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La bosse des maths existe-t-elle vraiment ?

Une équipe de chercheurs américains affirme avoir trouvé des similarités dans le fonctionnement cérébral des enfants doués en mathématiques. L'aptitude aux mathématiques serait-elle innée ?

Bonne excuse

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La bosse des maths existe-t-elle vraiment ?

Une équipe de chercheurs américains affirme avoir trouvé des similarités dans le fonctionnement cérébral des enfants doués en mathématiques. Crédit D.R.

La bosse des maths n'existe pas ! Et donc avec l’IRM, on ne la trouvera pas !

Dans l’expérience de Kaustubh Supekar, la population étudiée est de 24 enfants, ce qui ne correspond pas à une population statistique suffisante pour tirer des conclusions. Laurent Cohen indique que « l’étude se limite à la compréhension des nombres et à l’apprentissage de données, comme les tables de multiplication ». Ces conditions font essentiellement appel à la mémoire et non à une construction mathématique ; on ne peut, donc, être surpris de constater que les progrès notés sont liés à des configurations particulières de l’hippocampe ou de son environnement, cette zone « qui contrôle la mémoire... ».

Faire appel à la « bosse des maths » dans un titre, même si le corps de l’article indique qu’il n’y a pas de déterminisme, est lourd de conséquences. Combien de lecteurs ne retiendront que le titre et seront confortés dans leur erreur ?

Dans l’Association pour la Prévention de l’Innumérisme, nous luttons pour faire disparaître ces lieux communs qui perturbent gravement les familles, les enfants et les enseignants. Il faut l’écrire, le dire, le réécrire, le redire : « La bosse des maths, n’existe pas et son inverse la dyscalculie, non plus, bien sûr !»

« Nos facultés cognitives dépendent autant de l’apprentissage que de l’hérédité ». Tout à fait d’accord, dans le cas des mathématiques, nos propres recherches et expérimentations nous permettent même d’affirmer que « Les facteurs héritables génétiquement ou d’origine environnementale ne sont pas tels qu'ils puissent empêcher un élève d'accéder, dans des délais courts ou raisonnables suivant les savoirs et les compétences déjà acquis, au niveau de base minimal et indispensable en Math (socle commun, niveau 2 OCDE) ».

Nous reconnaissons, bien évidemment, qu’il puisse y avoir une inégalité dans ce que nous recevons de nos parents mais les apprentissages en maths sont suffisamment simples pour être accessibles à tous.

En effet, dans l’apprentissage d’une langue, nous devons nous approprier idéalement, 26 lettres, 300 syllabes ou phonèmes, 80 000 mots, 400 000 acceptions et, si l’on tient compte des règles de grammaire, d’orthographe, de conjugaison, en fait, des millions de concepts ; chacun est une entrée dans notre cerveau, avec une représentation mentale associée. On peut comprendre que tout le monde ne puisse pas devenir  agrégé en lettres, écrivain ou tribun. Nos gènes ont donc une influence ...

Mais en calcul et en maths, au moins jusqu’à la fin du collège « on peut tout apprendre, à tout le monde et à tout âge » Il n’y a qu’une seule entrée, et la progression sur notre échelle des compétences du socle commun s’effectue barreau après barreau. Le saut entre deux barreaux est à la portée de chacun.

Pourquoi alors autant d’échecs ? Un élève sur deux en fin de collège (selon l’Education Nationale et l’OCDE ), 70 % des adultes de 18 à 65 ans, ayant des performances médiocres, ou préoccupantes (selon l’INSEE) !

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 07/05/2013 - 11:11 - Signaler un abus La bosse des maths existe

    C'est là ou on met les piles!

  • Par Mikeb420 - 07/05/2013 - 12:14 - Signaler un abus A l'envers

    Vous prenez le problème à l'envers. Il y a des similitudes de comportement et de raisonnement entre les enfants doué en math, parce que justement ils sont doué en math. Plus on travaille les maths plus on acquiert des compétences, en l'occurence les mathématique. La bosse des maths existent, mais il faut la faire bosser

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Michel Vigier

Michel Vigier est ingénieur et président-fondateur de l'Association pour la prévention de l'innumérisme. Ses travaux ouvrent de nouvelles voies pour une réelle " refondation " des apprentissages mathématiques à l’école. 

Michel Vigier est le concepteur du "boulier didactique" et le co-auteur de la Méthode des Abaques, ouvrage publié par l’association. Il est également l'auteur d'un A-book paru en 2014 sur Atlantico éditions : La France handicapée du calcul - Vaincre l'innumérisme pour sortir du chômage

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