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Billets d’avion, essence, chauffage… avez-vous réellement profité de la baisse des prix du pétrole ?

A son prix le plus bas depuis 12 ans maintenant, le prix du baril de pétrole chute depuis 18 mois... entraînant avec lui plusieurs effets sur l'économie mondiale. Mais au delà des aspects purement macro-économiques, la chute des tarifs a également quelques effets positifs, dont bénéficient les consommateurs, les entreprises et parfois l'Etat.

Or noir

Publié le - Mis à jour le 12 Février 2016
Billets d’avion, essence, chauffage… avez-vous réellement profité de la baisse des prix du pétrole ?

Atlantico : Le baril de pétrole est récemment descendu jusqu'à son prix le plus bas depuis 2004. Globalement, à qui profitent ces tarifs si bas ?

Philippe Crevel : Très clairement, le consommateur est le premier bénéficiaire de cette situation. C'est notamment le cas en raison de la baisse des prix de l'énergie : pour un consommateur français lambda, cela représente environ 1000 euros d'économie sur un an, du fait de la baisse du prix du pétrole.

C'est loin d'être anodin. Par ailleurs, en 2015, c'était l'une des raisons de la reprise de la consommation – hors énergie.

L'Etat, en revanche, bénéficie assez peu de cette situation. Et pour cause : les recettes issues de la TVA sur l'énergie ont, nécessairement, diminué. A l'inverse, la TIPP – qui est un droit fixe – n'accuse pas de perte. Sur cette situation seule, l'Etat n'est donc pas gagnant. Néanmoins, il gagne sur la reprise de la consommation. A ce niveau, il récupère ce qu'il a perdu d'un autre côté. In fine, cette situation est globalement neutre, voire positive pour l'acteur étatique... Rappelons qu'en 2015, la baisse du pétrole génère 0.4 points de croissance. Immédiatement, cela génère également plus de revenus, plus de consommation et, par conséquent, plus d'impôts.

La France est, désormais, un pays assez faiblement industrialisé. Globalement, nous bénéficions donc moins de la chute des tarifs que ne le fait l'Allemagne, à titre d'exemple, puisque nous consommons moins d'énergie. Tout un pan de l'industrie automobile est déjà partie. C'est également vrai pour le secteur de la chimie. La société française est, aujourd'hui, avant tout une société de service. Et cette désindustrialisation qui a cours en France implique que, même si nous tirons des avantages de la chute des tarifs, nous en tirons moins que ce n'était le cas entre 86 et 88.

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 11/02/2016 - 08:08 - Signaler un abus Le courage du gouvernement est démontré une fois de plus

    Ils ont profité de la baisse du gasoil et essence pour augmenter les taxes. Au depart c'était pour une question ecolo, mais voilà ils ont aussi augmenté l'essence, l'argument tombe c'est bien une nouvelle hausse d'impôts. Ce gouvernement n'a jamais assez d'argent et le déficit toujour aussi haut, il y a bien un problème de type socialiste.

  • Par zouk - 11/02/2016 - 13:44 - Signaler un abus Baisse des prix du pétrole

    Nous en voyons surtout les effets négatifs indirects: inquiétudes boursières peu justifiées, vente massive de ses investissement financier par les pays du Golfe.... et si bénéfice il y a pour les automobilistes ou les utiilisateurs de fuel ainsi que certaines industries, l'Etat, et pas seulement en France, cherche déjà comment nous confisquer le bénéfice de cette baisse du brut.

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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