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Extra

Bernard Squarcini
et ses amis Guérini
(extraits de L'espion du président)

Avant de devenir le patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), Bernard Squarcini était préfet de police. L'occasion de nouer des liens avec les controversés frères Guérini. Seconds extraits de "L'espion du président, au cœur de la politique Sarkozy".

Shark attack

Publié le 19 janvier 2012
 

C’est Nicolas Sarkozy qui a offert à Bernard Squarcini une casquette de préfet, en lui confiant Marseille pour premier poste en mars 2004. Pas mal, même si le Squale aurait préféré rester à Paris et succéder à Yves Bertrand à la tête des RG. Mais Chirac, alors président de la République, s’y est opposé. Il a donc été contraint à l’exil. À un exil provisoire.

Squarcini se sent chez lui à Marseille où Sarkozy lui a offert une casquette de préfet. D’abord parce qu’il a effectué ses études de droit dans la ville voisine, à Aix-en-Provence. Ensuite parce qu’il a élu domicile non loin, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Digne-les-Bains. Plus encore, Marseille est une annexe de la Corse. Flics, avocats, juges et voyous : tout le gratin insulaire est passé, passe ou passera par le Vieux-Port.

En tout cas, avec les Guérini, originaires de Calenzana en Haute-Corse, le courant est forcément passé. Bernard tutoie Jean-Noël. (...) «Bernard, c’est mon ami », jure depuis Guérini. « Jean-Noël, je l’apprécie », assure Squarcini.

À dire vrai, on s’en serait douté. Le juge Duchaine plus que tout autre. La proximité entre les deux hommes a sauté aux yeux du magistrat dès qu’il a commencé à enquêter sur les agissements supposés frauduleux du frère du président du conseil général. Le 27 avril 2009, Alexandre appelle son aîné. Ce dernier est inquiet. Un « ami » vient de le prévenir : « Il y a le grand là, le long, le docteur qui cherche des poisses. » (1) « Le grand », « le docteur », c’est Renaud Muselier, le député UMP, son adversaire politique. Alex cherche à le rassurer : « Je n’ai rien à me reprocher. » Son frère en doute. Pour en être tout à fait certain, il a prévu de reprendre contact rapidement avec son ami informateur.

Jusqu’à présent, ce dernier ne pouvait pas lui en dire plus : « Il allait entrer en présentation », assure Jean-Noël à son frère. Mais : « Il va me rappeler, dans l’après-midi s’il peut, de Madrid. » Qui est donc cet homme de Madrid, ce mystérieux individu qui informe les frères Guérini qu’une « enquête préliminaire » vient d’être ouverte (2) ? La réponse à cette question se trouve peut-être dans le bureau de Renaud Muselier à l’Assemblée nationale, au 101, rue de l’Université à Paris. Parmi d’autres clichés, où il apparaît aux côtés de Jacques Chirac, Dominique de Villepin ou Nicolas Sarkozy, le député a fait suspendre un petit cadre sur lequel figurent quatre individus. Tous hilares, tous habillés de la même manière : frac noir et queue-de-pie, chemise et noeud papillon blanc, gilet rouge. La photo a été prise à Madrid, lors d’une visite d’État du président Sarkozy au roi Juan Carlos. Les trois joyeux drilles qui posent en compagnie du député Muselier ne sont pas les premiers venus : il y a le conseiller élyséen Pierre Charon, l’homme des bons et des mauvais coups ; le directeur général de la Police nationale, Frédéric Péchenard, et le directeur central du renseignement intérieur, Bernard Squarcini. La scène a été immortalisée le 26 avril 2009, quelques instants avant un dîner d’État.

(1) Le Canard enchaîné, 16 février 2011.

(2) La taupe se trompe. L’enquête préliminaire n’a jamais existé, l’information judiciaire oui.

 


Commentaires

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  • Par Obsédé Textuel - 20/01/2012 - 19:05 - Signaler un abus Un livre qui ne se vendra pas

    C'est bien connu, lorsqu'un livre ne se vend pas, ou bien que les signes de l'éditeur ne sont pas bon, on en publie les "bonnes feuilles" ou prétendues telles, dans la presse.

  • Par Takezo - 20/01/2012 - 16:37 - Signaler un abus @emzy

    et je n'ai pas eu besoin d'un livre pour m'interroger sur le règne de Mitterrand qui lui ne sera jamais critiqué. J'attends la vérité, pas des suppositions.

  • Par Takezo - 20/01/2012 - 16:23 - Signaler un abus @emzy

    Oh mais ils sont ouverts justement mes yeux !!! Et c'est très étrange de ne pas entendre le PS hurler au scandale si ce livre contient des révélations aussi sensationnelles. J'attends de voir en effet car il s'agit de la énième attaque contre Sarkozy qui semble le seul homme politique à avoir des relations avec des préfets, juges, policiers... Les autres non. Vraiment ?

  • Par emzy - 19/01/2012 - 21:45 - Signaler un abus Lire le livre avant de juger

    Takezo il faudrait peut être lire le livre dans son intégralité avant de pestiférer!!!
    Mais surtout gardez les yeux bien fermé....

  • Par le Gône - 19/01/2012 - 19:17 - Signaler un abus C'est simple...

    Quand je vois "journaliste au Canard Enchainé", d'abord je rigole, "journaliste " !! comme si au Canard il y' avait des journalistes!! puis je tourne la page..car là vraiment je vois pas ce que je peux apprendre a part les "vômissures" de ces gens là!

  • Par Lepongiste - 19/01/2012 - 17:01 - Signaler un abus Trop forts ! les médias et les journalistes inféodés à la gauche

    arrivent à détourner l'affaire Guérini lequel devient un ami de Squarcini !!
    Affaire Guerini dont on n'entend plus rien du côté de la gauche pourtant responsable d'avoir couvert leur chef militant Marseillais pendant tant d'années !!!

  • Par Takezo - 19/01/2012 - 16:11 - Signaler un abus Mais quelle police politique encore une fois ???

    Si elle existe, quelle a été son action concrètement ? Il ne suffit pas de lâcher ces mots comme des grenades. Je n'ai pour le moment pas entendu de révélations fracassantes. C'est juste la énièmes attaque contre NS et ça commence à devenir fatiguant. Et le scandale du financement des syndicats, lui bien réel, personne n'en parle !

  • Par Ann O'nymous - 19/01/2012 - 11:50 - Signaler un abus Une coïncidence, sûrement...

    Une coïncidence, sûrement...

Olivia Recassens - Didier Hassoux - Christophe Labbé

Olivia Recasens et Christophe Labbé sont journalistes au Point.

Didier Hassoux au Canard enchaîné.

Ils ont coécrit tous les trois L'espion du Président (Robert Laffont, 2012)

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