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Baisse des dépenses publiques : l'Etat n’aura pas d'autre choix que de couper dans la protection sociale

Depuis 30 ans, la hausse du coût de notre système social public explique à elle seule l’inflation de l’ensemble des dépenses publiques rapportées au PIB. On ne pourra donc pas restaurer la compétitivité sans remettre en cause notre modèle social.

Au pied du mur

Publié le 5 août 2013
 
Avec des dépenses publiques qui devraient dépasser les 57% du PIB en 2013, la France est 7 à 8 points de PIB au-dessus de la moyenne européenne.

Avec des dépenses publiques qui devraient dépasser les 57% du PIB en 2013, la France est 7 à 8 points de PIB au-dessus de la moyenne européenne.

Les appels à un allégement du coût du travail et de la pression fiscale sur les entreprises se multiplient. La nouvelle équipe dirigeante du Medef a appelé à un choc fiscal de l’ordre de 100 milliards d’euros au service de la compétitivité des entreprises, soulignant que les prélèvements obligatoires étaient « le vrai sujet ». Et plusieurs dirigeants de grandes entreprises membres du Cercle de l’industrie viennent de délivrer un message similaire.

Le constat est simple et souvent rabâché : avec des dépenses publiques qui devraient dépasser les 57% du PIB en 2013, la France est 7 à 8 points de PIB au-dessus de la moyenne européenne, 12 à 13 points au-delà du niveau de l’Allemagne, 18 à 19 points au-dessus de celui des Etats-Unis. Même en finançant plus que d’autres ces dépenses par du déficit, ce qui n’est évidemment pas soutenable, on retrouve l’essentiel de cet écart dans le niveau des prélèvements obligatoires des pays concernés. Circonstance aggravante, cette surcharge de prélèvements se porte en France plus qu’ailleurs sur le coût du travail. Il en résulte un écart sans équivalent chez nos voisins entre le coût d’un emploi pour une entreprise et ce qu’un salarié touchera en net, à cause du niveau exorbitant des cotisations sociales. Et problème dans le problème, ces cotisations, côté employeur, sont progressives avec le salaire. Les allègements bas salaires et maintenant le CICE conduisent à une situation assez singulière : comparable au niveau du SMIC à ce qui est observé autour de nous, les cotisations patronales montent ensuite à des taux records pour atteindre un plafond à partir de 2,5 SMIC. Là où dans beaucoup de pays les cotisations patronales sont vite plafonnées, avec un taux marginal qui décroît donc rapidement. Il en résulte une forte incitation à la spécialisation de l’économie française sur les activités à bas salaires.

Face à ce problème central, les recommandations portent le plus souvent sur le train de vie de l’Etat et des collectivités locales ainsi que sur les transferts des charges sociales vers d’autres prélèvements. Cette dernière piste est pourtant largement illusoire. La France ayant déjà des niveaux de prélèvements élevés ou très élevés sur les principales assiettes existantes, il n’existe plus de flux ou de stocks significatifs et peu imposés. Il n’y a donc pas d’assiette miracle, y compris la consommation, déjà ponctionnée dans les standards européens, pour procéder à un grand bonneteau fiscal.

De plus, ces opérations ont un bilan économique global très faible, avec beaucoup d’effets pervers. Par exemple, la TVA frappe aussi les exportateurs, qui importent souvent des produits à transformer ou ne peuvent récupérer la hausse de TVA acquittée ; les produits importés sont loin d’être toujours substituables, et ce sont donc d’autres activités qui souffrent de leur renchérissement, etc. Les montants en jeu ne peuvent de toute façon en faire la solution à l’enjeu identifié : porter la TVA au maximum européen de 25 %, ce qui créerait naturellement un choc sur la consommation et l’activité, c’est moins de 40 milliards d’euros en net ou encore 2 points de PIB.

Il faut donc dépenser moins. Mais là aussi, se concentrer sur le train de vie de l’Etat et des collectivités locales n’est pas à la hauteur du sujet. Il y a bien sûr des gabegies à éviter, des rationalisations à opérer. De nombreuses études l’ont démontré, et des cas emblématiques de dépenses inutiles ou absurdes sont régulièrement stigmatisés. S’il faut bien sûr amplifier les quelques efforts déjà réalisés, il ne faut pas en attendre des résultats mirobolants, d’autant que parallèlement, la paupérisation de certains services publics est problématique. De surcroît, les mêmes acteurs privés qui demandent à juste titre moins de prélèvements obligatoires réclament parfois plus de dépenses publiques, surtout lorsque celles-ci remplissent leurs carnets de commande…

En fait, l’enjeu majeur est celui de la protection sociale. Depuis 30 ans, la hausse du coût de notre système social public explique à elle seule l’inflation de l’ensemble des dépenses publiques rapportées au PIB. Depuis 20 ans, les autres dépenses publiques progressent même moins vite que le PIB, qui évolue pourtant au ralenti, tandis que la part des dépenses de notre système social dans la richesse nationale bat sans cesse de nouveaux records. Et l’écart entre le coût de notre protection sociale publique et celui de nos voisins explique souvent l’essentiel de notre surcroît de dépenses publiques. Comme la charge liée à la protection sociale est structurellement dynamique, notamment du fait du vieillissement de la population, il n’y a pas d’alternatives. Si le système social français n’est pas réformé en profondeur, et qu’une partie importante des dépenses, pour la retraite et la maladie en particulier, n’est pas renvoyée vers le privé comme ailleurs, il faudra toujours plus de prélèvements obligatoires pour le financer. La compétitivité des entreprises basées en France ne pourra dès lors que s’affaiblir un peu plus.

 


Commentaires

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  • Par legaulois - 06/08/2013 - 08:15 - Signaler un abus france

    rare pays qui donne autant d'aides aux personnes qui sont arrivées sur le territoire illégalement là cela dépasse les bornes surtout que l'on presse de taxes et de prélèvements de plus en plus lourd et de plus en plus de déremboursements concernant la ss alors vite il faut que le peuple se réveille botte le cul à cette classe politique incompétente et irréaliste de gauche comme de droite qui ne pense qu' à leur réélection et leur cumul

  • Par vangog - 05/08/2013 - 22:41 - Signaler un abus Il n'y a qu'en France que le Socialo-communisme

    n'est pas devenu un détail de l'histoire du monde ( à l'exception de deux ou trois autres pays en hibernation idéologique...), et nous en subirons les conséquences jusqu'à la fin du mandat de Guignolo!
    A moins que les Français ne prennent les armes de la démocratie contre cette noblesse de robe archaïque soutenue par son clergé médiatique...

  • Par dedroite - 05/08/2013 - 20:45 - Signaler un abus 30 ans: Bravo

    Qu'est ce qu'ils ont fait en 30 ans nos gouvernants pour en arriver là ?
    30 ans de gouvernance de droite comme de gauche, Mais qu'est ce qu'ils ont foutu ????? Voilà ou on en est, et évidemment, c'est pas moi c'est l'autre....Et qui va encore payer ??!!!

  • Par prochain - 05/08/2013 - 19:21 - Signaler un abus " nous convaincre" ... Merci Ganesha pour la traduction

    Les socialos embourgeoisés ont trahi les pauvres et la classe ouvrière (millions au chômage aujourd'hui) sur tout, vous essayez à faire pleurer dans les chaumières...Que pensez-vous de la bonne répartition du chômage et des postes à vie?

  • Par walküre - 05/08/2013 - 19:16 - Signaler un abus Il faut taper

    dans la manne distribuée aux parasites. Cela va des associations bidons droits-de-l'hommistes aux faux chômeurs en passant par les étrangers clandestins qui touchent le rsa.

  • Par Ganesha - 05/08/2013 - 17:46 - Signaler un abus Raté

    Le but de cet article était de nous convaincre que lorsque les pauvres auraient un cancer, il ne faudrait plus leur offrir une coûteuse chimiothérapie, ou un "triple pontage" pour leurs maladies de coeur : un peu de morphine ou d'opium du peuple devrait leur suffire !
    Il faut comprendre la jalousie et la souffrance des patrons qui voudraient avoir le même yacht que celui de Bernard Tapie !
    Le problème, c'est que les "gentils commentateurs", en dehors de ceux qui veulent ouvrir des "camps de travail" pour les fonctionnaires, s'attaquent surtout aux immigrés...
    Les organisations patronales qui ont financé ce torchon vont devoir aller faire la file dans l'antichambre du Front National !

  • Par fetchiertadkons - 05/08/2013 - 17:14 - Signaler un abus Bien vu Mr Ocean5

    Hélas jamais les idéologues anti-français du PS n'admettront qu'il faut impérativement stopper de toute urgence cette débauche d'argent public (celui de nos impôts) en faveur d'immigrés du sud de la Méditérranée pour l'essentiel dont le seul but est de nous imposer la vision barbare et rétrograde de leur religion !!!

  • Par prochain - 05/08/2013 - 16:22 - Signaler un abus Trop peu trop tard

    Tous les autres y compris les pays de l'Est ont fait les réformes structurelles il y a 10 - 15 ans, aucun autre n'a 600 000 élus, et autant de fonctionnaires et de régimes spéciaux...Il manque un Gorbatchev pour vaincre l'inertie bureaucratique de type soviétique.

  • Par ledevois - 05/08/2013 - 16:22 - Signaler un abus pas le choix

    il va arriver un moment ou il va devoir tailler dans les dépenses publique

  • Par tatouzou - 05/08/2013 - 15:33 - Signaler un abus Y a plus qu'à...

    Le diagnostic est excellent.
    Mais il est peut être déjà partagé par nos gouvernants (ils ne l'avoueront pas, bien sûr, car c'est un sujet qui fâcherait).
    La difficulté, c'est la mise en oeuvre: en politique, comme à la guerre, tout l'art est d'exécution...

  • Par jean fume - 05/08/2013 - 15:32 - Signaler un abus On peut toujours ressasser les mêmes évidence,

    mais pour autant, ça ne fait pas avancer le smilblic !
    Non, partant du principe que le France se conjugue au passé, le meilleur avantage fiscal que l'on puisse trouver, c'est celui que l'on s'accorde à soi-même, en transportant ses activités ailleurs. Là où elle sont mieux considérées.

  • Par ocean5 - 05/08/2013 - 13:57 - Signaler un abus Il faudrait déjà pour

    Il faudrait déjà pour commencer
    1) par supprimer toutes prestation aux étrangers pour éviter l'attractivité
    2 ) un étranger doit payer entièrement les soins qu'il reçoit sinon qu'il aille se faire soigner dans son pays
    3 ) plafonner les allocations familiales à 3 enfants, à partir du 4ème plus rien car ce ne sont pas les français de souche qui font plus de 3 enfants
    4 ) réduire le nombre de députés et de sénateurs par 2
    5 ) supprimer les sous-préfectures
    6 ) retraite à 65 ans pour tous
    voilà quelques mesures qu'il faudrait appliquer de suite.

  • Par Redmonde - 05/08/2013 - 13:31 - Signaler un abus INCONTOURNABLE

    Mr Simon met le doigt sur la racine du problème français; des programmes sociaux hyper-généreux, distribuant l'argent de l'Etat--et donc des citoyens actifs ou l'ayant été--à une masse d'inactifs, dont certains étrangers, chômeurs professionnels ou fraudeurs, rendant ainsi le statut d'assisté infiniment plus attrayant que celui de travailleur.
    Il est symptomatique qu'alors qu'aux EU, les jeunes rêvent d'être entrepreneurs, en France 75% d'entre eux rêvent d'être fonctionnaires.
    La protection sociale, ça paraissait très humain, très progressiste, mais encore faut il en avoir les moyens. C'était notre économie florissante des Trente Glorieuses qui la finançait; maintenant nous n'avons plus d'usines, notre agriculture est une peau de chagrin, et la protection sociale est devenue un gouffre, un boulet qui pénalise les entreprises, démotive la main d'oeuvre et casse la productivité.
    Surtout face à des pays dynamiques qui n'ont pas ce handicap d'une protection sociale hypertrophiée comme les BRICS;
    toute solution au problème du deficit et de la dette qui évite d'aborder la réduction des dépenses sociales n'est que de l'enfumage.

  • Par René - 05/08/2013 - 13:19 - Signaler un abus Petite question ( qui dérange )

    Combien coute par an à la Sécu. Mayotte, qui grâce à Mr.Sarkosy est devenu Département Français...?????
    Il faudra bien qu'un jour les Français réalisent que nous ne pouvons plus assister le monde entier.
    Et que les "gauchos" "bobos" arrêtent de faire du social, avec l'argent des AUTRES......oui avec l'argent des autres...!!!!!!!

  • Par Ganesha - 05/08/2013 - 13:07 - Signaler un abus Jardins Publics

    Article de pure désinformation... l'auteur devrait être condamné à passer la tondeuse à gazon, vêtu d'une tenue fluorescente, pendant quelques centaines d'heures, dans des jardins publics !

  • Par yoda - 05/08/2013 - 12:57 - Signaler un abus oh que si il a le choix !

    commencez a couper dans les 1200 et quelques agences de l'état ! coupez aussi dans certaines niches fiscales qui en compte 468 environ (sauf emploi ) réduisez les sénateurs ! députés ! et régions ! là vous verrez déja combien vous allez récolter comme argent ! et après toutes les dépenses concernant l'état ! plus que ce qu'il n'est fait à l'heure actuelle !

  • Par la saucisse intello - 05/08/2013 - 12:31 - Signaler un abus @ Gilles..........

    A ce stade là, excellent Gilles, on ne dit pas "un accident", on dit "un pêt" de l'Histoire !

  • Par la saucisse intello - 05/08/2013 - 12:30 - Signaler un abus Les lois de la physique.........

    Sont ainsi faites qu'il est IMPOSSIBLE de faire tenir une poire debout sur sa queue* ! Or c'est ce que veulent bricoler les politiques depuis trente ans : Toujours PLUS "d'ayant droits" et toujours MOINS de "productifs".
    * : J'aurais pu dire "faire tenir une pyramide debout sur sa pointe", l'image eut été aussi parlante.

  • Par XI - 05/08/2013 - 12:06 - Signaler un abus Les miracles existent ! Enfin

    Les miracles existent ! Enfin quelqu'un qui accepte de briser le tabou socialiste des aides sociales distribuées à tort et à travers , surtout à des parasites .

  • Par charlesingalls64 - 05/08/2013 - 11:48 - Signaler un abus De moins en moins de côtisants....

    et de plus en plus d'ayants droits. Le système est perverti, Pierre Laroque trahi et nos idéaux en sursis....
    LA PROTECTION SOCIALE C'ETAIT POUR LES TRAVAILLEURS ! PAS POUR LES CREVARDS ET LES PARASITES QUI SE LEVENT A MIDI ENCOURAGES PAR DES GOUVERNEMENTS DE POURRIS IRRESPONSABLES !!!!!!!!!!!!!!

  • Par Vinas Veritas - 05/08/2013 - 11:18 - Signaler un abus emploi pénible

    C'est pourtant facilede définit ce qu'est la pénibilité.
    Un emploi pénible est un emploi qui subit des prélèvements par un Etat vorace.

  • Par tubixray - 05/08/2013 - 10:27 - Signaler un abus bien vu atlante 13

    2 milliards de plus à la charge des entreprises, un boulet de plus.
    On ne connait pas vraiment le mode de classification des emplois pénibles ... la marotte de nos "chers" syndicats depuis une décennie.

  • Par Atlante13 - 05/08/2013 - 10:12 - Signaler un abus Article déjà dépassé.

    On apprend ce matin qu'on va traiter et financer "la pénibilité", payé par l''entreprise.
    On ne touche surtout pas aux régimes spéciaux, aux fonctionnaires, au train de vie de l'Etat, mais on déplace le débat.
    Les médias vont s'emberlificoter sur ce sujet, et ne parleront plus des vrais problèmes du pays
    L'art de l'enfumage;

  • Par Gégé Foufou - 05/08/2013 - 09:39 - Signaler un abus Ah bon

    Ils vont supprimer les aides en tout genre allouées aux étrangers.
    C'est le programme du F.N. ça

  • Par Gilles - 05/08/2013 - 09:27 - Signaler un abus Rien a attendre

    Aucun espoir du cote des gouvernants actuels. Il se croient encore dans les annees 1970. Pas plus Tonton que Jospin n'avaient donne des responsabilites ministerielles a Moi President qui restera un accident de l'Histoire.

Jean-Charles Simon

Jean-Charles Simon est économiste et entrepreneur. Il a été Chef économiste et Directeur des affaires publiques et de la communication de Scor de 2010 à 2013. Auparavant, il a été successivement trader de produits dérivés, directeur des études du RPR et, pendant 10 ans, dirigeant d'organisations patronales, notamment comme directeur de l'Afep et directeur général délégué du Medef. Il tient un blog : simonjeancharles.com et est présent sur Twitter.

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