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Le bazar « Über alles » ! Comment le phénomène Uber commence déjà à déraper sur les chaussées mondiales

Le fondateur de Uber, qui eu l’idée de créer Uber en France, après une expérience douloureuse avec les taxis parisiens, aime les pieds de nez.

Les entrepreneurs parlent aux Français

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Le bazar « Über alles » ! Comment le phénomène Uber commence déjà à déraper sur les chaussées mondiales

Une large partie de ses ascendants ont disparu dans l’abyme, que constitue cet épisode honteux de notre histoire Européenne, encore si proche, celle du Nazisme. C’est une grimace aux théories eugéniques qui prônaient l’arrivée de  l’« übermensch » ce surhomme, cet être parfait décrit par ce cinglé d’Hitler, qu’il voulait imposer au monde. A plus de 70 ans d’intervalle, c’est le cri de revanche d’un homme qui souhaite, dans son domaine, imposer une « über société » qui contrôlerait le monde, par un service parfait centré sur le client.

C’est un magnifique rêve d’entrepreneur, assis sur un besoin de résurrection compréhensible pour celui, qui comme nombre d’hommes et femmes de ces pays, ont perdu leurs racines en perdant les leurs, dans les camps nazis. Gazés, humiliés et partis en fumée, la vie, maintenue au travers de leurs rares descendants, retrouve son cours par la création de succès mondiaux, que le désir d’exister pousse à enterrer la mémoire de mort. Respect. Mais…

Uber est un phénomène que nous avons généré, mais dont nous ne toucherons pas les bénéfices. Uber cela aurait pu être G7. Il aurait fallu pour cela que cette société au lieu de s’endormir sous le poids confortable de la rente, pense sortir de la torpeur dans laquelle plongent les situations de facilité, pour innover et devenir notre champion mondial. Mais les actionnaires de cette société, héritière des faveurs Mitterrandiennes, ont choisi leur camp, celui de la rente, maintenant dans la pauvreté des chauffeurs obligés de bosser 70H par semaine, pour un salaire indécent, et un chiffre d’affaire obéré par le remboursement de la licence et les redevances monstrueuses versées à G7, qui cumule près de la moitié des taxis et des courses à Paris. Cumulait pour être plus juste, jusqu’à l’arrivée des VTC et du fameux et fumeux Uber.

Décidément nous aurons eu le minitel mais pas l’internet, nous aurions pu avoir la domination mondiale au lieu de cette petite rente qui engraisse et pousse à la paresse des acteurs qui en bénéficient, ou plutôt utilisent leurs réseaux politiques pour l’entretenir. Dans un système opaque et quasi mafieux de récupération, location et revente de licence, totalement anormal. G7 sera sûrement puni, mais nous aussi. Dommage. Nous aimons laisser passer, en France, les occasions de prendre le leadership mondial, par trop d’arrogance ou de paresse, ce qui est une insulte à la créativité des français.

Le plus surprenant, pour moi, fut que les taxis perclus de dettes et croulant sous d’épuisantes heures hebdomadaires, depuis plus de 30 ans, soient aussi prompts à brûler des pneus porte maillot à l’arrivée de Uber, alors que leur premier exploiteur est resté à l’abri de leur courroux. Mais « courroux coucou » est devenu leur devise face à l’arrivée de ceux qui allait les faire passer de la survie à la détresse. Comme toujours les français ne se révoltent que lorsqu’ils ont un pied dans la tombe. Nous représentons incroyablement cette blague du suicidé qui se jette du 30ème étage, et crie en passant au 10ème « jusqu’ici tout va bien ! ». Nous n’aimons pas anticiper, on rattrape. Par le haut, en comblant toujours nos retards dans l’urgence et la précipitation. Mais jusqu’ici à avec un certain succès. Par le bas, en sortant de notre torpeur, et en retrouvant notre sens de la révolte quand notre vie est en jeu. Avant « tout va bien ».

 
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Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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