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Bienvenue dans le (vrai) nouveau monde : voilà les cartes des blocs qui s’imposent -et s’opposent- pour le 21e siècle

Russie, Chine, Etats-Unis, Europe... Depuis la guerre froide, les lignes ont bougé dans le monde entier.

Confrontations

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Bienvenue dans le (vrai) nouveau monde : voilà les cartes des blocs qui s’imposent -et s’opposent- pour le 21e siècle

Dans un contexte où Washington, Paris et Berlin font actuellement pression sur la Russie de Vladimir Poutine pour obtenir un cessez-le-feu en Syrie, ​actant de fait l'influence de Moscou sur Damas, quel bilan dresser de l'évolution des différents "blocs d'influence" mondiaux depuis la guerre froide ? ​Après le dualisme des blocs occidental et soviétique de la guerre froide, la Chine apparaît-elle aujourdhui comme un troisième pôle d'influence de niveau mondial ? 

Philippe Fabry : Je ne dirais pas exactement cela, parce que même si la Chine est sur le point de pouvoir faire jeu égal avec les Etats-Unis pour ce qui est de la puissance nationale sur les plans militaire et économique, il reste que si une guerre entre ces deux pays éclatait demain, la Chine serait pratiquement seule mais devrait faire face à une coalition rassemblant autour des Américains tout ou partie de ses voisins inquiets : le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, le Vietnam, l’Australie, les Philippines, et possiblement l’Inde.

Même les Européens soutiendraient probablement l’effort américain dans le cadre de l’OTAN, si la Chine attaquait les Etats-Unis, par exemple en frappant Guam, pour tenter de les expulser d’Asie.

 

La Chine n’est donc pas, seule, un troisième pôle d’influence, dans l’état actuel des choses, tout comme la Russie, seule, n’est pas vraiment un second pôle d’influence : malgré la volonté de Poutine de donner l’impression d’être une vraie puissance mondiale avec son intervention en Syrie, la Russie demeure pratiquement absente d’Afrique, et négligeable en Asie. Les Etats-Unis demeurent le seul pays du monde à pouvoir être un pôle à lui tout seul. La Chine et la Russie ont chacune l’ambition de se hisser à un tel niveau, mais n’y sont pas encore.

 

En revanche, et avec cet objectif en vue, ils ont incontestablement formé un axe commun - par des accords bilatéraux d’une part, et des organisations communes d’autre part : Organisation de la Coopération de Shangaï, Banque asiatique d’investissement dans les infrastructure - afin de contester l’hégémonie américaine dénoncée sous ce vocable « d’unipolarité ». La réalité est que Russes et Chinois espèrent à terme pouvoir bousculer ensemble l’ordre mondial américain et lui substituer une multipolarité leur laissant à tous deux le champ libre pour dominer leur propre zone d’influence : l’Europe et la Méditerranée pour la Russie, l’Est du Pacifique et l’Océan indien pour la Chine. L’ambition à long terme de la Chine va sans doute plus loin puisque le « One Belt, One Road » de Xi Jinping est un moyen de dominer à terme toute l’Eurasie ; inversement, le souci géopolitique à long terme de la Russie est de se créer à l’Ouest un socle de puissance qui lui permette demain de tenir tête à la Chine.

 

Florent Parmentier : De prime abord, il faut concéder que l’intervention russe en Syrie a marqué le retour de Moscou au Moyen-Orient ces trois dernières années. Après les conflits en Géorgie (2008) et en Ukraine (2014), la Russie tentait pour la première fois de sortir de l’espace post-soviétique, malgré la trace indélébile qu’avait laissé l’Afghanistan en 1979.

 
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  • Par gerard JOURDAIN - 05/03/2018 - 19:18 - Signaler un abus ah bon!!

    on m'avait vendu que l' europe était la première économie mondiale?

  • Par vangog - 07/03/2018 - 00:48 - Signaler un abus Fin des guerres idéologiques, univoques...

    et naissance de conflits basés sur des intérêts stratégiques, économiques, nationaux...intérêts plus multipolaires, incluant une temporalité plus forte et plus changeante, donc plus modernes! Les pays qui parviendront à prendre l’ascendant seront ceux parvenant à un compromis entre intérêts nationaux et intérêts internationaux, une fameuse gageure dans un monde où l’information est biaisée selon les vieux slogans idéologiques bipolaires du passé marxiste. Les USA et la Russie sont à l’avant-garde de cette nouvelle donne multipolaire. L’UE est isolée, à sa manière, par son idéologie mondialiste qui la mènera vers un désastre inéluctable, sauf sursaut de dernière minutes...La Chine est, comme les médias occidentaux, engluée dans une vieille idéologie unipolaire, dont elle ne parvient à s’extraire. Isolée, elle jouera la stratégie du pourrissement, déjà entamée avec son pitbull coréen. Deux blocs gagnants, au final, le russe et l'américain, en évolution équilibrée avec un monde qu’ils savent anticiper. Et deux blocs en perdition, l’europeen et le chinois, en pourrissement civilisationnels...à moins de révolutions régénératrices...qui vivra verra!

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Philippe Fabry

Philippe Fabry est historien et tient le blog Historionomie, principalement dédié à l'étude des schémas historiques et leur emploi à des fins d'analyse géopolitique et de prospective. Il a publié Rome du libéralisme au socialisme, Leçon antique pour notre temps (2014), Histoire du Siècle à Venir (2015), Atlas des guerres à venir (2017). Son nouveau livre, La Structure de l'Histoirevient de paraître.

 

 

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Florent Parmentier

Florent Parmentier est maître de conférences à Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC. Il a récemment publié, aux Presses de Sciences Po, Les chemins de l’Etat de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie. Il est le créateur avec Cyrille Bret du blog Eurasia Prospective et est vice-président de Global Variations, un think tank travaillant sur les effets géostratégiques des innovations disruptives.

Pour le suivre sur Twitter : @FlorentParmenti

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François Géré

François Géré est historien.

Spécialiste en géostratégie, il est président fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et chargé de mission auprès de l’Institut des Hautes études de défense nationale (IHEDN) et directeur de recherches à l’Université de Paris 3. Il a publié en 2011, le Dictionnaire de la désinformation.

 

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