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Blockchain : la technologie derrière le bitcoin va révolutionner nos vies (et même sans jamais acheter de crypto-monnaie)

Une technologie en passe d'éclipser le succès du bitcoin et du principe même des cryptomonnaies fait de plus en plus parler d'elle : le blockchain.

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Blockchain : la technologie derrière le bitcoin va révolutionner nos vies (et même sans jamais acheter de crypto-monnaie)

Atlantico : Si on entend énormément parler du bitcoin, on entend de plus en plus parler du blockchain, la technologie qui permet notamment l'existence du bitcoin. On pourrait penser que cette technologie ne profite qu'aux afficionados des monnaies numériques. Pourquoi le blockchain est pourtant en train de changer la vie de tout le monde, même de ceux qui n'ont pas un millionième de bitcoin en poche ?

Michel Ruimy : Pour mieux vous répondre, je commencerai par vous rappeler, en quelques mots, ce qu’est la blockchain et comment elle fonctionne.

La blockchain est un registre qui répertorie des transactions.

Elle stocke, par ordre chronologique, ces échanges de données, qu’on appelle « blocs ». Si une blockchain privée autorise un nombre limité d’acteurs à enregistrer des transactions ou à modifier le registre, par contre, une blockchain publique est d’une part, ouverte à l’ensemble des utilisateurs, dénommés « nœuds », et d’autre part, régulée grâce à un système de contrôle, distribué entre les utilisateurs. C’est le principe de décentralisation. Lorsqu’un utilisateur souhaite effectuer une transaction, cette opération est transmise au réseau de nœuds de la blockchain pour validation. Cette validation s’appuie notamment sur l’historique des opérations antérieurement enregistrées. Après validation, cette transaction est affectée à un bloc qui vient s’ajouter à la blockchain. Les blocs étant diffusés sur le réseau, chaque nœud peut vérifier cette opération de validation. Ceci renforce la sécurité de la blockchain.

L’objectif visé est d’éliminer les risques liés à un stockage centralisé des données en lui substituant un système décentralisé plus long, plus vaste qui rend plus ardu l’isolement d’opérations, situation qui pourrait rendre possible une transaction frauduleuse.

Ceci étant dit, si un de ses « enfants », le bitcoin, a, ces certains temps, défrayé la chronique, la chaine de blocs, en questionnant fondamentalement les schémas informatiques traditionnels de la mise à disposition et du partage sécurisés d’information, apparaît comme une technologie prometteuse pour divers secteurs. Elle permet, surtout, de créer de la confiance entre cocontractants sans intervention d’une tierce partie, de réduire, de manière importante, les coûts de transaction et de rendre possible l’automatisation de contrats immuables. C’est en ce sens qu’elle changerait la vie de chacun.

Jean-Paul Pinte :  Lorsque vous évoquez dans une réunion, une conférence, voire encore une discussion le concept de blockchain il est souvent aisé de constater que les regards sont dubitatifs, interrogatifs à l’annonce de ce terme ne sachant pas bien de quoi il en retourne. Et pourtant certains rapports ou livres blancs positionnent le sujet comme l’un des sujets principaux de notre siècle, voire encore comme la seconde révolution numérique de notre société.

La blockchain (chaîne de blocs) est une technologie qui permet de stocker et transmettre des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe central de contrôle. Elle ressemble à une grande base de données qui contient l'historique de tous les échanges réalisés entre ses utilisateurs depuis sa création. La blockchain peut être utilisée de trois façons : pour du transfert d'actifs (monnaie, titres, actions…), pour une meilleure traçabilité d'actifs et produits et pour exécuter automatiquement des contrats (des "smart contracts").

Les smart contracts sont concrètement des programmes informatiques conçus pour exécuter les termes d’un contrat de façon automatique lorsque certaines conditions sont réunies. Le but est toujours le même : désintermédier, « ubériser Uber » comme le dit Alex Tapscott, l’auteur du livre Blockchain revolution !

Un article de Journal du Net nous apprend que  la grande particularité de la blockchain est son architecture décentralisée, c'est-à-dire qu'elle n'est pas hébergée par un serveur unique mais par une partie des utilisateurs. Il n'y a aucun intermédiaire pour que chacun puisse vérifier lui-même la validité de la chaîne. Les informations contenues dans les blocs (transactions, titres de propriétés, contrats…) sont protégées par des procédés cryptographiques qui empêchent les utilisateurs de les modifier a posteriori.

Un livre blanc récent (novembre 2017) présente un aperçu du paysage actuel des développements DLT / Blockchain et examine de près les problèmes qui sont au cœur du développement de DLT / Blockchain. (DLT : DistributedLedger Technologies).

Les principales conclusions de ce rapport reprises sur le site de IATRANSHUMANISME  mettent en avant les défis et opportunités face à la DLT/Blockchain, le  rôle potentiel des normes par rapport à DLT / Blockchain.

Défis face à la DLT / Blockchain

Manque de clarté sur la terminologie et l’immaturité perçue de la technologie.
Les risques perçus lors de l’adoption anticipée et la perturbation probable des pratiques industrielles existantes.
Données insuffisantes sur les gains des entreprises et impact économique plus large.
Manque de clarté sur la façon dont la technologie est / serait gérée.
Incertitude autour de la réglementation.
Implémentations multiples non interopérables et la fragmentation qui en résulte.
Maintenir la sécurité et la confidentialité des données.
Assurer l’intégrité des données et un cryptage fort.
Nature énergivore de la technologie.
Manque de clarté concernant les contrats intelligents et comment les mettre en œuvre via DLT / Blockchain.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 15/01/2018 - 11:11 - Signaler un abus J'ai réalisé un exploit ! Lire l'article jusqu'au bout

    Le peu que j'ai compris, c'est que c'est cher, lourd, compliqué, et que ça consomme énormément d'énergie. Donc, j'en déduis que cette "révolution technologique" restera confidentielle, voire disparaitra. La difficulté à expliquer clairement (en 2-3 phrases simples et concrètes) en quoi ça consiste et en quoi ça change ce que l'utilisateur connaît, est d'ailleurs révélateur. Si j'ai compris de travers, merci de ré-expliquer. En plus simple pour mon esprit débile, merci.

  • Par Aetius451 - 15/01/2018 - 12:34 - Signaler un abus Rien compris!

    "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément". En conclusion, soit ce monsieur ou le journaliste qui rapporte ses propos n'a rien compris, soit il n'y a rien à comprendre. Marre de perdre mon temps avec ce genre d'articles!

  • Par Anouman - 15/01/2018 - 16:52 - Signaler un abus Sécurité

    Il y a quelques années on nous a présenté les "clouds" comme un stockage sécurisé jusqu'à ce que certains soient piratés. Personnellement je n'ai jamais cru qu'il y ait une sécurité absolue dès qu'on est connecté à un réseau. C'est pratique mais c'est tout. Quant au blockchain, s'il est considéré comme sur aujourd'hui, il y en a sans doute qui réfléchissent déjà à sa falsification. Il y a toujours des gens qui trouvent des failles.

  • Par adroitetoutemaintenant - 15/01/2018 - 19:29 - Signaler un abus On va faire simple

    On prend une chaine existante. Individu A vend à individu B une chose. La transaction forme un bloc qu’on va rattacher au dernier maillon de la chaine existante et pour l’isoler, on rajoute un maillon etc…Chaque bloc et chaque maillon est numérisé. Chaque chose peut être un container sur un cargo, lui-même contenant des chaines de choses. Une chose peut être une transaction financière ou une place d’avion ou une crotte de Jack Lang ou une baguette de pain. Comme dans toute transaction, la baguette de pain peut être pourrie, la crotte sentir plus mauvais que prévu ou les individus peuvent être louches genre Macron et l’hologramme de sa mère. Pour vérifier que les numérisations sont correctes on les fait inspecter par des mineurs qui utilisent leurs ordinateurs pour cela. Le mineur ressemble au cheminot qui vérifie que les roues du train et les rails sont en bon état en tapant dessus et que les wagons sont bien accrochés. Le premier mineur qui réussit à finir la vérification va toucher une partie de la somme en question = commission.

  • Par adroitetoutemaintenant - 15/01/2018 - 19:30 - Signaler un abus On va faire simple. Suite

    Bien sûr, on peut faire connement confiance à Maduro qui veut faire un pétro-coin dont la valeur est un baril de pétrole, ou on peut faire confiance à la banque qui nous vend du vent. Quant à ceux qui ont peur des voleurs je suis sûr qu’ils habitent dans des maisons sans fenêtre ni porte.

  • Par zelectron - 16/01/2018 - 06:31 - Signaler un abus chaque nœud "peut" vérifier

    chaque nœud "peut" vérifier cette opération de validation (et si il n'y a pas de vérification?). Ceci renforce (théoriquement) la sécurité de la blockchain. le bitcoin de transactionnel et devenu spéculatif , donc le contrôle est illusoire.

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Michel Ruimy

Michel Ruimy est professeur affilié à l’ESCP, où il enseigne les principes de l’économie monétaire et les caractéristiques fondamentales des marchés de capitaux.

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Jean-Paul Pinte

Jean-Paul Pinte est docteur en information scientifique et technique.

Maître de conférences à l'Université Catholique de Lille, il est expert en cybercriminalité.

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