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Bonne nouvelle : la croissance revient. Mauvaise nouvelle, Bercy confirme la hausse des impôts...

Pour la Banque de France, le trou d’air sur la croissance est passé. L’activité serait repartie depuis la mi-juin, partout en Europe. Mais du côté de Bercy, les chiffres prouvent que les impôts ont continué d’augmenter.

Atlantico Business

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Bonne nouvelle : la croissance revient. Mauvaise nouvelle, Bercy confirme la hausse des impôts...

 Crédit PHILIPPE HUGUEN / AFP

« Le trou d’air sur l’activité, observé en début d’année est derrière nous ». François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, juge que la conjoncture est beaucoup plus robuste que ce qu’on avait cru en début d’année, dépliant un début de pessimisme qui avait touché tous les acteurs de l’économie. Le gouvernement lui-même avait été obligé de revoir à la baisse ses prévisions de croissance. 

Jusqu’au début du mois de juin, la Banque de France expliquait que le trou d’air apparu et perceptible dès le mois de décembre de l’année dernière, se prolongeait avec une hausse modeste du PIB au deuxième trimestre à 0,3%, ce qui ramenait sa prévision annuelle de croissance pour 2018 à 1,9% (initialement prévue) à 1,8%.

En fait, la majorité des analystes s’inquiétaient du ralentissement au premier trimestre à 0,2% contre 0,7% ; d’autant que toute l’Europe, et notamment l’Allemagne, paraissait affectée. 

Aujourd’hui, les économistes de la Banque de France changent donc leur fusil d’épaule, et considèrent que depuis la mi-juin que l’activité a rebondi et que les perspectives sont à nouveau mieux orientées. Rappelons que la Banque de France travaille sur des données réelles issues de sa centrale des bilans où elle regroupe les comptes d’entreprise et les informations qui remontent du réseau bancaire. Elle a donc un état mensuel des trésoreries et des carnets de commandes. 
Dans ces conditions, le gouverneur de la Banque de France considère que l’activité sur l'année sera bien située entre 1,7% et 1,9%.
Les premières informations en provenance de l’Insee sont en ligne. Les études réalisées par Pole emploi et l’APEC, qui travaille plus spécialement sur l’emploi des cadres, montrent, elles, une tension croissante sur les créations d’emplois. A tel point que certains secteurs sont en pénurie de main d’oeuvre (hôtellerie, restauration et bâtiment) et que sur le créneau des jeunes cadres dans l’informatique, les fonctions financières et commerciales, on est pratiquement au plein emploi. 
Reste malheureusement une part importante du chômage (environ 8%) qui ne donne pas de signe de résorption. On est sans doute là dans un chômage structurel qui nécessite un énorme effort de formation, d’adaptation et de mobilité. 
 
Quoi qu’il en soit, le gouvernement qui avait refusé de réviser à la baisse ses hypothèses de croissance pour 2018 lors du trou d’air, se voit aujourd’hui conforté par ce retour dans le cycle. Les pays européens et notamment l'Allemagne connaissent la même météo. 
 
A coté de cette bonne nouvelle, la préoccupation première du gouvernement reste la question de l’équilibre budgétaire, comment réduire ses dépenses publiques pour réduire les impôts, condition nécessaire à l’amélioration de la compétitivité.  En réponse à la demande de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, Bercy a confirmé que les rentrées fiscales avaient augmenté avec la croissance de 2017. La masse des recettes fiscales a progressé avec l’activité, les impôts de consommation, la TVA, les impôts sur le revenu et les impôts de production sont bien évidemment indexés sur les chiffres d’affaires (en hausse), sur la consommation et sur les créations de richesses de production. Mais ce qui est intéressant, c’est que compte tenu de la progressivité de beaucoup d’impôts et taxes, la recette fiscale augment plus vite que l’assiette. Du coup, en 2017, quand le PIB a cru de 2%, le total des impôts et taxes a augmenté de 4%. Ce qui signifie que le taux moyen de prélèvement obligatoire s’est alourdi de 2%. A noter que parallèlement, les dépenses publiques ont également augmenté. 
Dans ce contexte, chacun sait que, si le gouvernement se contente de ralentir la hausse, la situation ne changera guère. 
L’urgence des urgences est donc bien de baisser la dépense publique, pour pouvoir baisser non seulement l’impôt, mais aussi desserrer la pression fiscale. Ce qui asphyxie les agents économiques, c’est moins la hausse d’impôts que la hausse récurrente de la pression fiscale mesurée par le taux des prélèvements obligatoires. 
 
Le système français est piégé dans une logique absolument redoutable. Quand la croissance repart, la pression fiscale augmente plus vite, ce qui signifie que les bénéfices de la croissance sont captés par l‘Etat et les administrations. 
Mais quand la croissance s’essouffle, la pression fiscale ne baisse pas, parce qu’il faut augmenter les impôts afin de financer les dépenses ou alors accepter d’aggraver le déficit. 
L’urgence serait donc de casser cette quasi indexation entre la croissance et les dépenses publiques, ce qui politiquement oblige de toucher à la fonction publique et aux corps des fonctionnaires.  
 
 
Commentaires

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  • Par cloette - 20/07/2018 - 08:02 - Signaler un abus C'est d'un cynisme absolu

    d'augmenter les impôts comme cela !!!

  • Par gerint - 20/07/2018 - 09:40 - Signaler un abus Cloette

    Je macronisme est d’un cynisme absolu. C’est le cas des politiques, de la finance, des conseillers genre Attali et consorts.

  • Par vangog - 20/07/2018 - 09:45 - Signaler un abus « Les dépenses publiques ont encore augmenté cette année! »

    « donc, l’urgence est de baisser les dépenses publiques» c’est du Sylvestre dans le texte, et ça vaut son pesant de cacahuètes!...remarque: un politicien gauchiste (sens large) ne dit jamais « ça va mal! », mais « ça pourrait aller mieux! » ...Bon, pour les impôts et les taxes, les gauchistes ont toujours de la marge...rien n’est donc perdu pour eux. C’est beau l’espoir!

  • Par lorwakaf - 20/07/2018 - 09:46 - Signaler un abus Baisse de mes dépenses

    Car je n'ai plus les mêmes moyens avec des impôts fortement augmentés depuis 2013. Seule satisfaction, cela fait entrer moins de tva à cet état (petit é) scelerat. La révolte fiscale du pauvre en somme

  • Par Citoyen-libre - 20/07/2018 - 10:19 - Signaler un abus Assis sur un tas d'or

    Nous avons quelques fleurons de industrie comme Airbus, Thales, Dassault et d'autres bien sûr. Mais il y en une que nous devrions commercialiser et exporter, car elle est d'une excellence rare : c'est l'industrie, la technique, le savoir faire, l'ingénierie de LA COLLECTE DES IMPOTS sous toutes ses formes.. Dans ce domaine, nous sommes, aussi, les champions du monde, sauf que dans ce cas, personne n'a envie de manifester sa joie, tellement le fardeau est de plus en plus lourd à porter !!!!

  • Par zelectron - 20/07/2018 - 10:25 - Signaler un abus les bénéfices de la croissance sont captés par l‘Etat et les

    administrations pour nourrir la myriade de ponx inutiles !

  • Par Anouman - 20/07/2018 - 12:00 - Signaler un abus Pression fiscale

    Ce n'est pas d'aujourd'hui. Voilà pourquoi on est champions du monde des prélèvements obligatoires (et pas tous les 20 ans). Baisser la dépense publique serait indispensable mais cela contrarie tous ceux qui en bénéficient et ce sont des électeurs...

  • Par ciara - 20/07/2018 - 12:58 - Signaler un abus Le mythe de la dépense publique

    je vais me faire des ennemis mais tant mieux. On vous fait croitre que tout le mal de la France, c'est LA DEPENSE PUBLIQUE. Et qui si on arrivait à la baisser, la France se porterait comme un charme? C'st faux, . Bien sur il faut baisser la dépense publique? Seuls les ânes communistes pensent le contraire. Mais croire que tous nos maux viennent de là est pure chimère. Croire que les impôts baisseront si on supprime la moitié des fonctionnaires est absurde. Nos maux sont beaucoup plus profonds que cela. Une immigration incontrôlée nous ruine beaucoup plus que quelques fonctionnaires en moins. Si c'était facile , d'autres l'auraient fait. On supprime quels postes??? Méfiez vous. On risque de vous faire payer des services qui aujourd'hui sont gratuits

  • Par Anguerrand - 20/07/2018 - 15:21 - Signaler un abus A ciara

    L’Allemagne qui compte 20 millions d’habitants de plus que la France a 1.5 million de fonctionnaires en moins que la France. A l’heure de l’informatique ou le fisc fait faire tout son travail soit par les entreprises, soit par les caisses de retraites, soit par les particuliers ou artisans. 160.000 fonctionnaires comme avant quand tout le travail était fait main. Le ministère des anciens combattants ne doit plus avoir beaucoup de travail, Brégançon est entretenu à nos frais pour qq jours de vacances pour Macron et sa belle famille. Macron ne peut pas se payer ses vacances comme tout le monde ? J’arrete la mais regardons à l’etranger ou les Merkel, les May paient TOUS leurs frais et leurs conjoints et il n’ont ni des «  lupanars comme La Lanterne « . Ces frais représentent des milliards à vie et chaque année. Des économies énormes sont donc possibles mais Macron préfère les hausses d’impots et taxes souvent déguisés ( CSG, CARBURANT par exemple)

  • Par lorwakaf - 20/07/2018 - 22:57 - Signaler un abus Problème de l'efficacité de la dépense publique

    payer beaucoup d'impôts pourquoi pas mais il faut en avoir pour son argent. Ce qui n'est pas le cas et on pourrait en faire une liste ici : santé (déserts médicaux), éducation, ... De plus, il y a une culture de l'irresponsabilité à tous les niveaux, chacun peut le constater au niveau de sa commune. Les suédois paient énormément d'impôts : ça marche et ce modèle soit disant idéal est très dur. Par exemple, en fin de collège, les jeunes passent un examen et ils sont notés. Selon la note, ils peuvent prétendre à tel ou tel lycée (plus exactement, les lycées les plus cotés prennent les meilleurs élèves, le raisonnement étant: égalité de chances pour tous et après que le meilleur gagne! Au Danemark, les chômeurs sont très contrôlés. Je veux dire par là que haut niveau de charges, en Scandinavie, rime avec exigence et efficacité. En France, cela rime avec le n'importe quoi ...

  • Par pale rider - 21/07/2018 - 09:09 - Signaler un abus @ciara "si c'etait facile les autres

    l'auraient fait" : c'est difficile mais les autres l ont fait : la Suède l Allemagne et ... ils vont bien mieux depuis. Aucun pays d Europe n accorde ce statut inamovible et inique de la fonction publique et aucun ne nourrit autant de fonctionnaires/habitant.

  • Par edac44 - 21/07/2018 - 13:24 - Signaler un abus @ ciara : quand c'est gratuit, c'est vous le produit !...

    "On risque de vous faire payer des services qui aujourd'hui sont gratuits" dites-vous !... et ben non, rien n'est gratuit, ni en France ni ailleurs, car il faut bien payer à un moment donné celles et ceux qui assurent ces services dits gratuits et les moyens dont ils disposent pour les assumer. Ceci dit, dites-vous bien que le nombre d'assistés de toutes sortes dans ce "beau" pays France, sont bien plus catastrophiques pour nos finances publiques que le présent nombre de fonctionnaires dont le remplacement par le privé nous coûterait surement beaucoup plus cher, enfin à ceux qui paient des impôts, bien sûr !...

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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