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"Barry Seal" : Spectaculaire mais répétitif et pas très consistant

Atlanti-culture

Publié le
"Barry Seal" : Spectaculaire mais répétitif et pas très consistant
CINEMA
Barry Seal : American Traffic
De Doug Liman
Avec Tom Cruise, Sarah Wright, Domhnall Gleeson
 
RECOMMANDATION : BON
 
THÈME
Barry Seal (Tom Cruise), pilote chevronné de la TWA, est approché un jour de chance par un agent de la CIA. Ce dernier lui propose d’effectuer quelques missions bien rémunérées entre deux vols long courrier. Malgré les objections de sa jeune et jolie épouse (Sarah Wright), Barry, qui a une âme d’aventurier, n’hésite pas longtemps. Il fera ce qu’on lui demande, prendre des photos des camps révolutionnaires dans les pays d’Amérique Latine en ébullition, au risque de se faire trouer le cockpit. Mais il s’en sort toujours, Barry, si bien que son commanditaire lui demande d’acheminer des armes aux contre-révolutionnaires.
Va pour les armes et l’argent qui va avec. 
Un autre jour de chance, son avion atterrit par manque de carburant en Colombie où il est accosté par un cartel de la drogue dirigé par Pablo Escobar lui-même. Va pour la drogue qu’il rapporte dans son avion aux Etats-Unis ; et l’argent qui va avec bien sûr, des montagnes d’argent qu’il disperse sur des comptes en banque, des montagnes de billets rangés un peu partout dans sa vaste demeure et même enterrés dans le parc attenant. 
Il achète plusieurs avions, engage des pilotes sans se rendre compte qu’il met le doigt dans un engrenage mortel.
 
POINTS FORTS
Tom Cruise a tourné avec les plus grands réalisateurs anglo-saxons : Scorsese, Kubrick, Pollack, Spielberg… Il a tenu tous les rôles, du plus sérieux au plus casse-cou. On l’a moins vu dans un costume léger, insouciant, souriant et parfaitement irresponsable. Pas étonnant que « Barry Seal : American Traffic » ait enchanté les spectateurs de Deauville lors de l’ouverture du festival américain.
 
L’autre atout de « Barry Seal : American Traffic »  est l’arrière plan de cette incroyable histoire : l’interventionnisme américain tous azimuts sous les présidences de Clinton, Reagan et Bush. Le film se conclue sur la fameuse affaire des ventes d’armes à l’Iran sous la présidence de Reagan, ce que l’on a appelé l’Irangate. « Barry Seal : American Traffic » nous offre donc en accéléré un concentré de l’histoire contemporaine américaine. 
 
POINTS FAIBLES
Barry Seal a existé. Mais, contrairement à ce que raconte le film, il semblerait que ce n’est pas la CIA qui l’a employé, c’est plus exactement un organisme américain peu connu en dehors des États-Unis, la DEA (Drug Enforcement Administration, service fédéral chargé de la mise en application de la loi sur les stupéfiants) qui ne pouvait tolérer que l’un de ses employés s’en mettent plein les poches, même s’il était utile en tan qu’informateur. Il y avait conflit d’intérêt en quelque sorte.
 
La production n’a pas lésiné sur les vues d’avion au-dessus des paysages d’Amérique Latine. Le spectateur en a pour son argent, en revanche le récit a quelques trous d’air. L’action est assez répétitive, notre héros décolle du sol américain, va charger sa marchandise en Amérique Latine et la largue dans des zones improbables où sont postés des hommes de main. Et l’on recommence quelques semaines plus tard. Le film durant près de deux heures, il y a pas mal de voyages avant la chute.
 
EN DEUX MOTS
Adler Berriman, dit Barry Seal (1939-1986), est un trafiquant de drogue qui, au début des années 1980, a orchestré l’importation de tonnes de cocaïne et de marijuana aux Etats-Unis. Alors qu’il travaillait avec les frères Ochoa pour le compte du cartel de Medellin et de Pablo Escobar, il s’est fait prendre en Floride. C’était en 1983 et il a alors commencé une carrière d’informateur pour la DEA. Mais un article du « Washington Times » a révélé cette collusion. La DEA a lâché Seal qui a été arrêté par le FBI et a écopé de cinq ans de liberté conditionnelle assortis de six mois à passer dans un établissement spécialisé. C’est là que, le 19 février 1986, il a été abattu sur le parking au volant de sa Cadillac par un tueur colombien.
 
LE RÉALISATEUR
Né à New York en 1965, Doug Liman est surtout connu pour deux énormes succès : « La mémoire dans la peau » (2001) avec Matt Damon dans la peau de Jason Bourne et « Mr. et Mrs. Smith » (2005) avec Brad Pitt et Angelina Jolie.
Il avait déjà dirigé Tom Cruise dans le blockbuster de science-fiction « Edge Tomorrow » (2014). 
Il s’est formé au Centre international de la photographie de New York et à l’École de cinéma et de télévision de Californie du Sud. 
Il a signé en 1994 son premier long-métrage, « Getting in », suivi de deux films bien accueillis aux Etats-Unis, « Swingers » et « Go », avant les grosses machines à la Jason Bourne.
 
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François Quenin pour Culture-Tops

François Quenin est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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