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Vous avez lu partout que l’agriculture était responsable de la disparition des oiseaux de nos campagnes ? Voilà pourquoi l’accusation est particulièrement contestable

"Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une vitesse vertigineuse. Ce déclin catastrophique est largement dû aux pratiques de l'Agriculture et à ses pesticides"… Voilà ce que l’on a pu lire ou entendre un peu partout récemment… Une affirmation simple, tranchante et sans appel : L’agriculture et ses pesticides tuent les oiseaux ! Dans le contexte actuel, cette information fait tellement sens qu’elle est immédiatement acceptable en l’état ! Faut-il alors aller plus loin ?...

Noms d'oiseaux !

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Vous avez lu partout que l’agriculture était responsable de la disparition des oiseaux de nos campagnes ? Voilà pourquoi l’accusation est particulièrement contestable

Jeudi 20 mars, en pleine semaine contre les pesticides financée entre autre par Biocoop, Bjorg, Léa Nature et différentes ONG (Liste complète des partenaires financiers) un communiqué de presse va créer un véritable buzz médiatique ! Deux institutions scientifiques respectables, le CNRS, Centre National de la Recherche Scientifique et le MNHN, Museum National d’Histoire Naturelle publient conjointement un court communiqué intitulé : "Le printemps 2018 s’annonce silencieux dans les campagnes françaises".

Dans ce communiqué, les 2 institutions tirent le signal d'alarme : "Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse."

Heureusement, le coupable est rapidement identifié ! Et comme son casier judiciaire est déjà bien chargé... Ce coupable idéal c'est l’agriculture ! En effet, les oiseaux concernés sont les oiseaux des campagnes.

"Printemps", "silencieux", des mots choisis qui rappellent à tous des souvenirs douloureux. "Printemps silencieux" (Silent Spring) c’est le titre d'un livre écrit par Rachel Carson et publié aux États-Unis en septembre 1962. Ce livre est connu pour avoir contribué à lancer le mouvement écologiste dans le monde occidental. Ce livre dénonce les effets du DDT, un insecticide qui, utilisé massivement dans les années 50-60, a conduit à une hausse de la mortalité des oiseaux en réduisant l'épaisseur des coquilles d'oeuf. Un constat parmi d'autres qui a entraîné l'interdiction du DDT aux USA & en Europe. Bref, 60 ans plus tard, le constat est le même, les pratiques agricoles seraient responsables de la disparition des oiseaux, symboles emblématiques de la Biodiversité.

Ce constat alarmant est tiré à partir de deux études : 

- le STOC, Suivi Temporel des Oiseaux Communs, un programme de science participative (des ornithologues amateurs y participent) porté par le MNHN au niveau national.

- La Zone Atelier "Plaine et Val de Sèvre". Dans le département des Deux-Sèvres, les observations (écoutes de chants d’oiseaux) sont conduites par le CNRS dans une plaine céréalière près de Niort. 

Ces observations sont formelles : la diversité et la biomasse des espèces d'oiseaux "spécialistes des milieux agricoles" diminue. Et comme "cette disparition massive observée à différentes échelle est concomitante à l’intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années", preuve est faite de la culpabilité de l'agriculture et de ses pesticides dans cette affaire de disparition ! CQFD merci, bonsoir, circulez il n'y a plus rien à voir ! ...

Ah oui ? Les choses seraient donc aussi simples ? Ce serait une première… 

Et bien non, rien n'est simple :

1) Visiblement les "oiseaux des campagnes" ne sont pas les seuls à "disparaître" Les "oiseaux des villes" sont aussi concernés... L'agriculture serait-elle là aussi responsable ?

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 29/03/2018 - 09:17 - Signaler un abus A qui le crime profite ?

    Au développement du tout urbain, sans solidarité sans familles, sans lien social qui fabriquent des zombies déstructurés et cliquant à longueur de journée (j’arrête et je vais marcher dans les forêts avec les chiens).

  • Par J'accuse - 29/03/2018 - 09:41 - Signaler un abus J'avais immédiatement repéré la fake news

    Le catastrophisme paye, surtout accompagné d'un haro sur un bouc-émissaire. Les pseudo-écolos ne voient que ce qui arrangent leurs affaires de réactionnaires peureux, et adorent se prendre pour des prophètes de malheur.

  • Par Atlante13 - 29/03/2018 - 12:16 - Signaler un abus "Que peut-on faire?", dit-il,

    simple pourtant, supprimer l'humanité responsable de la mort de la planète. Cette personne réagit comme les partisans de la dépénalisation de la drogue, il accuse les marchands d'alcool, de tabac, etc... en disant "vous voyez, on n'est pas plus mauvais que les autres". Façon de dire"ne touchez à rien, ou alors tapez sur tout le monde". C'est son droit, mais étant, selon ses dires un spécialiste dans ce domaine, j'aurai aimé qu'il me parle, en tant qu'expert des méthodes criminelles de certains agriculteurs qui sont en train de désertifier et stériliser la Beauce, par exemple, il pourrait nous expliquer comment arrêter l'hécatombe des abeilles, nous expliquer pourquoi les semences ee blé sont oranges fluorescentes, etc... etc... au lieu de se drapper dans un corporatisme coupable.

  • Par L.Leuwen - 29/03/2018 - 13:43 - Signaler un abus Et les insectes ?

    Il y a 50 ans, sur un voyage de 300 km dans le Sud-Ouest de la France en été, il fallait s'arrêter une ou deux fois pour laver le pare-brise plein d'insectes écrasés. Aujourd'hui le même parcours est fait sans une seule tache sur la vitre. Pas besoin d'études scientifiques pour voir que les insectes disparaissent et donc que les oiseaux insectivores n'ont plus de nourriture. Et dans ce cas, l'usage des insecticides est évidemment en cause.

  • Par JMAndré - 29/03/2018 - 15:20 - Signaler un abus Mal profond (1)

    L'article veut prendre la défense des agriculteurs érigés en bouc-émissaires d'une situation bien réelle, soit. Faut-il alors de facto accepter les pesticides ? Non bien-sûr. Mais le mal est bien plus profond, il concerne notre civilisation devenue incapable de concevoir un ralentissement de sa consommation, une civilisation fascinée par la technique qui crée des comportements de dépendance incompatibles avec une vision plus sobre de l'existence, quand la nature n'est plus contemplée en amie qui nous donne la vie, mais livrée à des consuméristes facebookés. Alors, qu'il y ait de moins en moins de fauvettes grisettes, de serins cini, de tariers des prés, d'alouettes des champs et de papillons de nuit, que le printemps soit plus silencieux qu'il ne l'était, ces générations à l'esprit urbanisé y sont peu sensibles. Ce qui leur importe est de ne pas avoir à se priver de ce qui leur est indispensable: leur smartphone et leur voiture intelligente.

  • Par JMAndré - 29/03/2018 - 15:21 - Signaler un abus Mal profond (2)

    Car que disent subliminalement les nouveaux maitres du monde ? La vie est courte, carpe diem ! Jouis de tout ce que je crée pour toi, enivre-toi de mon intelligence artificielle, consomme et oublie la mort ... Ne te prends pas la tête, je m'en charge. Si l'on veut sauver la Terre il faudra consentir des sacrifices et renoncer à l'idée de progrès sans fin. Qui, vous et moi compris, y est prêt ?

  • Par Essen - 29/03/2018 - 18:09 - Signaler un abus Les chats

    Dans le quartier où j'habite, nous n'avons pratiquement plus d'oiseaux à venir depuis que nous sommes envahis de chats. Il y a une vraie folie pour ces animaux depuis quelques années, nous en sommes littéralement envahis. Je passe sur les crottes dans notre pelouse et le défilé des mâles venant uriner sur le potager... Le constat est que les mésanges, merles et autres accenteurs ont presque déserté le secteur. Ce qui est le plus hallucinant, c'est que les maîtres ne s'en occupent même pas, la plupart les laissant dehors même la nuit pour ne pas avoir de litière à changer... Les chats ne sont pas la seule raison de la diminution des oiseaux, mais en ville, ils y contribuent fortement

  • Par lorwakaf - 30/03/2018 - 00:24 - Signaler un abus Les chats (également) sont une calamité

    Près de chez moi, ils chassent les oiseaux, les souris et les écureuils. Ces derniers ont quasi disparu du coin, à moins avis à cause des chats. Ils devraient être interdits. Le pire, c'est que certains de leurs propriétaires militent pour la cause écolo ...

  • Par Borgowrio - 30/03/2018 - 07:56 - Signaler un abus Les chats , nos vaches sacrées ?

    Le chat , prédateur cruel , destructeur d'oisillons dans les nids , bénéficie d'un amour inconditionnel de ceux qui se disent " aimer les bêtes " . Bien sûr les "mamies chats " qui s'apitoient sur la maltraitance de ces animaux domestiques ne veulent pas voir le mal considérable qu'ils font aux oiseaux sauvages .

  • Par MIMINE 95 - 30/03/2018 - 09:35 - Signaler un abus Il y a 30 ans

    je me suis installé dans un quartiers fraichement urbanisé . le protique installé dans le jardin servait l'hiver pour acrocher des mangeoires pour les oiseaux qui venaient nombreux , rouges queue - rouges gorge, mésanges, merles, étourneaux . puis les enfants ont grandi, le portique a disparu et durant quelques années, j'ai cessé le nourrissage Puis, il ya quatre ans , mes enfants m'ont offert une station de nourrissage installé sur un pied de 2,10m. Hélas, à ma grande surprise j'ai constaté la première année que les oiseaux étaient peu nombreux , aucun rouges queue, quelques mésanges charbonnière et 1 merlette. Depuis leur nombre a considérablement augmenté, désormais c'est un défilé continu de moineaux , mésanges charbonnières, bleues et huppés, chardonneret, rouges gorge; merles (2 couples), étourneaux et un couple de pie qui revient chaque année. Je nourris désormais toute l'année ce petit monde avec une alimentation adéquate à chacun, et de l'eau fraiche chaque jour. L' été c'est un bonheur de voir tous les bout de choux venir se rassasier. sur la station de nourrissage ou au sol. Pourtant,j'ai toujours eu des chats, 3 actuellement.

  • Par MIMINE 95 - 30/03/2018 - 09:45 - Signaler un abus SUITE

    s'il leur arrive de ne pas résister à la tentation, on est loin du génocide, 2 à 3 jeunes oiseaux par an. Bien entendu , mes chats ne passent pas leur vie dans le jardin et sont rentrés au plus tard à 19h30 pour ne ressortir le lendemain que vers 6h30 pour leur tour du proprio et leurs petits besoins, je n'ai pas de litière dans la maison. Ensuite ils rentrent manger puis sieste jusqu'au environ de 14 h , petite sortie , resiete, dernière sortie vers 18 H. Minous et z'oiseaux vivent en presque harmonie et l'été, il n'est pas rare lorsque je bois mon café sur la terrasse, que les minous viennent s'installer près de moi pour observer tranquillement avec moi les oiseaux que leur présence ne pertubent aucunement.

  • Par MIMINE 95 - 30/03/2018 - 10:33 - Signaler un abus SI LES PESTICIDES NE SONT PAS DIRE LES SEULS RESPONSABLES

    de la diminution des oiseaux, ils ne sont pas non plus innocents. Pesticides et herbicides tuent ou empoisonnent une nourriture de base des oiseaux.... les insectes et les vers de terre. Il y a bien longtemps que je n'utilise plus aucun produit de traitement dans mon jardin pourtant bien pourvu de végétaux, et ils ne s'est jamais aussi bien porté.

  • Par Mario - 30/03/2018 - 13:57 - Signaler un abus Que peut-on faire, dire ou

    Que peut-on faire, dire ou écrire qui puisse faire changer les choses ? Vegan , ecolo, gaucho, islamo gauchisme, transhumanisme, gpa ,pma, quand c'est pas la générosité , la tolérance, c'est le progrès donc rien à dire, rien à faire tant qu'ils seront au poste de pouvoir (médias, université, école, justice, technocratie, fonctionnaires, syndicats...)

  • Par assougoudrel - 30/03/2018 - 14:18 - Signaler un abus Les oiseaux vont ailleurs

    Par contre, si on les aide, ils restent là. Auparavant, j'accrochais aux arbres fruitiers de mon jardin des filets avec les boules de graines collées avec de la graisse, mais il n'y avait que les petits qui en profitaient. Depuis quelque temps, quand je fais mes courses, je pense à eux et je leur achète des sacs de graines pour "oiseaux du ciel" que se sème à terre sur plusieurs mètres carrés. J'ai le plaisir de voir, des pigeons ramiers (je suis près de la mer), des tourterelles, des merles, des pies, des geais et toutes sortes de petits de divers espèces. ils mangent tous ensembles cote à cote et quand je suis à table, je les fais face et quel bonheur de les voir heureux en plein hiver. Il faut les aider; Quelques arbres, à manger pendant l'hiver et ils reste dans le coin. Par contre, les abeilles et les papillons se font rare.

  • Par Dany37 - 30/03/2018 - 22:19 - Signaler un abus Equilibre

    Mimine, les chats sauvages ou rendus tels sont nuisibles. Les chats bien traités de façon responsable comme les vôtres ne sont pas le problème. J’ai grandi à la campagne où il n’était pas rare de constater que des chats dont le rôle était de limiter la gente souris/ rats s’éloignaient des fermes pour le sport et attaquaient des nids mais aussi les terriers de lapin ou de lièvre. SVP Assougoudrel ne mettez pas la nourriture au sol où les oiseaux sont vulnérables, à moins qu’il n’y ait des arbustes juste à côté. Mais là encore il ne s’agit que d’ une cause qui s’ajoute aux nombreuses autres. La plus grande est probablement la perte d’habitat; le pays s’urbanise. On choisi des espèces d’arbres et d’arbustes dans les nouveaux lotissements et les rues des villes qui ne sont plus ceux traditionnels. tous les éléments cités par Alex doivent contribuer à la disparition des oiseaux et des insectes à des niveaux différents et c’est bien injuste de n’incriminer QUE l’agriculture. Mais il semble qu’on soit dans une ère où on essaie de diviser pour mieux rêgner!

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Alexandre Carré

Alexandre Carré est ingénieur agronome, formé à l’université d’Angers, capitale du Végétal.

Il a été nourri de publications scientifiques, formé à la rigueur de la démarche scientifique et confronte depuis les promesses de la science aux réalités du terrain.

Conscient que l’Agriculture est un domaine clé, en constante évolution, il s’intéresse aux nombreuses innovations qui font évoluer rapidement ce secteur si indispensable à nos sociétés. Ainsi, il utilise assidument le réseau social Twitter où se retrouve une importante communauté d’agricultrices, d’agriculteurs et d’acteurs des filières agricoles. Il alimente, à titre personnel, 3 comptes dédiés à l’Agriculture : @alexcarre49, @FuturAgricultur et @UrbAgriculture.

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