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Bidzina Ivanishvili : l’oligarque géorgien qui défie Mikhail Saakashvili et Barack Obama

Tête nouvelle dans le paysage politique géorgien, Bidzina Ivanishvili a entamé une intense campagne de lobbying Outre-Atlantique afin de se faire connaître auprès des Américains. Suffisant pour faire oublier son tropisme pro-russe et sa fortune opaque ?

Oligarchie

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«Cher Président Obama… », quelle personnalité peut se permettre de publier une lettre ouverte au président des Etats-Unis sur une pleine page du Washington Post le 30 janvier dernier ? Bidzina Ivanishvili, l'un des hommes les plus riches du monde, l’a fait ! Il a envoyé un message à Barack Obama dans lequel il dénonce la politique du gouvernement géorgien et appelle les Etats-Unis à s’impliquer davantage. L'objectif de l'oligarque : renverser l'actuel président géorgien, Mikhail Saakashvili et prendre le pouvoir, soutenu par la Russie qui lui facilite en sous-main le travail pour récupérer, par son intermédiaire, le contrôle de son ancienne "colonie" des bords de la Mer Noire. 

Le Washington Post n’est pas le seul quotidien à avoir accordé une telle exposition positive à Bidzina Ivanishvili.

Ainsi, le 5 avril dernier, le New York Times publie un article intitulé « De philanthrope à ennemi public en Géorgie », magnifique hagiographie de l’oligarque. Un très bel exercice dans la plus pure tradition soviétique : Ivanishvili y apparaît encore une fois comme un homme d’affaires philanthrope porteur d’une grande espérance populaire en Géorgie. 

Au-delà de cette vitrine achetée dans la presse internationale à coup de milliers de dollars, la réalité est un peu différente : le franco-géorgien a fait fortune (6,4 milliards de dollars d'après Forbes) grâce aux privatisations opaques lors de la transition post-soviétique en achetant au rabais des entreprises d’Etat.

Bidzina Ivanishvili ne fait pas les choses à moitié : il emploie aujourd'hui pas moins de sept cabinets de lobbying pour défendre sa réputation à Washington, dont Patton Boggs, National Strategies et BGR Gabara, les plus prestigieux cabinets internationaux. Depuis novembre, BGR Group recevrait près de 25 000 $ par mois de la part de l’oligarque. Celui-ci rémunère également Sam Patten, un cabinet de consultants basé en Géorgie, à hauteur de 20 000 $ par mois. A son service, travaillent maintenant pour lui Kurt Volker, ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’OTAN et Mark D. Cowan, ancien Assistant Legislative Counsel du directeur de la CIA. On parle d'un budget de plus de 4 millions de dollars par mois dédié à ses seules dépenses en lobbying et relations publiques, des dépenses supérieures à ce que des firmes de l'industrie pharmaceutiques ou de l'industrie du tabac peuvent dépenser chaque année !

Cette mobilisation internationale donne des résultats : l'oligarque a réussi à influencer jusqu'au Congrès américain, pour preuve le nouveau projet de loi anti-Géorgie et anti-Sakachvili, le Georgia Democracy Act of 2012, dévoilé fin mars, dans lequel les intérêts politiques géorgiens de Bidzina Ivanishvili sont très positivement valorisés, le seul homme politique géorgien à être mentionné d'ailleurs. Les opposants au régime de Bahreïn attendent encore une telle implication des membres du Congrès… 

 
Commentaires

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  • Par pluralisme - 15/05/2012 - 18:35 - Signaler un abus pluraliste

    l'article me semble t il est très partisan. Il aurait été utile de la nuancer en indiquant par exemple que Bidzina Ivanishvili était en train de rompre tous les liens économiques avec la Russie. Voici 2 jours la vente de sa banque en Russie ainsi qu une chaîne de pharmacies étaient annoncées officiellement. Le reste de ses actifs devant être liquidés avant fin mai. Pourquoi ne pas avoir mentionné ce fait dans votre article?. En ce qui concerne les liens évidents politiques qu il aurait avec la Russie, sur quoi basez vous cette assertion sachant qu il a quitté la Géorgie depuis 10 ans et qu'il n a plus de liens économiques avec ce pays. Tous les pays européens (et autres) ont des liens politiques avec la Géorgie, en quoi est ce un problème?. C'est l'absence de lien politique actuel de la Géorgie envers son voisin qui semble anachronique et davantage inquiétant. Pour le lobbying dont vous parlez, quel autre choix proposez vous afin de montrer le vrai visage du régime politique actuel en Géorgie (antidémocratique, cynique et violent)? des rébellions armés comme en Syrie ou en Libye? s'il a la chance de pouvoir faire passer cette information, c'est tant mieux pour la Géorgie

  • Par pluralisme - 15/05/2012 - 20:54 - Signaler un abus pluralisme

    Pierre-Yves Amara : correspondant du quai d'Orsay???? c'est une fonction officielle??? pouvez vous préciser? je ne connais pas la nature de cette fonction ni jamais lu votre nom dans la presse.... a lire votre article on penche davantage pour le titre de journaliste mercenaire payé par un pouvoir aux abois mais bon ...il faut bien vivre n'est ce pas?

  • Par Raskolnikov - 16/05/2012 - 00:43 - Signaler un abus Erreurs multiples

    1)B Ivanishvili n a pas 1% de Gazprom ni de participation dans Lukoil 2) confusion incroyable entre lui et V Malkin son ancien associe chez Rossisky Kredit, et c est ce dernier qui est interdit de sejour au Canada. D ailleurs l affaire qui lie V Malkin a l Angola n est pas un trafic de diamants, mais l affaire de l Angolagate (trafic d ARMES), affaire dans laquelle, d ailleurs, il a ete blanchi a 100% depuis des annees. Bref, pas tres serieux tout cela...

  • Par P-Y - 16/05/2012 - 10:11 - Signaler un abus @pluralisme

    l'article a été écrit il y a plus d'une semaine, soit avant que la Rossiyskiy Kredit Bank soit vendue... Ensuite, je ne critique pas le fait que des politiciens géorgiens aient des liens avec les russes (c'est parfaitement normal étant donné que ces pays sont limitrophes). Cependant, il y a une marge entre avoir des liens avec le pays et dire que la Russie est plus démocratique que la Géorgie ou baser une partie de sa campagne sur le renforcement des liens avec Moscou. En ce qui concerne le lobbying, c'est juste une constatation. Avez-vous beaucoup d'exemples en tête d'hommes d'affaires et/ou challengers politiques s'offrant une pleine page dans le Washington Post pour apostropher Barack Obama? Si oui, je suis preneur... Enfin, le parallèle avec les rébellions armées syrienne et libyenne est affreusement absurde et ne mérite pas que l'on s'y attarde. Cordialement, l'auteur.

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Pierre-Yves Amara

Pierre-Yves Amara est ancien correspondant du Quai d'Orsay en Tunisie puis en Macédoine.

Depuis 2001, il est consultant en géopolitique pour plusieurs entreprises internationales. Vivant à Londres, il voyage beaucoup, notamment dans l'ex-bloc soviétique, en Afrique et en Asie.

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