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L’Espagne tente de sauver ses banques à coups de milliards d'argent public

Bankia, un 8ème établissement financier vient d'être nationalisé. Cette intervention a soulevé un vent d’indignation du fait que des fonds publics soient versés par milliards à une banque dont la gestion a été défaillante. Mais quel autre choix avait l'Etat espagnol ?

Nationalisations

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Le risque d’une défaillance du secteur bancaire espagnol n’est pas négligeable dans ce contexte d’austérité et de récession prolongée. Si la restructuration du secteur bancaire avait constitué l’élément clé de la stratégie bancaire pour se solidifier, la croissance économique vient rappeler qu’une stratégie ne peut faire fi du contexte économique. En février 2012, l’encours des prêts a même baissé de 3%. Il faut savoir en outre que la dette privée espagnole est l’une des plus élevée de la zone euro ce qui témoigne de la prise de risque excessive des banques espagnoles.  Le secteur bancaire espagnol est aujourd’hui confronté à un risque de défaut à cause des créances immobilières accumulées dans les bilans et d’une chute de la valeur des biens immobiliers.

On estime à 60% la quantité de créances douteuses sur l’unique segment de crédits immobiliers des banques.

Dans ce contexte est intervenue la nationalisation de Bankia, formée de sept Caisses d’épargne début 2011, troisième acteur du secteur derrière Santander et BBVA. Mais ces Caisses d’épargne étaient dotées de créances immobilières et l’Etat espagnol qui a longtemps hésité entre une fusion de Bankia avec un groupe plus sain ou une nationalisation a finalement opté pour cette dernière solution. L’opération consiste à transformer en participation le prêt public octroyé au premier actionnaire de Bankia, sa holding financière Banco Financiero y de Ahorros (BFA) à un taux de 7,75%. Le gouvernement contrôle ainsi 45% de la totalité de la banque. C’est donc le 8ème établissement financier nationalisé depuis le début de la crise. En Espagne, on estime que Bankia est « too big to fail » car elle ne possède pas moins de 340 milliards d’actif et 10 millions de clients. Mais BFA a accumulé 32 milliards d’euros d’actifs immobiliers toxiques d’où l’intervention en extrême urgence de l’Etat espagnol.

Cette intervention a créé un vent d’indignation car on critique le fait que des fonds publics soient versés par milliards à une banque dont la gestion a été défaillante. Le problème est que comme en Grèce, une non intervention pourrait créer une contagion à l’échelle Europe et par le bais des dettes privées cette fois-ci.

Pour éviter une contagion européenne par le biais des dettes privées et non publiques le gouvernement espagnol a proposé une série de mesures dont les deux principales sont les suivantes : les règles de provisionnement sont durcies afin de mieux couvrir toutes les expositions encore saines. On crée ensuite une structure de liquidation des actifs immobiliers toxiques. Ici, contrairement à ce que l’on dit, il ne s’agit pas d’une structure de type « bad bank » d’intégration vers le haut des actifs toxiques à la irlandaise mais d’une filialisation vers le bas des actifs risqués immobiliers, c’est un peu l’inverse. Ceci permet de minimiser le coût pour les finances publiques et de faciliter la séparation des activités de crédit immobilier des autres activités. De plus cette méthode permet rapidement d’identifier les besoins en capital.

Provisionnement et « bad bank » à l’envers constituent les deux axes d’une seconde refonte du système bancaire espagnol après l’échec des consolidations bancaires des années 2005-2010. Mais une question de taille reste en suspend. Pour respecter les dernières réformes internationales sur la question des fonds propres minimums et recapitaliser le secteur bancaire, avec la réticence à vouloir faire jouer les mécanismes européens de sauvetage financier, un nouveau risque subsiste de déplacement du problème vers la sphère souveraine ce qui alimentera la défiance des marchés.

En résumé, du fait de la récession, le provisionnement se renforce encore davantage par rapport aux mesures annoncées en février. Les banques vont être incitées à développer leur propre véhicule de liquidation de leurs actifs immobiliers dépréciés. Reste la question du financement des besoins de recapitalisation éventuelle de certaines banques. Ici, l’enjeu est de taille : soit on fait appel à l’Europe, la BCE ou d’autres mécanismes de sauvetage, soit on fait appel à la dépense publique.

 
Commentaires

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  • Par Jean-Francois Morf - 21/05/2012 - 10:52 - Signaler un abus Tous ces milliards n'existent pas, personne ne les a prêtés!

    L'Etat imprime des obligations d'Etat = une dette supplémentaire. La banque met cette dette dans ses coffres, et dit "je suis de nouveau riche, donc vous pouvez me prêter vos économies"! Mais il n'y a que des dettes dans ses coffres, et même ses billets en Euros dans ses coffres sont des dettes envers la BCE! L'Etat, en imprimant des reconnaissances de dettes, crée de la monnaie, à partir de rien! Comme la FED et la BCE!

  • Par Equilibre - 21/05/2012 - 11:22 - Signaler un abus Et c'est parti...

    Le nouveau jeu: KI CE KI PAILLE? Etat, UE.... Pendant ce temps-là, certains viennent nous parler de croissance... AH, AH. L’Espagne va annoncer un déficit record cette année. Les dominos Grèce et Espagne vont chuter. L'UE va exploser et tous ceux qui nous vantent à longueur d'articles et de commentaires ses "mérites" vont se retrouver le fion dans l'eau. Et si ce n'est pour ce tour-ci, pas grave, ça sera pour le prochain, dans quelques mois.

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:30 - Signaler un abus lLA FRANCE DU NON ET SON (SES) ENNEMI (S)

    Partie 4) Le premier ennemi de notre pays : son monde politique. Il y a 5 ans, pour faire joli, le Président a ouvert son gouvernement à l'opposition et aux minorités. Il vient de payer cette erreur car les gens l'ont trahi. Le nouveau Président, a préféré la parité et une représentation des minorités - et quelles minorités- à la compétence. NOUS LE PAIERONS très cher. Mettre en avant Madame Taubira, française née en France, et cacher la vraie minorité représentée par M Valls, né à Madrid et naturalisé à l'âge de 20 ans, Le Président serait-il raciste? Nous repartons dans le jeu des équilibres entre courants, entre clans, une affiche électorale pour gogos - Cherchez donc des compétences et des gens qui aiment la France L'Amiral a raison, les Français éduqués, sinon cultivés, n'imaginent pas une France parlant au monde....... Oui mais, les autres, moins éducaillés et en jachères, vont bien finir par se réveiller et imposer la France d'abord. C'est ce que nous tentons de réaliser à quelques-uns, uniquement pour que vive la France Henri Fouquereau

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:31 - Signaler un abus LA FRANCE DU NON ET SON (SES) ENNEMI (S)

    Partie 3) Sortons de la dictature du dollar en proposant un SMI qui ne soit plus jamais basé sur l'or, les monnaies ou ne sait quel colifichet. Le Général avait commencé ce travail, continuons le : Sortir de la dictature du MACHIN (l'ONU) dont il faut modifier les statuts et DELOCALISER le siège. Supprimer l'OMC telle qu'elle est et toutes les institutions non pas internationales, car trop américaines pour l'être, tant qu'elles ne seront pas chinoises. Combattre la drogue et les mafias, ce fléau mondial -5% du PIB -et puis traiter les besoins urgents : l'homme avant l'argent et les affaires, apporter l'eau, la nourriture, la santé, l'éducation, un partage des richesses, puis ensuite, chacun selon ses oeuvres. La France est le seul pays au monde capable de faire accepter de telles valeurs Mais ce n'est pas en modifiant l'histoire, en se repentant de je ne sais quelle tare, en diminuant la France, que nous pourrons réaliser ce destin. La France, notre France est un immense pays, elle n'a pas de pétrole, -mais tellement d'idées qu'il suffirait de les mettre en forme pour que le monde se transforme.

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:32 - Signaler un abus LA FRANCE DU NON ET SON (SES) ENNEMI (S)

    Partie 2) Voilà le projet que l'Amérique a réalisé ! Voilà ce qu'elle veut imposer au monde avec sa démocratie qui interdit à tous ceux qui ne sont pas d'accord d'exister autrement que parqués dans des camps ! Chez nous, vieille habitude, les partis politiques se sont de 1947 à 1957, puis aussitôt le départ du général de Gaule, inféodés aux Etats-Unis, à l' « Atlantisme » et à la finance Mondialo-Américaine. Et, pour se faire bien voir, ils vont souvent au-delà des exigences du nouveau maître. Ce qui rappelle aux anciens l'époque où les hommes au pouvoir devançaient les désirs de la horde sauvage qui avait envahi la France. Alors pourquoi ne nous débarrasserions nous pas cette habitude des partis, qui les entraîne à ne proposer que des valets au lieu de présenter des maîtres? Pouvons nous penser un instant que la France n'est plus capable de dire NON, d'arrêter de se vautrer et d'aller aux ordres. Sommes nous incapables d'échapper à la dictature des marchés, à la volonté des anglo-saxons? Ne pouvons-nous pas marcher droit, sans être guidés comme le fut le nouveau Président à Berlin par Madame la Chancelière?

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:32 - Signaler un abus LA FRANCE DU NON ET SON (SES) ENNEMI (S)

    Partie 1) Il est malheureusement vrai que le monde est gouverné par une finance transnationale, plus que moins, liée aux Etats-Unis, mais aussi à cette finance apatride dont le siège social se trouve dans des Paradis fiscaux, d'où aucune armée, même la plus puissante, n'a jamais pu et surtout voulu la déloger, ni même la déranger. Oui l'Atlantisme (politique des partisans du Pacte atlantique) exerce de très fortes pressions partout dans le monde occidental et même au delà en tentant d’imposer sa loi inhumaine et donc contraire aux valeurs que la France défend depuis longtemps. Mais n'oublions pas que l'accélération du processus de désintégration des autres pays vient aussi de l'application des théories néo libérales installées par Madame Thatcher et R. Reagan et relayées par une presse entièrement aux mains de la finance transnationale. Finance totalement dérégulée et aux mains de quelques uns, une volonté hégémonique d'un groupement d'Etats sis en Amérique du Nord, un clone inventé par l'Amérique et transporté sur le continent européen.

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:35 - Signaler un abus IDEOLOGIE MONDIALISTE ET THEORIES FUMEUSES

    Partie 2) C'est donc une oligarchie affiliée à des cercles divers et variés mais qui partagent la même idéologie mondialiste, minoritaire dans le pays mais omniprésente, qui décide pour nous. Je ne vois de salut possible pour notre pays que dans un sursaut lorsque nous serons à nouveau au bord du gouffre; alors les théories fumeuses ou carrément traîtresses montreront leur inanité. L'absurde de plus en plus évident des remèdes pour maintenir la suprématie d'une idéologie mortifère pour la France ne peut que préparer cette échéance. Mais pas la démocratie et des élections, totalement entre les mains de pouvoirs de moins en moins occultes qui imposent à la majorité des Français des choix qui n'en sont pas.

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:36 - Signaler un abus Par Alain Corvez Source :

    Par Alain Corvez Source : Henri Fouquereau Forum Pour La France

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:38 - Signaler un abus Par Alain Corvez - Source :

    Par Alain Corvez - Source : Henri Fouquereau - Forum Pour La France

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:45 - Signaler un abus IDEOLOGIE MONDIALISTE ET THEORIES FUMEUSES

    Par Alain Corvez Parti 1 La France est dirigée depuis de trop nombreuses années par des groupes de pression ayant adopté " l'Atlantisme" comme règle, avec des variantes sociales. C'est la seule doctrine qui ait pignon sur rue car elle est pernicieusement insufflée dans les esprits par des médias manipulés par des fonds de pension, en tout cas des capitaux américains ou liés à l'Amérique. Les deux candidats à sa présidence finalistes en sont des adeptes et cela ne pouvait en être autrement : les pauvres candidats qui parlaient d'une France indépendante et souveraine ont obtenu des résultats ridicules parce que leurs idées sont caricaturées et ridiculisées par les medias qui, répondant à leurs donneurs d'ordres de la finance internationale, c'est-à-dire « Atlantique », laissent croire que la France ne peut plus être seule et qu'elle doit se fondre dans des organismes supranationaux, notre seule chance de survie ! Pourtant je côtoie tous les jours des Français qui sont patriotes, même s'ils se laissent souvent intoxiquer par leurs journaux, mais les médias leur font croire qu'ils sont ringards et minoritaires.

  • Par Mémoris - 21/05/2012 - 11:50 - Signaler un abus FRENCH-AMERICAN FOONDATION

    POUR INFO Le président F. Hollande appartient à la FRENCH-AMERICAN FOONDATION. Qu'on se le dise !

  • Par Equilibre - 21/05/2012 - 14:19 - Signaler un abus @Mémoris

    et du siècle, apparemment.

  • Par Carcajou - 21/05/2012 - 23:25 - Signaler un abus Libéraux, à vos plumes!

    De nombreux libéraux à tous crins s'expriment sur ce site pour expliquer doctement que la phynance est saine, que les marchés s'auto-régulent ou en tout cas en sont capables, que l'interventionnisme pour réguler un tant soit peu l'économie mène à la catastrophe. Tous vos arguments sont bels et bons.Mais ils semblent que la pratique les contredisent un tant soit peu. Pourquoi les banques ont-elles A NOUVEAU besoin d'argent public - public, l'horreur suprême, le cancer de la finance, le tueur de marché, la peste de l'économie - pour se renflouer? SVP, une réponse simple, cohérente, vulgaire c'est à dire à la portée du vulgus pecum, pas d'argument du style " L'interventionnisme d'hier est cause de tous les malheurs" Bref, ne jouez pas les Lenglet, du nom de cet humoriste qui avec son collègue Cohen nous explique tout et son contraire avec un sourire digne d'une césarienne.

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Pascal de Lima

Pascal de Lima est économiste et enseignant à Sciences-po. Actuellement Economiste en Chef d’EcoCell (Economiccell), cellule de veille, d’études et de conférences sur l’économie. Docteur en Sciences-économiques de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, il y dispense des cours d’économie. Il a également enseigné la Finance à HEC.


Auteur de nombreux articles et interviews parus dans la presse et médias et dans diverses revues académiques, il a également publié « Voyage au cœur d'une révolution : la microfinance contre la pauvreté » (Editions Jean-Claude Lattès, 2007) et « La stratégie bancaire : entre équité et efficience » (Editions Universitaires Européennes, 2010).
 
Il publie en mai 2013 « Les comptes fantastiques de la finance » (aux Editions La voix au chat libre). 

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