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Bernard Arnault, une des premières fortunes mondiales, a construit son empire du luxe en une génération

C’est l’histoire d’un héritier pas comme les autres. D’abord parce qu’il hérite de peu de chose au départ comparé à ce qu’il possède aujourd’hui. Mais s’il est né dans une famille d’entrepreneurs, il a tout recrée de lui-même. Il est devenu l’homme le plus riche de France et il a mis sa famille à l’abri pour des générations et des générations. A lui maintenant de préparer ses héritiers à perpétuer son œuvre.

Atlantico Business

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Alors, chose inattendue, Bernard Arnault retraverse l’Atlantique en 1984 et revient en France.  Et plus surprenant encore, les socialistes vont l’y aider. Dans le monde des affaires, on ne cesse de parler de Boussac, ce groupe de textile au bord de la faillite. Arnault monte une offre de reprise, avec un consortium de banques prêt à l’aider. Le gouvernement socialiste approuve et il devient PDG de la Compagnie Boussac-Saint Frères. L’affaire Boussac est une pochette surprise, car le groupe racheté possède un beau panel de marques : les couches Peaudouce, Conforama – qu’il revendra bien vite -  et quelques pépites comme Christian Dior Couture et Le Bon Marché. Dior deviendra son emblème.

Dans le même temps, Bernard Arnault reste attentif à ce qui se passe dans le monde des affaires. Il garde un œil sur une fusion qui a eu lieu en 1987 entre deux fleurons français : Louis Vuitton, l’entreprise de maroquinerie et sa fameuse toile, celle d’Henri Racamier, et Moet-Hennesy, les champagnes et spiritueux. Ce qui l’intéresse, c’est le portefeuille de LVMH. On y retrouve Céline, Christian Lacroix et Dior Parfums. Ca pourrait compléter sa collection alors ça le titille. Mais ce n’est pas si simple, cette fois, une simple offre d’achat ne suffit pas. Alors, Bernard Arnault va,  par le biais d’une nouvelle société, acquérir des actions, au compte-gouttes et profitant des baisses boursières pour faire des coups. Il en rachète jusqu’à être détenteur de 40% du capital. A ce niveau-là, il devient actionnaire majoritaire. Facile de se hisser à la tête du groupe, et d’en débarquer les deux anciens dirigeants.

Des 10 marques de départ de LVMH en 1987, Bernard Arnauld a construit un groupe qui en a plus de 70 aujourd’hui. Il n’est pas collectionneur d’art pour rien. Chaque marque, c’est un peuun tableaude Mondrian ou de Basquiat à posséder, pour laquelle il se bat bec et ongles. Certes, il connaitra quelques échecs, en laissant filer Gucci à son concurrent François Pinault, et quand il ne parviendra pas à racheter Hermès car la cellule familiale se liguera contre lui. Mais il réalise tout de même de formidables acquisitions : Kenzo, Guerlain, Marc Jacobs, Bulgari, Loro Piana… pour les maisons de mode et de joaillerie. Mais LVMH, c’est aussi la distribution, Le Bon Marché, la Grande Epicerie, bientôt la Samaritaine qui donnera lieu à un magasin et à un hôtel, son nouveau credo.

Bernard Arnault n’était pourtant pas prédestiné à réussir dans le luxe. Il a commencé en rachetant Dior. Mais c’est un collectionneur, et un businessman avec le sens des affaires. Il a 68 ans aujourd’hui. Alors, qui de Delphine, Antoine, Alexandre ou Frédéric atteindra la première place ? Ses enfants sont clairement destinés à prendre les rênes, mais leur seul nom ne suffira pas. Il les a mis a « L’école Arnault »qui est réputée difficile. Il leur faudra du travail et de la patience, tous les enfants ont effectué des stages de vente, des diplômes aussi et des défis. Prendre les rênes d’une marque pour la faire vivre et évoluer, réussir de nouvelles acquisitions, dans d’autres secteurs peut-être. Bernard Arnault s’intéresse beaucoup à la technologie, il n’est pas absent de ce secteur même s’il reste très prudent . Il compte bien se faire aider, par Alexandre, son fils à la tête du bagagiste Rimowa, tout nouveau rachat, et aussi par les relations qu’il a tisse dans le monde des nouvelles technologies.

 
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Aude Kersulec

Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 

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