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Avignon : la plus grande scène du monde

L’Eglise catholique, et par la suite, sa branche protestante, ont longtemps excommunié les comédiens. Depuis l’abandon de la sanction, ces derniers se sont bien vengés ! Comme un joli pied de nez à l’Institution religieuse, c’est en effet dans la Cité des Papes que l’un d’entre eux, Jean Vilar, avait choisi, en 1948, d’implanter un Festival de théâtre.

Festival de théâtre

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Avignon : la plus grande scène du monde

 Crédit BORIS HORVAT / AFP

Un festival qui, vingt ans plus tard, comme une des conséquences de la révolution de Mai 68, devint deux, qu’on appela, le In, et le Off.

 Aujourd’hui, le premier, l’officiel, celui d’origine, créé par l’inventeur du T.N.P. (Théâtre National Populaire) est resté celui des théâtres subventionnés. Quant au second, le Off, décrété par des flibustiers de la scène, son destin est toujours entre les mains de producteurs privés. Comme il ne cesse de croitre à la vitesse des champignons en automne, Avignon  est devenu, au fil des ans, et grâce à lui ( à cause de ?) ,la plus grande scène mondiale  du spectacle vivant, qui, outre  des comédiens  pur jus, accueille, désormais, sans « communautarisme » des saltimbanques de tous poils, chanteurs, danseurs, mimes, musiciens, magiciens, circassiens, etc…Ce préambule pour ceux qui ne connaissaient pas la genèse de cette tentaculaire manifestation !

Jusqu’au 25 juillet cette année ( date de la fin des festivités), inutile de chercher un endroit calme dans la ville pour lire ou papoter, les artistes  ont envahi ,intra-muros, toutes les  parcelles de jeu possible: les théâtres évidemment, mais aussi les rues, les places, les porches , les trottoirs, les cours, les préaux d’école, les églises, les terrasses de café, toutes les surfaces disponibles, jusqu’aux garages (au sens propre du terme)… Il  faut bien  caser les spectacles dont le nombre a presque triplé ces vingt dernières années : ils sont 1650  à se bousculer sur  l’affiche 2018. Le Festival est devenu une foire d’empoigne !

Comptes tenus  du brouhaha et du (sympathique) chahut générés par les « parades » qui tentent de se faire remarquer, il est bien difficile, pour le spectateur de se retrouver dans le lacis  aussi indescriptible  qu’assourdissant des propositions.

Côté In, pas de problème. Le nombre des spectacles reste stable, voire (pour cause de baisse de subventions) en légère régression.  Olivier Py, son patron, a  en programmé une cinquantaine, qui, dans leur grande majorité, exploreront le thème transversal du genre, avec notamment un feuilleton en treize épisodes mis en scène par  David Bobée .

Vendredi dernier vers 22H, ce sont les trompettes de Maurice Jarre qui, comme l’exige la tradition, ont ouvert le ban des festivités  dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes. Quand elles ont cessé de résonner, c’est  la tragédie qui a pris place dans ce lieu prestigieux  et  grandiose (Deux mille spectateurs  qui font face à un mur de 30 m de haut). Le jeune metteur en scène Thomas Jolly avait choisi de donner  Thyeste de Sénèque, sans doute le drame  le plus atroce qu’on ait jamais écrit, dans lequel on voit un roi  fait cocu par son frère se venger de lui en lui faisant manger (sans qu’il ne s’en aperçoive !) la chair de ses enfant.  Même Shakespeare n’écrira pas plus noir et plus sanglant !

 
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  • Par aristide41 - 11/07/2018 - 06:57 - Signaler un abus J'y étais ce week end

    et c'est vrai que, sans être mon style, la ville était très animée. L'ambiance était bon enfant.

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Dominique Poncet

Dominique Poncet est est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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