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Bien plus fréquentes que vous ne le croyez, pourquoi les erreurs médicamenteuses sont devenues un problème majeur

Souvent négligé, ce type d'erreurs arrive pourtant régulièrement, avec des conséquences parfois graves. En cause de ces mauvaises prescription, on retrouve souvent un problème de communication.

Risque sanitaire

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Bien plus fréquentes que vous ne le croyez, pourquoi les erreurs médicamenteuses sont devenues un problème majeur

Atlantico : Qu’appelle-t-on erreur médicamenteuse ?

Cette notion a une acception très large. Elle est définie par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). On parle d’erreur médicamenteuse chaque fois qu’une personne soignée, ou si l’on préfère un patient, n’a pas exactement reçu le traitement médicamenteux qu’il aurait dû recevoir. Une erreur médicamenteuse est par définition non intentionnelle. L’erreur médicamenteuse fait partie de ce que l’on appelle la iatrogénie médicamenteuse (les effets indésirables liés à l’usage des médicaments).

La iatrogénie est le domaine des événements indésirables (EI), parfois graves (EIG), liés aux différentes activités de soins en général.

Certaines erreurs médicamenteuses sont liées à un acte incorrect, comme la prescription à une personne d’un médicament qui lui est formellement contrindiqué ; d’autres sont liées à une omission, par exemple celle de mettre fin à un traitement alors que la prescription médicale l’a pourtant spécifié, ce qui peut dans certains cas être dangereux.

Une erreur médicamenteuse peut se produire lors d’une des trois étapes du circuit du médicament : il peut s’agir d’une erreur de prescription, comme un celle d’un médicament bêtabloquant à une personne ayant un asthme bronchique sévère (erreur médicale) ; d’une erreur de dispensation médicamenteuse (étape qui relève de la compétence du pharmacien : analyse de l’ordonnance, préparation des doses à administrer, informations données relatives au bon usage du médicament, délivrance du médicament) ; d’une erreur d’administration, étape effectuée soit par le patient lui-même, soit par un proche, soit par une infirmière ou tout autre professionnel de soins habilité à administrer un médicament.

Une erreur médicamenteuse est par définition évitable, car elle est la conséquence du non-respect d’une prescription médicale écrite ou d’une consigne ou règle censée connue des différents intervenants. Elle n’est pas un aléa thérapeutique, à la différence d’une réaction grave, très rare et imprévisible d’un patient à un médicament qui lui est administré pour la première fois (domaine de la iatrogénie médicamenteuse non fautive).

Les erreurs médicamenteuses sont toutes ou presque potentiellement dangereuses : elles peuvent générer ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler un événement indésirable (EI) parfois grave (EIG) chez le patient.

Il est d’usage enfin de distinguer les erreurs médicamenteuses avérées (qui se sont réellement produites), de celles qui n’ont été que potentielles (repérées et corrigées in extremis, juste avant l’administration à la personne soignée).

Dans quel contexte surviennent les erreurs médicamenteuses ?

Les erreurs médicamenteuses sont essentiellement étudiées dans les institutions, c’est-à-dire les hôpitaux, les cliniques, les centres de soins de suite et réadaptation (SSR) et les établissements médico-sociaux, en premier lieu les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou maisons de retraite, ces derniers car les résidants des EHPAD reçoivent en général des traitements médicamenteux assez importants.

 
Commentaires

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  • Par adroitetoutemaintenant - 18/08/2017 - 14:00 - Signaler un abus 2ème cause de mortalité

    Aux Etats-Unis, les erreurs médicales (dont les erreurs médicamenteuses ne sont qu'une partie) et les complications médicales (dont les complications médicamenteuses ne sont qu'une partie) représentent la 2ème cause de mortalité, a égalité avec le cancer ! Aucune raison de penser que l'Europe est différente.

  • Par Stéphane Gayet - 18/08/2017 - 15:13 - Signaler un abus Les Etats-Unis sont souvent plus transparents

    Bien sûr, nos organisations hospitalières ayant tout de même un certain nombre de points communs, on retrouve les mêmes faiblesses et les mêmes défaillances de part et d'autre de l'Atlantique. Mais les Etats-uniens sont moins complexés que nous et sont davantage transparents. Toujours est-il qu'en France, Nous avons beaucoup de difficultés à faire progresser la sécurité de la prise en charge médicamenteuse, cela depuis une quinzaine d'années.

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Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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