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Les bactéries, c’est plus fort que nous : vous ne devinerez jamais quel est l’endroit le plus sale de votre cuisine...

De l'éponge de la cuisine à la télécommande de la télévision, l'endroit le plus sale de la maison n'est pas forcément celui auquel on pense. Pour autant, toutes les bactéries ne sont pas dangereuses pour la santé.

Faut qu'ça germe

Publié le - Mis à jour le 24 Février 2018
Les bactéries, c’est plus fort que nous : vous ne devinerez jamais quel est l’endroit le plus sale de votre cuisine...

Atlantico : Dans quelles pièces et sur quels accessoires de la maison trouve-t-on le plus de bactéries ?

Stéphane Gayet : Les bactéries, encore appelées "microbes" ou "germes", sont ubiquitaires. On peut analyser n'importe quel centimètre carré en milieu ouvert, non traité et compatible avec la vie bactérienne : on est certain d'y trouver des bactéries. D'un endroit à l’autre, c'est la densité et les espèces bactériennes qui varient. Sur le plafond d'un placard où l'on conserve des matières non putrescibles, on peut avoir par exemple une densité bactérienne de l'ordre de 20 à 50 bactéries par centimètre carré. Mais dans la colonne trop-plein de l'évier d'une cuisine, on peut en avoir une de l'ordre d'un million et même plus.

Ainsi, la densité bactérienne augmente avec l'humidité, la présence de matières organiques et la chaleur. L'utilisation de produits détergents ou surtout de produits désinfectants la fait baisser (la colonne trop-plein d'un évier en reçoit peu en général). Si l'endroit est aéré – cas de très loin le plus fréquent -, il s'agira de bactéries aérobies (dépendantes de l'oxygène) ou aéroanaérobies (indifférentes). S'il est au contraire privé d'air, il s'agira de bactéries anaérobies (tuées par l'oxygène) ou aéroanaérobies.

Il faut donc s'attendre à trouver les plus fortes densités bactériennes dans les pièces chaudes, humides et riches en matières organiques : la cuisine, les toilettes et la salle de bains. Les ustensiles ou accessoires les plus riches en bactéries sont logiquement les éponges, les brosses et les essuie-mains ou serviettes en tissu éponge ; sans oublier bien sûr les aliments mal conservés.

Quels risques ces germes représentent-ils et desquels devons-nous nous méfier sérieusement ? (Les éponges par exemple seraient de véritables nids à microbes…)

La confusion entre un "état de saleté" et la présence de "bactéries dangereuses" est une erreur fréquente. Il faut entièrement revoir notre perception des bactéries ou "microbes". Ces êtres vivants microscopiques (quelques millièmes de millimètre) sont la forme de vie la plus abondante. Les bactéries sont naturellement présentes dans le sol, l'eau et de façon moindre l'air, ainsi qu'à la surface des plantes et des animaux.

Elles sont pour l'immense majorité d'entre elles utiles. Celles du sol décomposent les matières organiques pour les transformer en humus, celles de l'intestin participent activement à la digestion des aliments pour les transformer en nutriments assimilables ainsi qu'à la synthèse de vitamines, celles de la peau et des muqueuses en général contribuent à nous protéger des bactéries pathogènes, etc. Les bactéries sont également largement utilisées dans le domaine agroalimentaire pour transformer les matières premières solides ou liquides : un exemple typique est la fermentation bactérienne du lactose qui produit de l'acide lactique, processus qui est à la base de la transformation du lait en yaourt, aliment à la fois plus digeste et plus conservable que le premier.

 
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Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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