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Les baby-boomers sont-ils la génération la plus “chaude” de l’histoire ?

Age tardif du premier rapport sexuel par rapport à la génération précédente, et rapports moins fréquents, les millenials sont régulièrement présentés comme "ayant un problème" avec la sexualité.

Coquins !

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Les baby-boomers sont-ils la génération la plus “chaude” de l’histoire ?

Atlantico : Au regard d'études de plus long terme, il apparaît que ce serait la génération des baby boomers, tout comme la génération X, qui auraient eu une activité sexuelle plus fréquente, et plus précoce, que les autres . Comment expliquer un tel phénomène ?

Michelle Boiron : L’évolution de l’âge du  premier rapport sexuel est un miroir de l’évolution de la société.

Les jeunes millenials ne veulent pas passer à l’âge adulte comme les baby boomers qui n’avaient eux de cesse que de devenir adulte car précisément la société leur promettait un avenir fructueux. Ils avaient hâte de quitter le nid familial et de voler de leurs propres ailes.

On veut que la norme des bayboomers s’applique aux millenials alors que indépendamment du contexte sociétal et économique chaque génération a sa manière de vivre d’être qui différent des générations précédentes. Le début de la sexualité et précisément la 1ère relation sexuelle est un passage important vers le devenir Homme et femme. Y a-t-il un bon moment pour cela ? Une norme qui signifierait qu’on est adapté au monde dans lequel on vit et qu’il faudrait suivre à la lettre?

Le contexte de nos jeunes tant en terme d’exigence de réussite de performance de pressions dans tous les domaines y compris sexuel ne peut pas ne pas impacter leur sexualité. Pourquoi la question leur est posée ? Pourquoi l’intimité doit elle être exposée ? Comme son nom l’indique elle est intime. Hélas on ne sait plus trop ce qu’intimité signifie !

Avoir honte d’être vierge est devenue pour certaines jeunes femmes quelque chose de honteux. Alors qu’il n’y a pas si longtemps elle signifiait un choix d’une volonté qui n’était pas mise en exergue pour se moquer et était au contraire très valorisé. Rappelons que pour les hommes cela a toujours été valorisé car cela à voir avec leur virilité.

L’angoisse face à un chômage, un avenir incertain, un monde qui change trop vite  ne sont  pas des facteurs  propices à l’accomplissement d’une sexualité réussie. La pression de la   réussite dans tous les domaines y compris dans celle du premier rapport est aussi nouveau. En effet on pressentait sans angoisse que le rapport sexuel était certes une étape, mais ne pouvait pas être extraordinaire. C’était seulement le début d’une sexualité qui s’initiait mais on le vivait comme un premier pas. Aujourd’hui la référence est en lien avec le rapport sexuel visionné sur les sites pornographiques : «  puceau s’abstenir » !

On peut aussi se demander si ayant gouté au porno assez jeunes ils se sentent moins concernés par un rapport réel. On peut émettre l’hypothèse que le contenu du porno les a aussi amené à relativiser la nécessité d’un rapport réel. Ils ont été confronté très jeunes à une sexualité virtuelle qui leur a crée le leurre d’avoir à disposition un orgasme quand je veux si je veux dans des conditions de sensations très fortes, voire violente et surtout autonome. La 1ère fois reste un rituel dont le souvenir reste présent une vie durant. Il a toujours été symboliquement différent pour l’homme et pour la femme. Mais il est toujours  un passage important. Que représente aujourd’hui la virginité pour une femme pour un homme ?    

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 11/08/2017 - 11:15 - Signaler un abus On s'en fout des

    Pompes funebres boomers et de leur priapisme à la mai 68. Ils disparaissent et c'est très bien!

  • Par totor101 - 11/08/2017 - 11:31 - Signaler un abus UN VIEUX

    je suis un baby-boomer ! 24 ans en 68 ............ A mes 20 ans, on flirtait, on embrassait, mais pour coucher il fallait s'être fréquenté déjà un certain temps ............ 1968 a été un virage, surtout médiatique ................ Mais ne mettez pas toute la génération dans le même sac !

  • Par Deudeuche - 11/08/2017 - 17:02 - Signaler un abus Les CRS aussi avaient 25 ans en

    Mai 68, et pas que les deconstructeurs de société dont l'œuvre est accomplie aujourd'hui.

  • Par Michèle Plahiers - 12/08/2017 - 10:05 - Signaler un abus Les psys vont

    devoir s'adapter. Le refoulement et l'interdit ne concernent plus la sexualité mais bien le meurtre. Les sexologues vont devoir se reconvertir; criminologue. Les individus n'ont pas changé. La pulsion s'est simplement déplacée. Il est vrai que le nombre de psychopathes et de pervers a augmenté par rapport aux névrosés, mais c'était latent dans les années d'après guerre. Les Rolling Stone n'étaient pas des saints,...

  • Par Michèle Plahiers - 12/08/2017 - 12:38 - Signaler un abus En jetant un regard sur la

    position des astres en mai 1968, nous observons qu'uranus la planète des révolutionsse trouvait dans le signe del vierge qui est justement celui de la frigidité, des habitudes, des conventions,..cela correspondait bien au climat des années précédant mai 68, et déprimantes et moroses (lire Maurice Attia). J'était trop jeune à cette époque. Actuellement, uranus se trouve dans le signe opposé du bélier. Les verrous qui ont sauté sont ceux de la guerres,... propre à ce signe,...La violence et le sexe sont liés dans l'inconscient.....

  • Par Alain Proviste - 13/08/2017 - 00:03 - Signaler un abus La génération des baby-boomers...

    ... restent l'étalon auquel il faut toujours tout comparer, et tant pis pour l'astuce. Cette génération nous aura vraiment tout fait !

  • Par Alain Proviste - 13/08/2017 - 00:55 - Signaler un abus "Reste" bien sûr

    C'est les vacances !

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Michelle Boiron

Michelle Boiron est psychologue clinicienne, thérapeute de couples , sexologue diplomée du DU Sexologie de l’hôpital Necker à Paris, et membre de l’AIUS (Association interuniversitaire de sexologie). Elle est l'auteur de différents articles notamment sur le vaginisme, le rapport entre gourmandise et  sexualité, le XXIème sexe, l’addiction sexuelle, la fragilité masculine, etc. Michelle Boiron est aussi rédactrice invitée du magazine Sexualités Humaines

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