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Brexit : ces petits accords bilatéraux qui se trament entre Londres et certaines capitales européennes en l’absence d’avancée de la négociation globale

Les négociations sur l'application du Brexit se sont compliquées avec la perte d'une majorité par Theresa May lors des élections générales du mois de juin dernier. Un accord avec l'Union Européenne n'est pas exclu.

Conseil européen

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Brexit : ces petits accords bilatéraux qui se trament entre Londres et certaines capitales européennes en l’absence d’avancée de la négociation globale

Atlantico : Pourquoi les négociations semblent s'éterniser entre Londres et Bruxelles ? Quelles sont les forces politiques en présence dans le débat des conditions de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne (et qu'est-ce que cela nous dit sur la position de Theresa May et les compétences de Michel Barnier) ?

Rémi Bourgeot : D’un côté Theresa May est en difficulté politique croissante depuis l’élection générale de juin, qui l’a privée d’une véritable majorité et surtout d’un mandat fort pour négocier le Brexit. De l’autre, le cadre extrêmement contraint qui a été imposé par la partie européenne est impraticable et empêche une véritable négociation. En particulier la segmentation des négociations entre une phase centrée sur la facture britannique puis une seconde sur un accord commercial et la phase transitoire n’a guère de sens, puisqu’il est évident que ces points sont liés si l’on prend le soin de se placer dans la perspective de véritables négociations.

A Westminster, Theresa May fait surtout face à la fronde de membres du parlement qui veulent s’assurer qu’un accord aura lieu. En fait, sur le fond, la position britannique s’ancre de plus en plus, malgré le chaos, dans l’idée d’un accord approfondie avec l’Union européenne. Le discours que la première ministre a donné à Florence visait à donner des gages de bonne volonté, en proposant notamment de payer une facture de 20 milliards d’euros pour pouvoir engager les négociations sur l’accord commercial.

D’un côté, on a une sorte de crise latente à Londres, où les requins accélèrent leur ronde autour du 10 Downing Street. Et à Bruxelles, Michel Barnier doit cocher ses cases les unes après les autres, comme elles ont été déterminées par les Etats membres les plus influents et par la Commission. Michel Barnier a un mandat tellement limité qu’on ne peut véritablement parler de négociation. La procédure est très largement sortie des railles et cela n’est pas que lié à la crise politique londonienne. L’idée européenne était de conduire Londres à des concessions sur le plan budgétaire en particulier, bien que cela ne soit pas de la plus grande importance, pour ensuite lâcher du leste dans la phase commerciale, conformément aux intérêts de toutes les parties, tout en portant atteinte à la City au passage.

La nomination de Michel Barnier reposait sur l’idée de canaliser la formation d’un accord de cette façon sans négociation sur le fond. On peut évidemment être compétent sans parler anglais ; mais il est aussi certain que l’idée de nommer un négociateur en chef qui parle à peine ce qui est tout de même la langue de travail de l’UE et de lui imposer un mandat extrêmement réduit ne visait pas à ouvrir le processus. La possibilité d’évoquer d’autres phases de la négociation, notamment sur une période transitoire, ou de les redéfinir devrait évidemment faire partie des prérogatives des négociateurs. Or, Michel Barnier est simplement censé signaler que les critères ont été remplis pour passer à la phase commerciale. Et évidemment, face au chaos du processus en cours, ce sont les Etats membres qui gèrent le dossier et il semble même que des brouillons d’accord commercial circulent entre les ministères à Berlin…

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 20/10/2017 - 10:06 - Signaler un abus Une fois de plus,

    lr bourbier européen à l'oeuvre. Et faites confiance aux anglais pour naviguer dans le marigot.

  • Par Anguerrand - 20/10/2017 - 17:10 - Signaler un abus Les anglais ont voté le Brexit

    Ils n'avaient aucune idée de ce que représentait sur le plan économique, les investissements étrangers sont devenus très négatif avant même sa sortie effective de l'UE. De plus sur le plan intérieur la GB risque de devenir un nain sans l'Ulster et l'Ecosse qui ne veulent pas quitter l'UE. Les anglais ne revoterait plus le Brexit s'ils devaient revoter. Idem pour la Catalogne qui deviendrait un pays indépendant et rendre des sommes énormes a l'UE et à Madrid. Près de mille sociétés ont déjà quittés la Catalogne, comme en GB. Pardon la PB, le petite Bretagne. Apres la cessession de l'Irlande du Nord et de l'Ecosse.

  • Par bern4243 - 21/10/2017 - 09:51 - Signaler un abus et la france dans tout ça ?

    nous avons un excédent commercial avec le RU alors protégeons d'abord nos intéréts avant de penser a l'intérét de l'europe!!

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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