Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 19 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Autriche : populisme et plein emploi

L'Autriche, ce dimanche, connait des élections législatives anticipées. Les Autrichiens risquent de céder à la tentation populiste, nouvelle preuve qu'il ne prospère pas uniquement dans les pays empêtrés dans les difficultés économiques.

Paradoxe

Publié le
Autriche : populisme et plein emploi

Atlantico : Des élections législatives anticipées ont lieu ce dimanche en Autriche et près de 6.3 millions d'électeurs sont appelés pour renouveler leur Parlement. Comme au début des années 2000, la tentation populiste guette, à travers le vote pour le parti d'extrême droite (FPÖ) alors que l'Autriche ne connaît pas de difficultés économiques particulières. Comment expliquer, dès lors, cette tentation dans ce pays ? Quels leviers sont activés par les populistes de droite du FPÖ?

Jean-Philippe Moinet : Les leviers populistes de l'extrême droite procèdent de (et en même temps amplifient) une réaction multidimensionnelle aux crises subies, aux évolutions en cours, à tout ce qui est perçu ou présenté comme "une menace": sur les traditions, les cultures, les acquis (économiques et sociaux notamment).

Le phénomène n'est pas nouveau, il a d'ailleurs pris forme, de manière particulièrement extrême et dangereuse, dans cette partie de l'Europe, qui a porté le nazisme - "national-socialisme"- au pouvoir, transformant la défense de l'identité nationale, et soi-disant raciale, de la grande Allemagne en un infernal mécanisme totalitaire et meurtrier qui a fait sombrer le continent européen dans une guerre totale et dans une tragédie pour l'Humanité.

On en est bien sûr pas là avec la montée des nationaux-populismes de droite extrême, actuellement dans certains pays d'Europe centrale, et en Autriche. Il ne faut néanmoins pas tomber dans le relativisme historique et, sans faire de comparaison qui ne serait pas raison, ne pas avoir non plus la mémoire courte. L'Autriche, contrairement à l'Allemagne démocratique de l'après-guerre, n'a pas bénéficié du même effort, en milieux scolaires notamment, de promotion constante des vertus de la démocratie et de l'ouverture au reste du monde. Ce pays a même été le lieu du recyclage de l'idéologie néo-nazie, un carrefour de réflexions et de relations plus que douteuses, qui ont d'ailleurs concerné le FN et Marine Le Pen elle-même qui, avant de prétendre "dédiaboliser" son parti avec la caution de Florian Philippot, ne rechignait pas festoyer à Vienne avec ce que l'Europe a de plus détestable en matière d'extrême droite.

Aujourd'hui, l'extrême droite autrichienne (FPÖ) utilise deux leviers populistes. Dans ce pays qui a un niveau de croissance et de revenus exceptionnel, comparé au reste de l'Europe et surtout au reste du monde, le spectre de "l'étranger" est agité par ce parti comme une menace à la fois civilisationnelle et économico-sociale: qu'il s'agisse des étrangers d'Europe de l'Est, par exemple Roumains, Polonais, ou encore Ukrainiens, ou qu'il s'agisse des migrants ou réfugiés qui ont fui les menaces djihadistes de Daesh ou la tragédie de la guerre en Syrie et en Irak, ce parti a instrumentalisé avec un certain succès la question des étrangers. D'autant plus aisément, que le voisin allemand, avec les positions prises par la Chancelière Angela Merkel, décidait d'accueillir plus d'un million de migrants et de réfugiés, mesure historique et exceptionnelle, que toutes les extrêmes droite d'Europe ont cherché à exploiter. Voilà le principal levier: c'est ce que sait faire de mieux l'extrême droite quand l'occasion se présente, c'est exploiter la peur des étrangers, étymologiquement cela s'appelle la xénophobie organisée, celle-ci étant bien sûr renforcée par les attentats terroristes subis par des pays européens. Faire le lien entre des centaines de milliers de migrants et quelques djihadistes armés est une tentation à laquelle succombe professionnellement l'extrême droite, sans le moindre scrupule, avec le plus grand cynisme.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vauban - 15/10/2017 - 12:36 - Signaler un abus Je connais bien ce pays

    Les gens Y sont bien loin des théories fumeuses du vivre ensemble qui y sont appliquées sans probleme par tous ceux qui s'adaptent au mode de vie autrichien Les mosquées sont présentes mais discrètes intégrées dans le paysage urbain sans ostentation sonore ou visuelle Pas de prières de rues pas de djellabas et de chèche provocant Certains veulent déstabiliser ce pays en y faisant rentre les pseudo réfugiés par milliers Les autrichiens se préparent pour résister et protéger leur culture meme ci cela ne plait pas aux frères Ramadans et consorts bien relayés par no medias guchosocialoboboislamophiles et fascistes

  • Par vangog - 15/10/2017 - 12:56 - Signaler un abus @Vauban j'ai lu votre commentaire...

    avec beaucoup plus d'intérêt que les trois pages stériles de cet observateur de son propre extrémisme intellectuel...Moi aussi, je connais quelques Autrichiens, et ils sont très motivés par le respect des traditions, du pays natal (Heimat) et de la culture autrichienne. cet attachement aux racines et à une qualité de vie en harmonie avec ce qu'a créé l'histoire, les mauvais observateurs le caricaturent en populisme extrémiste, croyant faire peur aux derniers gogos qui restent à convaincre...mais ils ne font plus peur qu'à eux-mêmes...chute finale!

  • Par Deudeuche - 15/10/2017 - 13:28 - Signaler un abus Ce qui est chiant mais réjouissant avec l’alternance

    C’est qu’elle se moque des cordons sanitaires si bien décrits dans ce panégyrique de la bien pensance.

  • Par Solognitude - 16/10/2017 - 00:22 - Signaler un abus L'observatoire de l'extrêmisme....

    C'est quoi au juste? Un comité théodule dont il serait plutôt judicieux d'en faire l'économie! L'auteur de cet article très bien orienté, se répand sur une extrême droite qu'il voit partout. Prose effectivement en ligne de la bienpensance, avec ce petit point godwin qui ne mange pas de pain. Bref, article alimentaire sans intérêt!

  • Par Plongeur - 16/10/2017 - 08:07 - Signaler un abus Débat

    Ce serait amusant d'organiser un débat entre quelques plumes d'Atlantico, à savoir Xavier Raufer, Benoit Rayski et l'auteur de cet article, l'inénarable Jean-Philippe Moinet.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Philippe Moinet

Jean-Philippe Moinet, ancien Président de l’Observatoire de l’extrémisme, est chroniqueur, directeur de la Revue Civique et directeur éditorial de l'Hôtel de l'Industrie/Société d'Encouragement pour l'industrie nationale. Son compte Twitter : @JP_Moinet.

 

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€