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Bienvenue dans le (vrai) nouveau monde : voilà les cartes des blocs qui s’imposent -et s’opposent- pour le 21e siècle

Russie, Chine, Etats-Unis, Europe... Depuis la guerre froide, les lignes ont bougé dans le monde entier.

Confrontations

Publié le

Florent Parmentier : Naturellement, d’autres regroupements sont apparus suite à la fin de la Guerre froide. Le mouvement des non-alignés a dû retrouver une direction, à un moment où un positionnement intermédiaire ne faisait plus sens et ne parvenait plus à masquer des différences d’intérêts et de représentations de l’ordre international. En Amérique du Sud, une tendance bolivarienne est apparue autour de la personnalité de Hugo Chavez – affirmant la volonté de souveraineté des pays sud-américains au détriment des Etats-Unis, à côté du Mercosur.

Les pays du Golfe, l’Union africaine, l’ASEAN (Asie du Sud-Est), le groupe de Visegrad (Europe centrale), les routes de la soie (inspirées par la Chine), le « corridor de croissance Asie – Afrique (Inde) ont à des degrés divers poursuivi une démarche plus ou moins forte d’institutionnalisation. L’ère n’est plus aux blocs étanches, mais à des démarches multi-partenariales qui marquent une diversification géopolitique accrue des relations internationales.

 

François Gèré : Sans avoir d’ambitions mondiales, certains Etats sont tentés par la création de sphères d’influence régionale appuyée sur des idéologies nationalistes ou religieuses. Lors du démantèlement du bloc soviétique la Turquie a espéré venu le moment de la formation d’un espace culturel turc regroupant turcomans, turkmènes, uighours et mongols. Mais outre l’opposition des autres puissances régionales, les moyens ont manqué pour créer les indispensables infrastructures routières et ferroviaires. Il en va de même pour l’Iran qui reste trop faible pour créer un arc chiite puissamment soudé. Il y a certes des implantations ponctuelles en Irak, au Liban et à Bahreïn. L’actuel succès militaire iranien en Syrie crée des espérances de développement de la puissance en direction de la Méditerranée. Mais les obstacles sont trop nombreux et considérables pour que Téhéran puisse prétendre à un hégémonisme.

 

 

 

 
Commentaires

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  • Par gerard JOURDAIN - 05/03/2018 - 19:18 - Signaler un abus ah bon!!

    on m'avait vendu que l' europe était la première économie mondiale?

  • Par vangog - 07/03/2018 - 00:48 - Signaler un abus Fin des guerres idéologiques, univoques...

    et naissance de conflits basés sur des intérêts stratégiques, économiques, nationaux...intérêts plus multipolaires, incluant une temporalité plus forte et plus changeante, donc plus modernes! Les pays qui parviendront à prendre l’ascendant seront ceux parvenant à un compromis entre intérêts nationaux et intérêts internationaux, une fameuse gageure dans un monde où l’information est biaisée selon les vieux slogans idéologiques bipolaires du passé marxiste. Les USA et la Russie sont à l’avant-garde de cette nouvelle donne multipolaire. L’UE est isolée, à sa manière, par son idéologie mondialiste qui la mènera vers un désastre inéluctable, sauf sursaut de dernière minutes...La Chine est, comme les médias occidentaux, engluée dans une vieille idéologie unipolaire, dont elle ne parvient à s’extraire. Isolée, elle jouera la stratégie du pourrissement, déjà entamée avec son pitbull coréen. Deux blocs gagnants, au final, le russe et l'américain, en évolution équilibrée avec un monde qu’ils savent anticiper. Et deux blocs en perdition, l’europeen et le chinois, en pourrissement civilisationnels...à moins de révolutions régénératrices...qui vivra verra!

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Philippe Fabry

Philippe Fabry est historien et tient le blog Historionomie, principalement dédié à l'étude des schémas historiques et leur emploi à des fins d'analyse géopolitique et de prospective. Il a publié Rome du libéralisme au socialisme, Leçon antique pour notre temps (2014),et Histoire du Siècle à Venir (2015). Son nouveau livre, Atlas des guerres à venir, paraîtra en février 2017.

 

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Florent Parmentier

Florent Parmentier est maître de conférences à Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC. Il a récemment publié, aux Presses de Sciences Po, Les chemins de l’Etat de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie. Il est le créateur avec Cyrille Bret du blog Eurasia Prospective et est vice-président de Global Variations, un think tank travaillant sur les effets géostratégiques des innovations disruptives.

Pour le suivre sur Twitter : @FlorentParmenti

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François Géré

François Géré est historien.

Spécialiste en géostratégie, il est président fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et chargé de mission auprès de l’Institut des Hautes études de défense nationale (IHEDN) et directeur de recherches à l’Université de Paris 3. Il a publié en 2011, le Dictionnaire de la désinformation.

 

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