Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 16 Décembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Bratislava : La désolante inaction du duo Hollande - Merkel sur le front de l'antiterrorisme et de la défense européenne (et pourtant, le contexte s'y prête)

Alors que les questions de défense et de coordination de la lutte antiterrorisme étaient à l'ordre du jour du sommet européen de Bratislava cette semaine, les conclusions annoncées notamment par la France et l'Allemagne paraissent bien décevantes au vu du contexte actuel.

Occasion perdue

Publié le
Bratislava : La désolante inaction du duo Hollande - Merkel sur le front de l'antiterrorisme et de la défense européenne (et pourtant, le contexte s'y prête)

Atlantico : Cette semaine a eu lieu à Bratislava un sommet réunissant les chefs d'Etat européens. Si plusieurs sujets ont été abordés, les questions de défense et d'antiterrorisme étaient notamment scrutées de près. Quelles ont été les principales mesures ou déclarations du Conseil européen, et notamment de François Hollande et Angela Merkel dans leur déclaration de clôture (voir ici) ?

Eric Dénécé : En matière de défense et d’antiterrorisme, ce sommet européen est un "non événement", c’est-à-dire que rien n’en est sorti, si ce n’est la répétition de principes généraux et de mesures déjà évoquées (et dont la mise en oeuvre laisse à désirer) : sécurisation des frontières de l’union, échanges de renseignement, renforcement de la coopération, etc. C’est donc extrêmement décevant. L’absence de volontarisme des dirigeants européens et leur incapacité à proposer des solutions, tant en matière de sécurité internationale qu’intérieure, est particulièrement préoccupante.

Les incantations n’ont jamais fait avancer les choses.

Les positions affichées par les chefs d'Etat français et allemand sont-elles suffisantes selon vous au regard du contexte sécuritaire que traverse l'Europe actuellement ?

Evidemment, non. Ils semblent manquer à la fois de volonté et d’imagination, alors même que le contexte est favorable à une avancée de la politique européenne de sécurité et de défense grâce à deux événements : la menace terroriste takfirie, qui touche tous les Etats membres ; et le départ prochain du Royaume-Uni de l’Union européenne. En effet, Londres a toujours été un frein à la construction d’une Europe de la Défense. Mais Berlin et Paris semblent en panne d’inspiration sur ce dossier et sont accaparées par des échéances électorales qui les mobilisent davantage.

Alors que le Royaume-Uni, plus grande puissance militaire de l'Union européenne avec la France, s'apprête à quitter l'Union, le Brexit peut-il mettre à mal la politique de défense de l'UE, ou au contraire la renforcer ? Sur ce point, le couple France-Allemagne doit-il franchir un nouveau cap en termes de leadership ?

Le Brexit devrait logiquement faciliter l’aboutissement de nouvelles initiatives concernant la défense européenne. Toutefois, ni Berlin ni Paris ne paraissent aujourd’hui vouloir relancer ce processus. Tout au plus ressortent-ils de vieux projets non aboutis des cartons… Mais le départ des Britanniques de l’Union ne va pas faire disparaître comme par magie tous les obstacles à ce dossier. En effet, beaucoup de pays - dont l’Allemagne - considèrent que leur défense se fonde davantage sur l’Otan que sur l’UE. De plus, les pays de l’Est - en particulier la Pologne - vont prendre le relais de Londres et se faire les auxiliaires de la politique de Washington, laquelle cherche depuis les années 1950 à contrecarrer la construction d'une défense européenne. La France, qui est toujours favorable à une telle initiative, demeure bien isolée. Elle ne cesse d’ailleurs de demander plus d’engagement à ses partenaires, en particulier pour lutter contre le terrorisme au Sahel et assurer la formation des armées locales.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Deudeuche - 18/09/2016 - 10:03 - Signaler un abus Personne ne veut se battre pour l'Europe

    Et encore moins mourrir pour elle. C'est plié !

  • Par Anouman - 18/09/2016 - 11:37 - Signaler un abus défense

    Et pourquoi? Pour se défendre de quel ennemi de l'Europe? Le seul évident est l'islam et ce n'est pas avec des chars et des avions de chasse qu'on en viendra à bout. Il serait temps que la France rejoigne la Grande Bretagne hors du fiasco européen.

  • Par J'accuse - 18/09/2016 - 11:40 - Signaler un abus Qui attend encore quoi que ce soit d'un sommet européen ?

    Des déclarations d'intention qui restent lettres mortes, des envolées lyriques et fédéralistes la main sur le cœur, des menaces à l'encontre de ceux qui n'ont pas la vraie foi, et une photo de famille le sourire aux lèvres, tous contents d'être là : voilà le résumé d'un sommet.

  • Par vangog - 18/09/2016 - 21:24 - Signaler un abus Sommet d'incompétence!!!!

    les plus minables et les derniers de la grande série des chefs d'états PPE-PSE qui ont réduit l'Europe à néant...leur conversation: "Bon, maintenant qu'on a abouti au néant européen, qu'est-ce-qu'on fait?...ben, rien! On attend..."

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Eric Denécé

Eric Denécé, docteur ès Science Politique, habilité à diriger des recherches, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€