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Avenir de l'Union européenne : l'Europe fédérale ou la mort !

Après le sommet européen qui a vu renforcer l'union monétaire et économique, la question d'un plus grand fédéralisme dans l'UE se pose de plus en plus.

Dilemme

Publié le

Mais rien n’empêche cependant une fédération des Etats-Unis d’Europe de vivre au sein d’une plus vaste zone européenne de libre-échange. On peut même faire le pari - optimiste, certes, mais l’optimisme est un sentiment inhérent au désir politique - que la cohérence de la fédération, sa puissance politique et militaire et le champ élargi de son économie  donneront à ses membres un élan propre à attirer vers eux leurs partenaires restés à l’écart.

Si les politiques, à l’exception des plus brillants, ont beaucoup à perdre avec une Europe fédérale, les peuples, eux, ont tout à gagner : une citoyenneté partagée avec un ensemble cohérent, élargi et démocratique, régi par des règles constitutionnelles communes.

Une économie et un marché plus vaste, une monnaie unique, toujours, et ses avantages. Il est probable, par ailleurs, que la puissance d’une grande fédération, avec ses forces armées et sa diplomatie mises en commun, incite les élus locaux à être plus en phase avec les préoccupations quotidiennes de leurs administrés. Nous aurions alors, je crois, le meilleur de deux mondes : la puissance et la prospérité d’un ensemble mondialisé, et le plaisir de garder un lien sentimental avec son coin personnel de la vaste Europe où cultiver sa différence. 

Le vrai problème, c’est que la question de la fédération n’a jamais encore été posée aux peuples européens. On ne leur a jamais proposé une constitution fédérale, on ne leur a jamais demandé comment ils la verraient, comment ils souhaiteraient articuler cette organisation fédérale et les institutions décentralisées qui les concerneraient personnellement. 

Dans trois ans, nous fêterons les 70 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale. L’Europe unie est l’enfant de cette guerre, les nationalismes européens aussi. Nos enfants, par contre, sont nés avec cette nouvelle Europe qui a pris forme après la chute du communisme et l’exaltation de la liberté. Il faudrait qu’elle leur ressemble, qu’elle soit simple et ouverte, universelle et pacifique, entreprenante et polyglotte, offrant des opportunités plus larges que la province et la nation. Les Etats-Unis d’Europe serait alors une nouvelle étape d’une histoire très humaine qui va du village et son clocher vers le « pays » et son patois, puis la province et ses promesses, la nation et ses idéaux, et maintenant l’Europe et son avenir. Les espaces, comme les esprits, finissent toujours par s’élargir.

 
Commentaires

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  • Par ropib - 18/07/2012 - 17:34 - Signaler un abus L'avenir de la France

    Que l'avenir de l'Europe soit fédéral c'est une chose. Ce qui compte c'est que l'avenir de la France c'est aussi la Fédération. Alors il faut regarder la fédération à l'allemande, c'est sans doute le modèle le plus intéressant, mais il faut de toutes façons sortir un peu des sentiers battus. On peut prendre la monnaie comme mesure de l'échelle des décisions à prendre: en mettant en place des monnaies locales, fondantes et dédiées, on arrive assez vite à la conclusion que la fédération à mettre en œuvre doit être à géométrie variable (la "localité" de l'alimentation n'est pas la même que la "localité" du transport, par définition), relativement à des projets (activité économique, organisation sociale, échanges...) plutôt qu'à un territoire physique et géographique. La viabilité d'une telle fédération ne pourra se faire que par un équilibre des balances commerciales à l'intérieur de la fédération, concernant les flux intra-fédéraux. Après on pourra peut-être aller voir nos partenaires européens pour expliquer que la collectivité ne peut pas se construire si les rapports de prédation seuls sont valorisés (dans le sens "mesurés"). Commençons par nous occuper de nous-même.

  • Par sheldon - 18/07/2012 - 21:13 - Signaler un abus Le "modèle social français" empêchera toute fédération.

    Reconnaissons qu'en France il n'y a pas de grands hommes/femmes politiques, aussi bien à droite qu'à gauche, reconnus comme tels par les Français. Un parti politique qui s'engouffrerait dans cette démarche aurait tout lieu de finir comme F. Bayrou et le Modem! Du FN à la gauche de la gauche tout serait axé sur la porte de "notre modèle" intouchable, même si compte tenu de sa rigidité, et de son coût faramineux, protège de moins en moins ceux qui ont la chance d'être concernés, et exclut par les lois sur le travail tous ceux, de plus en plus nombreux, qui en sont exclus .

  • Par Kakou - 18/07/2012 - 22:39 - Signaler un abus avec

    La France l'eurpe est mort née et ..ce n'est recent.....il n'y a que les Anglais qui on vu juste ...et les allemands car ceux ci tienne le manche .

  • Par Totophe - 18/07/2012 - 23:27 - Signaler un abus Bof

    pas envie de mourir et pas envie d'une Europe fédérale. Préparons nos enfants à émigrer, l'avenir se situera ailleurs.

  • Par Equilibre - 19/07/2012 - 00:03 - Signaler un abus L'europe fédérale est la mort

    tout se résume en une expression: sauver le neuro. Tout ce texte pour sauver une monnaie! L'UE ne pourra vivre et survivre qu'en détruisant les nations qui l'habitent en son sein en harmonisant le plus possible tout ce petit monde. Pulvériser quelques millénaires d'histoire pour fonder un machin avec tout plein de non-élus de partout remplis de dégénérés incompétents notoires, style 350 milliard pour sauver la grèce avec un PIB de 200, le tout servi par une idéologie mondialiste matinée de libéralisme pour l'extérieur et de socialisme pour l'intérieur. Quant à mes enfants, vous pouvez compter sur moi pour leur apprendre, quant ils seront en âge, comment ce diktat a vu le jour, comment nos charmantes classes politiques, économiques, médiatiques ont tout fait pour nous faire gober le machin et comment ils nous prennent pour une bande de pions avec des QI d'huitre. Avec ce qui arrive à partir de cet été et les années suivantes, au cas où le machin tienne, je pense que je n'aurai pas trop de mal à les convaincre. A la place d'incantations, serait-il possible que quelqu'un m'expliquasse pourquoi la fédéralisation va marcher. Je suis souverainiste donc bête. Y aller lentement.

  • Par lecolazet - 19/07/2012 - 10:37 - Signaler un abus Très bon diagnostic,

    Qui peut faire peur par ailleurs. Même si l'idée est vraiment bonne, ça n'empêchera pas certaines dérives qui existent aux USA ! Et pas sûr non plus que ça simplifie et éclaircisse les rouages de la politique européenne P.-S. Si vous pouviez, comme tous vos confrères d'ailleurs, arrêter d'employer le mot « politique » pour « politicien », ça serait vraiment bienvenu :)

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Michel Faure

Michel Faure est journaliste, écrivain et traducteur.

 
Il est vice-président du Mouvement des Libéraux de Gauche (MLG).
 
Il est l'auteur, entre autres, de Au coeur de l'Espoir (Robert Laffont / avril 2012), co-écrit avec le Dr Eric Cheysson.

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