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Les bactéries, c’est plus fort que nous : vous ne devinerez jamais quel est l’endroit le plus sale de votre cuisine...

De l'éponge de la cuisine à la télécommande de la télévision, l'endroit le plus sale de la maison n'est pas forcément celui auquel on pense. Pour autant, toutes les bactéries ne sont pas dangereuses pour la santé.

Faut qu'ça germe

Publié le - Mis à jour le 24 Février 2018
 

Une étude de l'Université de Northumbria, à Newcastle a démontré que l'utilisation d'une lingette antibactérienne sur une planche de travail ne s'avèrerait que peu efficace et ne ferait que retarder la propagation de bactéries. Comment l'expliquer ?

Les lingettes antibactériennes sont à la fois nettoyantes et désinfectantes. C’est déjà un premier point faible, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Elles sont un compromis : pour bien faire, il faudrait disposer de lingettes simplement nettoyantes et de lingettes simplement désinfectantes. En utilisant les premières, puis en effectuant un rinçage et un séchage, et enfin en utilisant les deuxièmes, on aurait un résultat bien plus efficace. Car un produit qui remplit plusieurs fonctions est en général moins performant qu’un produit qui n’a qu’une fonction (c’est un principe très général qui s’applique à beaucoup de domaines).

Par ailleurs, l’effet antibactérien des lingettes est limité par la nécessité d’être aussi peu toxique que possible. Car ce sont des lingettes nettoyantes et désinfectantes à destination du grand public. Il existe un risque lié à leur mésusage, en particulier avec les enfants en bas âge. En outre, la quantité de solution dont elles sont imprégnées est calculée au minimum. De plus, quand on vient d’ouvrir la boîte ou le sachet, elles sont suffisamment humides ; mais elles ont tendance à sécher assez rapidement après ouverture, d’où une perte d’efficacité ; à moins qu’elles ne soient conditionnées en emballage individuel, ce qui est l’idéal, mais a un coût plus élevé. Ces différentes raisons expliquent l’efficacité moyenne des lingettes nettoyantes et désinfectantes.

Dès lors, quelle est la meilleure attitude à adopter face aux germes ?

Les éponges parallélépipédiques seront toujours des réservoirs de bactéries et de champignons. Il faut l’accepter ou alors les bannir et les remplacer par les carrés de tissu éponge. Mais nous avons vu que cette traque obsessionnelle des bactéries dans un domicile n’avait pas de sens en matière de prévention, sauf dans des cas bien particuliers : paillasse de la cuisine, intérieur du réfrigérateur, essuie-mains… Les huiles essentielles n’ont pas de réel intérêt ici malgré leur action désinfectante et peuvent de surcroît se montrer toxiques.

Pour lutter contre les bactéries dites environnementales – celles qui ne sont pas sur le corps humain-, il faut déjà lutter contre toute humidité persistante sur une surface ou sur un ustensile. Le séchage complet – la dessiccation - est en effet un bon moyen de lutter contre les bactéries et les champignons. Les produits chimiques poly composites sont à éviter, car irritants, toxiques et sans grand intérêt préventif. Si l’on tient vraiment à désinfecter l’environnement – ce qui n’a pas d’intérêt en général comme nous l’avons vu -, il faut se tourner vers deux méthodes : l’application d’eau de Javel diluée au 1/20e (surtout pas plus concentrée) et l’utilisation d’un nettoyeur désinfecteur à vapeur d’eau.

 
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Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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