Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 27 Juillet 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

La Bourse est-elle définitivement déconnectée de l'économie réelle ?

Les marchés boursiers ont dans leur ensemble renoué avec leurs sommets historiques, et sont en route pour de nouveaux records. Signe que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes économiques possibles ?

Decod-Eco

Publié le
La Bourse est-elle définitivement déconnectée de l'économie réelle ?

Les marchés actions reflètent-ils l’état de l’économie ? C’est la question qu’il est indispensable de se poser alors que la plupart des Bourses viennent d’inscrire de nouveaux plus-hauts historiques tandis que l’état de décrépitude de l’économie continue de donner des cheveux blancs aux responsables économiques. La dichotomie est particulièrement flagrante en Europe. Les prévisions de croissance sur le Vieux Continent sont continuellement revues à la baisse mais, dans le même temps, le DAX a retrouvé les sommets d’avant-crise et le Footsie, à près de 6 500 points s’approche de plus en plus de son sommet de 2007 (à plus de 6 700 points).

Même aux États-Unis, l’état de l’économie ne justifie en aucun cas que le S&P 500 ou le Dow Jones flirtent ou explosent leurs plus-hauts.

Une vision naïve de l’évolution boursière voudrait que les marchés actions reflètent les bénéfices passés et surtout à venir des entreprises. Historiquement, ou du moins depuis le milieu du XXe siècle, cette relation a été plutôt forte. Il y a évidemment des années où les performances boursières n’ont pas été à la hauteur de la progression de l’économie, et inversement, mais dans l’ensemble, quand l’économie progressait, les marchés actions aussi.

La progression des Bourses devient la preuve de la bonne santé de l’économie. La hausse des indices rassure et évite à chacun de se poser des questions sur la véritable santé des entreprises. C’est ce qui s’est passé avant la crise de 1929, celle d’Internet et plus récemment avant 2007. Si le Dow Jones, le Nasdaq ou le S&P 500 étaient en hausse, c’est donc que tout allait bien, qu’il n’y a pas d’excès de spéculation, d’argent dans les dot.com ou encore de crédits pourris. Le lien entre marchés et économie devient alors l’instrument du krach, l’outil qui encourage la frénésie boursière et précipite donc l’explosion de la bulle.

Aujourd’hui, si vous débarquiez de la planète Mars, ou que vous vous réveilliez d’un sommeil d’une bonne dizaine d’années, et que vous tentiez de prendre le pouls de nos économies en jetant un oeil à l’évolution du S&P 500, vous en concluriez certainement que nous sommes dans une période de richesse exceptionnelle, de croissance assurée. Et vous auriez tort.

Qu’il y a-t-il dans les cours de Bourse ?
L’hypothèse la plus optimiste voudrait que la flambée boursière soit annonciatrice d’une croissance à venir. Les marchés actions agiraient donc en indicateurs avancés d’une prospérité future. “Avoir raison trop longtemps à l’avance c’est avoir tort”, proverbe… que je viens d’inventer pour l’occasion mais qui me semble bien résumer la situation actuelle.

Sur le papier, pourquoi pas croire que la hausse actuelle soit le prémice d’une reprise économique solide... mais c’est tout de même très difficile à avaler pour l’Europe. Ou alors à admettre que les Bourses européennes reflètent l’état de l’économie dans 5 à 10 ans…

Côté américain, là encore, c’est une querelle de chapelle. Il y a d’un côté ceux qui croient à la solidité de la reprise et ceux qui n’y croient pas. Là encore, la croissance, la vraie, n’est pas pour tout de suite. Pour 2014, pour les optimistes, dans plusieurs années (voire jamais) pour les plus pessimistes.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par bp50lecture - 28/03/2013 - 09:40 - Signaler un abus Déconnexion de la finance du réel

    Bravo, très bien analysé. La déconnexion a commencé en 1995 lorsque les banques se sont emparées des actifs stables des assureurs pour les vendre et faire des résultats à 2 chiffres chaque année, puis les fonds de pensions U.S. ont racheté les entreprises familiales pour aussi les démanteler et faire des économies" d'échelle", ensuite la création des hedge funds a tout compliqué et surtout noyé le poisson au point que les banquiers eux-mêmes ne comprenaient plus rien, mais se sucraient royalement sur les bonus réalisés...et maintenant ce sont les travailleurs et les épargnants qui ont forcés par les états à renflouer ces banquiers délinquants. Des tas de gourous défendent le système en disant tout et son contraire avec la même constance, en termes choisis sinon obscurs, jusqu'à quand? Les USA eux ont repris la technique de l'auto-financement par l'usage répréhensible de la planche à billets, officialisée par Halmar Sachst , directeur de la Reichbank en 1933.

  • Par sbgf43 - 28/03/2013 - 10:39 - Signaler un abus Manipulation

    Bonne analyse.... la grande manipulation des taux et des cours continue de plus belle

  • Par 20pierre - 28/03/2013 - 22:04 - Signaler un abus Encore les éditions AGORA : LOL

    Les éditions AGORA sont-ils connectés tout simplement ?

  • Par simple citoyen - 28/03/2013 - 23:06 - Signaler un abus Les marchés actions reflètent-ils l’état de l’économie ?

    Bien sûr que non, puisque de l'aveu même de Bernanke (mais ce que tout le monde sait depuis belle lurette), c'est le contraire! On fait monter les indices pour utiliser l'effet de richesse et forcer les américains à acheter. Bon, annexement, cela permet aussi aux banques de moins manipuler leurs chiffres pour montrer qu'elles sont super extra solides vraiment sans rigoler pour de vrai, et de continuer à transférer aux très très riches une partie de la richesse des classes moyennes. Tout bénéf en somme.

  • Par Ganesha - 29/03/2013 - 07:20 - Signaler un abus Lenine

    D'un point de vue médical, on dirait que la Bourse n'est pas un symptôme, mais la principale cause de la maladie. (du Capitalisme) Un parasite qui detourne l'argent et appauvrit de plus en plus la population honnête. Et à ce titre, elle devra être détruite, éliminée, totalement, rapidement et sans douleur : quelques bâtiments à mettre en location, des ordinateurs à vendre d'occasion... et pour ceux qui y avaient un emploi, dans la nouvelle organisation que nous allons créer, le chômage ne sera pas un problème... Faut-il verser une larme sur les riches actionnaires qui devront se contenter d'un modeste studio et d'un abonnement métro à la place de la villa avec piscine, des voitures de sport et du yacht ? N.B. Si ce commentaire vous parait une plaisanterie, sachez au contraire qu'il ne fait que refléter la (triste) réalité !

  • Par yvonman53 - 29/03/2013 - 10:15 - Signaler un abus Ben

    Le cœur de la finance et des profits financiers! Ils sont dans la quatrième dimension! Le monopoly a l’échelle mondiale !

  • Par yvonman53 - 29/03/2013 - 10:16 - Signaler un abus Bourse

    Au fait ,les bourses régionales ,elles en sont ou ?

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Cécile Chevré

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’Institut national des techniques de documentation (INTD). Elle rédige chaque jour la Quotidienne d'Agora, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€