Atlantico : Les universités suisses ont relevé le seuil d'admission des bacheliers français, et ont fermé la porte aux séries littéraires, à l'exception de ceux qui ont choisi l'option « mathématiques ». Les universités suisses avaient déjà fermé leurs portes aux bacheliers technologiques et professionnels. Comment expliquer que le fossé entre les séries littéraires et scientifiques ait continué à se creuser de la sorte ?
Emmanuel Davidenkoff : La Suisse étant un Etat-fédéral, cette décision ne concerne pas toutes les universités, même si elles sont nombreuses à avoir fait ce choix. Les universités suisses nous renvoient de manière très âpre un problème que la France connait par cœur. Du point de vue de l’enseignement supérieur, la valeur attribuée au baccalauréat est claire. Plus les filières sont sélectives, plus vous trouverez des bacheliers issus des séries scientifiques, y compris en classes préparatoires littéraires. Cela explique en partie les raisons pour lesquelles le bac littéraire tombe en désuétude en France. Seuls 50 000 bacheliers sortent de la série littéraire chaque année alors que les séries scientifiques représentent la moitié des bacheliers généraux (150 000).
En France, il existe une certaine hypocrisie au sujet de la sélection après le baccalauréat. Officiellement, la sélection n’existe pas et l’université est ouverte à tous les bacheliers. En réalité, la moitié des bacheliers choisissent une filière sélective et la sélection se fait sur les mêmes critères qu’en Suisse. Néanmoins, en France nous n’avons pas le droit de le dire car tous les baccalauréats sont censés se valoir.
Le seul baccalauréat pour lequel la puissance publique admet une différence, c’est le baccalauréat professionnel. On essaye par exemple de dissuader les bacheliers professionnels d’aller à l’université. Ces propos sont tenus publiquement par des ministres, alors qu’un baccalauréat, qu’il soit général ou professionnel, doit préparer à l’université. On s’autorise à le dire pour les filières professionnelles, ce qui n’est pas le cas pour le baccalauréat littéraire.
Des réformes ont-elles été entreprises pour pallier cette hiérarchie des filières ou a-t-on fermé les yeux sur ce problème ?
Les deux. Nous fermons les yeux sur le sens et la valeur du baccalauréat. La preuve en est, le baccalauréat a au départ deux fonctions : celle de diplôme terminal du cursus secondaire (qu’il continue de remplir) et celle de grade universitaire, et ce, depuis Napoléon. Le bac étant un diplôme universitaire, il n’y a donc théoriquement pas de sélection à l’entrée des universités. Il est clair que le baccalauréat ne remplit plus cette fonction, car il ne vous donne plus accès aux études supérieures que vous avez envie de faire indifféremment de votre baccalauréat.
Cela a été renforcé par le dispositif par lequel les lycéens choisissent leur orientation dans l’enseignement supérieur. Les élèvent de Terminale préparent depuis le 20 janvier leurs vœux d’orientation pour l’année prochaine. Ils vont ainsi devoir renvoyer des dossiers à l’issu desquels on leur dira s’ils seront admis ou non. Même dans le cas de l’université, on peut déconseiller aux élèves de faire certains choix. L’orientation post-bac, y compris dans le secteur public, ne se décide pas en fonction de l’obtention du baccalauréat et des notes obtenues lors de cet examen. Elle se fait en fonction des résultats obtenus de la classe de Seconde jusqu’au premier trimestre de Terminale.
Le baccalauréat a-t-il encore une valeur aujourd’hui ?
Le baccalauréat garde une valeur de diplôme terminal de l’enseignement secondaire. En revanche, en tant que grade universitaire qui donne des droits d’accès à l’enseignement supérieur, le baccalauréat représente un filet de sécurité et non plus un laisser-passer.
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En tout cas , moi qui ai obtenu mon BAC F3 en 1974 , j'affirme que le BAC actuel ne vaut plus rien . Quant à ceux et celles qui parlent du BAC actuel sans l'avoir eux-mêmes obtenu , il leur est loisible de démontrer que les jeunes post-BAC s'expriment à l'oral comme à l'écrit , dans un français déplorable ! Ecoutons-les s'exprimer sur n'importe quel sujet simple d'actualité : 9 fois sur 10 , en guise d'introduction , puis de développement et enfin , de conclusion , ils vous délivrent des " DONC VOILA " à profusion , attestant ainsi d'une pauvreté intellectuelle sur la Forme comme sur le Fond .
En digne héritiers de l'ère Stalinienne , la G000che française a décrété arbitrairement que " 75 ou 80 % d'une tranche d'âge d'élèves devait ( impérativement ?) avoir son BAC (Chevènement , si je ne m'abuse ) . Et les Enseignants de collaborer à ce projet avec d'autant plus de zèle que le Chevènement était de G0000che , cachant aussi et ainsi , pour nombre de ces Enseignants , leur propre incompétence
Les gens qui disent que le bac ne vaut plus rien bien souvent ne l'ont pas obtenu, c'est une façon de se défendre.
En tout cas dans mon entourage.
On acueille tout ce qui n'a aucune capacité à s'adapter même à l'école la plus élémentaire qui soit par sympathie pour nos voisins afin de leur éviter de dire non à la lie indésirable.
Je vous rejoins dans vox réactions.
Titulaire de deux Baccalauréats passés dans les années 80, B (Economie) et F2 (Electronique), j'avais gardé mes cours et les questions d'examen de cette époque. Je les ai ressorti quand ma gamine est parvenue à son tour au Baccalauréat et là, surprise, les sujets de terminale S était ceux de 1ère B qui a l'époque était le même programme en maths que les 1ère D (Bio). Plus choquant encore, le mode QCM des réponses que ce soit d'ailleurs en maths comme dans d'autres disciplines où nous devions-nous recourir à notre "français" pour rédiger les réponses et les expliquer (ce qui semble un minimum). Ma gamine préparant un concours pour l'après-bac s'est référé non pas aux standards actuels mais à ceux que j'avais passé et elle disait: "c'est pas possible, le niveau demandé était plus que le bac!" ce à quoi je lui répondais que non, c'était bel et bien ça, elle n'a pu que le constater dans les cours et livres de cours que j'avais tous gardés... tout en lui faisant prendre conscience que ceux qui comme leur père n'étaient pas des "Bac C" étaient percus comme des bacheliers ordinaires.
La France soixante-huitarde, anarchiste... et décadente. Voulu? OUI
Le bac ne vaut rien, tout le monde l'a.
Merci de nous montrer avec brio la différence entre une entreprise française écrasée de charge et une entreprise suisse.
Le code du travail en France c'est plus de 2800 pages. en Suisse, 160 pages, dit-on.
Comment ??? Un pays étranger voudrait s’immiscer dans la gestion de l’éducation nationale et ne pas respecter notre sacro saint principe d’égalité, ridiculement immuable et surtout réfractaire à toute réalité ?
On ne commente pas une vérité d’état !
S’ils persistent, il faut leur envoyer nos troupes, au retour du Mali....
Etrange tout de même : chaque jour des travailleurs frontaliers français (mal formés, indisciplinés, ne cherchant qu'à en faire le moins possible,...) vont travailler en Suisse ou en Belgique pour des salaires sensiblement supérieurs à ceux qui leur sont proposés (ou pas d'ailleurs) en France. Etrange que les entrepreneurs helvétiques ou belges (certainement stupides) paient des salariés à des tarifs jugés exorbitants par les si géniaux et si dynamiques chefs d'entreprise français.
comment ça marche ??
un jeune avec un diplôme équivalent BAC venant d'un autre pays, est il aussi tôt accepté dans l'université de son choix,
il y a t'il un "examen" à faire ???
selon le cas, la solution est d'envoyer nos jeunes très tôt à l'étranger, cela peut être faisable pour les frontaliers.
Pendant ce temps la ligue : industrie touristique , enseignants , parents , commune , continue à faire obstacle à la prolongation d'une demie journée par semaine .
Encore quelques années et nos amis Suisses feront passer un test de français aux travailleurs frontaliers....avant de les embaucher.
A l'évidence, c'est le résultat de l'application du principe égalitaire, dont le mariage homosexuel est ailleurs l'illusration. C'est "le bac pour tous" au même ttitre et avec la même argumentation que "le mariage pour tous" : halte à l'exclusion !
"Par ailleurs, les scientifiques estiment que le niveau d’exigence en physique ou en mathématique est plus élevé qu’auparavant."
ça alors, il faut vraiment ne rien connaître au sujet pour écrire une telle énormité.
Le niveau en maths/physique de la série S est tout simplement catastrophique. Avez-vous lu les sujets du bac 2012 dans ces 2 matières ?
En physique ça commence par un exercice de niveau collège que personne n'aurait osé proposer au brevet dans les années 80, le deuxième pareil ou quasi, et les autres exercices ne sont guère plus durs.
En maths, le premier exercice est du niveau bac litteraire des années 80 et encore, le 2 ème une simple application du cours de proba ultra classique, dans le 3 ème tout est indiqué dans l'énoncé et enfin le dernier un exercice sur les complexes facile.
puis multipliez les notes par 7, 8, 9 selon les spécialités ....
Bilan, tout le monde a son bac S avec mention bien ou très bien ...
Mais on est à des années lumière du niveau de la série C des années 70/80 et aussi de mathélem des années 50/60
Il faut repassser un examen de contrôle des connaissance
Le niveau de mathématique d'ajourd'hui est très largement inférieur au niveau mathématique d'il y a une trentaine d'années. La chute est impressionnante. Ce qui a pour des conséquences importantes pour l'enseignement de la physique car pour appronfondir n'importe quel point en physique, un certain niveau de mathématiques est requis. Les programmes de physique d'aujourd'hui ne sont que du survol rapide. Rien n'est appronfondi. Beaucoup de professeurs de math et de physique le disent et se désolent de la baisse du niveau qui continue.
En revanche, l'enseignement de SVT est beaucoup plus riche qu'il y a une trentaine d'années. Dommage que l'approche de la matière soit si mal fichue.
Quand ils détectent un problème, ils le traitent.
Les bacheliers français n'ont plus le niveau?
Au lieu de les laisser faire baisser le niveau des études supérieures chez eux, nos amis suisses les refusent.
Pourquoi les universités françaises n'en font elles pas autant?
Peut-être parce que nous ne sommes pas assez murs pour ça, comme pour pouvoir avoir droit aux référendums d'initiative populaire...
Les Suisses ont bien raison.
Il serait temps de se poser les bonnes questions.