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Le big data pourra-t-il être le médecin vraiment efficace de demain ?

Montres connectées, historiques de navigation, centralisation des données médicales... Les informations numériques constituent une mine d'information riche pour établir des diagnostics. Une évolution technologique qui ne pourra pas néanmoins remplacer le médecin, dont l'impact humain n'est pas encore remplaçable, et qui sera nécessairement à l'origine des programmes informatiques liés à l'interprétation de ces données.

Docteur IBM

Publié le
Le big data pourra-t-il être le médecin vraiment efficace de demain ?

Depuis deux ans, l’humanité a produit autant de données que depuis le début de l’Histoire humaine ; ce chiffre est amené à doubler tous les deux ans. Le nouveau champ de valeur ne réside plus dans l’information mais bien dans la pertinence de son exploitation. La Santé ne fait pas exception qui voit la littérature mondiale désormais disponible en ligne par tout un chacun. Certains, et notamment les grands du secteur informatique, ont entrepris de produire de l’intelligence avec ces données. Les uns à titre commercial, sans guère d’état d’âme, les autres pour faire avancer la médecine, la santé et tendre vers plus d’efficacité.

Dans les deux cas, ce que l’on a l’habitude d’appeler la vague du Big Data arrive. Attention c’est un tsunami.

Qui s’intéresse au Big Data en médecine ?

Ma question est stupide si l’on en croit le Global Data report de McKinsey de 2013 qui estime à 600 milliards USD la valeur des données de santé à échéance 2025. Cette masse d’argent suffit à elle-même pour susciter des grands élans humanistes chez les assureurs, les big pharma et ceux qui leur fournissent les pelles dans cette ruée vers l’or. Ainsi, Apple (Healthkit) travaille avec des grands assureurs santé US avec en ligne de mire le déremboursement des patients négligents. Google Genomics se pique de connaître votre génome et d’ailleurs vous le loue 25 USD par an. L’American Cancer Institute va payer 19 millions USD pour téléverser les 2,6 petaoctets de son Cancer Genome Atlas. Facebook collecte les données de communautés de patients en relation avec de grand acteurs privés notamment sur la prévention. Axa dans le même sens propose un dégrèvement de police d’assurance si vous faites plus de 10.000 pas par jour. On voit la stratégie en creux. D’autres sont plus à la peine qui, à l’instar d’IBM, tente à force marketing, de trouver un modèle commercial à son système de dialogue intelligent en langage naturel Watson. A ce jour, ledit Watson a battu en 2011 Ken Jennings et Brad Rutter deux champions de Jeopardy. En santé, n’est pas Sherlock Holmes qui veut.

A quand le médecin numérique artificiel ?

Un pas a été franchi qui envahi peu à peu les consciences. Ce ne sont plus les technologies qui organisent les systèmes d’information mais les besoins et les usages. Une évolution pointe le bout de son processeur avec la délégation de services d’information et l’externalisation des systèmes d’information hors les murs de l’hôpital. Le parcours de soins, le mal nommé - car on devrait parler de parcours de santé -, annonce l’avènement d’outils de coordination et de Care Managers sur la base de plateformes comme en Italie avec Softech. Le temps n’est plus très loin où les algorithmes de Microsoft permettront d’assister les médecins comme on le voit au Québec avec le 811 (triage intelligent des urgences par des infirmières spécialisées). La puissance de calcul est telle, de l’ordre du Yottabyte (1024 en 2020) et du Geopbyte (1030 en 2025) soit respectivement la puissance d’un et d’un million de cerveaux humains, qu’il est facile d’imaginer pouvoir diagnostiquer puis traiter 80% des cas cliniques avec une fiabilité inégalée et de plus d’enrichir les bases de connaissances communes. Ce médecin sera orienteur, psychologue, coordinateur et expert d’observance. Samuel Goldwyn de la MGM rechignait à faire des prédictions surtout pour l’avenir mais je pense que dans 10 ans la médecine, et plus important, la santé, auront changé au-delà du principe d’entropie linéaire.

 

 
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Jean-Pierre Blum

Jean-Pierre Blum est conseiller auprès du Président du groupe d’etudes parlementaire numérique et santé à l'Assemblée nationale.
Il est docteur en Médecine et docteur en pharmacologie cellulaire.

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