus forte", et la reconnaissance officielle de la volonté du Royaume-Uni de ne pas participer à l'intégration. Sur la compétitivité il n'a obtenu que de vagues promesses, et sur l'immigration, il a obtenu un compromis. Mais il a également clairement perdu sur des dossiers clés, comme la réglementation financière, où le principe du droit européen continue de s'appliquer, et la possibilité d'un droit de véto sur les règles européennes. 

Est-ce que cet accord convaincra les britanniques de rester dans l'Union européenne ? David Cameron vient d'annoncer que le référendum se tiendra le 23 juin...

 
Commentaires

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  • Par Mike Desmots - 20/02/2016 - 16:45 - Signaler un abus pourquoi cette question inutile ..?

    Il est évident ...que le doute est permis chez les perdants ...et les gagnants gentlemen british forcément ..pourrons vous revendre en okaze le .mode d'emploi....

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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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